
PISTES :
1. Violina : The Last Embrace
2. La Bas : Song Of The Drowned
3. Persian Love Song : The Silver Gun
4. Sanvean : I Am Your Shadow
5. The Rite
6. Ajhon
7. Glorafin
8. Majhnavea's Music Box
9. Largo
10. Werd
11. Laurelei
12. Celon
13. Venteles
14. Swans
15. Nilleshna
16. Gloradin
FORMATION :
Lisa Gerrard
(chant, claviers, percussions, yang ch'in)
Dimitry Kyryakou
(bouzouki, chant)
Pieter Bourke
(derabukkas, tablas, tambour, chant)
John Bonnar
(claviers, chant)
Jacek Tuschewski
(chant, production, pochette)
Victorian Philharmonic Orchestra
LISA GERRARD
"The Mirror Pool"
Royaume-Uni - 1995
Virgin - 68:15
Si, de temps à autre, Big Bang s'échappe un peu de la pure classification progressive pour vous présenter des albums a priori loin de ce style, c'est d'abord parce qu'il est très difficile d'en délimiter précisément les frontières. J'ajouterai également que certains groupes se réclamant des "musiques progressives" n'ont souvent pas un seul des traits caractéristiques admis par tous les amateurs, tandis que d'autres passent inaperçus en raison de leur éloignement des créneaux habituels de diffusion et promotion (labels, fanzines...).
Tel est le cas du premier album solo de Lisa Gerrard, féminine moitié du duo Dead Can Dance, aujourd'hui mis au repos après la parution d'un excellent CD en concert, Toward The Within (l'album solo de Brendan Perry, à paraître, sera vraisemblablement à tendance folk-irlandaise).
The Mirror Pool est une œuvre sublime, qui n'a pas fini de hanter l'auditeur après son écoute. Pour peu que l'on garde suffisamment de distance face à la profonde tristesse qui en émane, c'est un véritable torrent d'émotion qui s'en va déferlant tout au long du corps pendant près d'une heure et quart. Dans le cas contraire, c'est la déprime assurée !
Car la musique et la voix de Lisa Gerrard sont terriblement tristes, graves et profondes, mais tout cela est d'une beauté rarement atteinte.
Instrumentalement très riche (en plus de chanter, Lisa Gerrard joue des claviers, des percussions et du Yang Ch'in, instrument à lamelles métalliques que l'on frappe avec des baguettes, et elle est accompagnée par Dimitri Kyryakou au bouzouki, Pieter Bourke aux percussions, John Bonnar aux claviers, Jack Tuschewski au chant sur deux titres, et enfin par le Victorian Philharmonic Orchestra de Melbourne), l'album est dominé par de longues nappes de synthétiseurs, très enveloppantes, très orchestrales, et par la voix étonnante de Lisa. Elle a cette fois laissé de côté ses tendances orientales (en partie tout au moins) pour s'aventurer dans un registre souvent très grave et, au début, on se demande vraiment s'il n'y a qu'une seule chanteuse ! Son travail vocal est tout simplement prodigieux !
Les seize compositions (de 1:34 à 7:41), dont deux instrumentaux, s'enchaînent pratiquement sans faillir, et il est difficile d'en extraire une plutôt qu'une autre.
Comme je dois tout de même le faire pour vous préciser les choses (c'est mon rôle !), je prendrai au hasard "Sanvean" (3:48) et ses envolées vocales tout en retenue (en plus, ce titre accompagne actuellement la pub d'un parfum...), ou l'arabisant "Swans" (5:47), peut-être le plus percussif de tous les titres, ou bien encore l'instrumental éblouissant "Nilleshna" (6:30), qui est presque une pièce classique (avec orchestre). L'ensemble est vraiment très mélodique, suffisamment varié pour ne jamais lasser, bref vous ne pourrez que succomber. Et je crois sincèrement qu'avec cet album, Lisa Gerrard a donné (et réussi) le meilleur d'elle-même, plus encore qu'avec Dead Can Dance.
Inclassable, mais superbe !
Christian AUPETIT
(chronique parue dans Big Bang n°14 - Hiver 1995-96)

