
PISTES :
1. Shadow Of The Past (3:19)
2. Something's Coming (3:18)
3. Song Of The Dunadan (9:13)
4. Fog On The Barrow-Downs (2:33)
5. The Prancing Pony (1:12)
6. The Way To Her Heart (3:31)
7. The Ballad Of Balin Longbear (3:39)
8. Rivendell (3:30)
9. Khazad-Dum (1:24)
10. Nimrodel (4:58)
11. The Palantir (6:39)
12. Pelennor Fields (4:25)
13. Why I Cry (Arwen's Song) (5:20)
14. Anduril (2:02)
15. Morannon Gate (5:41)
16. The Return Of The King (7:55)
17. Why I Cry (Single Edit) (3:58)
FORMATION :
Fred Schendel
(chant, orgue, claviers, guitare acoustique, batterie)
Stephen DeArqe
(chant, synthétiseur, basse, Taurus pedal, guitare médiévale, percussions)
Piper Kirk
(chant)
Michelle Young
(chant)
Basil Clouse
(basse [11,16])
David Carter
(guitare électrique [15])
Rod Lambert
(violon électrique [11])
Tony Mac
(programmation rythmique [16])
GLASS HAMMER
"Journey Of The Dunadan"
États-Unis - 1993
Arion Records - 69:50
Waouh ! Un concept-album comme au bon vieux temps, et 70 minutes, en plus ! Bravo, Glass Hammer ! Et puis, votre livret, vraiment très pro ! Là, les gars, vous nous épatez !
Allez, on se calme !!!
L'expérience nous a-t-elle pas appris qu'il valait souvent mieux ne pas trop nous fier à nos premières impressions... et encore moins à nos secondes !
En effet, après avoir été de prime abord très impressionné, à la lecture de ces détails d'ordre technique, par l'évident labeur investi par les deux musiciens auteurs de Journey Of The Dunadan, on déchantera forcément un peu à l'écoute de ce CD. Mais c'est là qu'il faut se ressaisir, et ne pas mésestimer les qualités pourtant nombreuses de ce premier album de Glass Hammer.
Alors, où est le problème ? Disons que l'erreur de Fred Schendel (claviers, chant et guitare acoustique) et Stephen DeArqe (basse et chant) est, paradoxalement, d'avoir pêché par excès d'ambition. Tout de même, s'attaquer à un concept aussi dangereux qu'une énième adaptation du "Seigneur Des Anneaux" de Tolkien (même si la présente ne se veut pas littérale), voilà qui relève de la gageure !
Attention, loin de moi l'idée de leur reprocher ce choix parce que bien d'autres l'ont fait avant eux : chacun, après tout, est libre de penser qu'il sera celui qui proposera - enfin ! - une adaptation musicale digne de son inspirateur littéraire (on se rappelle, notamment, que Bo Hansson et Isildurs Bane ont proposé chacun un album sur ce thème). Non, mon reproche ne se situe pas à ce niveau : à mon humble avis, il aurait simplement été judicieux, pour ces deux brillants instrumentistes, de s'adjoindre en permanence des acolytes aussi convaincants à la batterie et au chant.
Comment, en effet, prétendre à la perfection, lorsque son œuvre est maladroitement (ou, plus exactement, d'une façon assez banale) rythmée par une batterie programmée (ou électronique, la nuance influence peu le résultat), et que les parties vocales, nombreuses de surcroît, sont tenues par deux musiciens qui, de toute évidence, assurent cette tâche faute de combattants plus doués ?
Ces reproches que je formule à l'encontre de Glass Hammer sont d'autant plus virulents qu'ils s'adressent à deux artistes dont le grand talent est indéniable : Fred Schendel, en particulier, est un claviériste qui n'a pas à rougir en comparaison de ses illustres aînés (Keith Emerson et Eddie Jobson en tête). Quant à la qualité musicale des compositions, il faut là aussi reconnaître qu'il y a ici beaucoup de choses excellentes.
C'est en fait surtout la mise en forme de ces idées qui s'avère insatisfaisante : outre les deux défauts évoqués plus haut, on peut critiquer l'abus de passages récitatifs, évoquant les travaux les plus regrettables de Rick Wakeman, et une prédilection, dans les compositions, pour les 'riffs' au détriment d'une plus grande puissance mélodique. Manque enfin, par rapport au concept, un plus grand souffle épique: celui-ci reste entravé par les transitions trop brutales entre interludes atmosphériques et passages rythmés.
Vraiment, tout cela est vraiment regrettable car cela tend à minimiser l'impact de parties de claviers - piano, orgue et synthés divers - vraiment somptueuses (les guitares brillent la plupart du temps par leur absence), d'une richesse stylistique dépaysante et rafraîchissante (l'interlude centrale acoustico-médiéval) et, dans le dernier tiers du disque, de l'apparition de vocaux féminins fort bienvenus.
Journey Of The Dunadan est, sans conteste, un premier album particulièrement prometteur (à signaler que le duo du Tennessee compte également trois cassettes à son actif). Mais l'accession à sa pleine maturité passe selon moi, pour Glass Hammer, soit par le choix d'ambitions plus raisonnables eu égard à ses limites instrumentales, soit par un élargissement du personnel, au-delà des quelques invités présents sur cet album.
Que le remède que je préconise soit bon ou mauvais, le diagnostic me semble irréfutable : Glass Hammer doit donc effectuer une remise en cause s'il veut un jour enfanter l'œuvre pleinement aboutie dont je le crois capable.
Aymeric LEROY
(chronique parue dans Big Bang n°8 - Novembre-Décembre 1994)

