BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques


PISTES :

1. We Are The Universe (8:54)
2. The Last Thunder (3:47)
3. The Real Love:s Revolution (8:32)
4. Phoenix's Springtime (8:41)
5. Liberty (5:46)
6. The Sun And The Embryo (8:17)
7. Victory In The Garden Bell (6:03)
8. Spiral (7:11)
9. Make Me Wonder (6:47)
10. Nascer Do Sol (3:17)
11. Constant Flames (3:47)

FORMATION :

Renato Jardim

(chant, guitare 12 cordes)

Danté Junior

(guitares électrique et acoustique)

Filipe Lua

(batterie, tabla)

Henrique Kunz

(claviers)

Juliano Pereira

(basse)

Roberto Reolon

(flûte, claviers)

GRANDBELL

"The Sun And The Embryo"

Brésil - 1996

PRW - 71:13

 

 

Dans un paysage progressif brésilien en totale effervescence, il est devenu difficile pour un nouveau groupe de se démarquer de ses confrères. Si, avec ce premier album, Grandbell a réussi cet exploit, c'est avant tout grâce au talent de son leader et chanteur (il officie également à la guitare 12 cordes), Renato Jardim.

Il est rare de lire dans Big Bang des propos élogieux à l'égard des parties vocales, a fortiori lorsque celles-ci sont écrites dans une langue qui n'est pas celle de leur interprète. Celles de The Sun And The Embryo sont, à l'exception d'un titre, en anglais, et pourtant Renato Jardim, qui en est l'auteur (il compose également l'ensemble des morceaux), n'est jamais mis en défaut par un accent approximatif. Sa voix, évoquant tour à tour Jon Anderson, Jesus Filardi et Robert Plant (!), s'avère même être l'un des principaux attraits de Grandbell. Un très grand chanteur est né, c'est incontestable.

Disons-le d'ailleurs franchement : la mise en valeur du chant semble être la principale vocation des instrumentistes qui accompagnent notre surdoué. Pour autant, ils ne sont pas seulement là pour faire tapisserie (musicale, s'entend), chacun trouvant des occasions de se mettre également en valeur. Un vrai groupe démocratique, quoi !

Les interventions du guitariste Dante Junior sont un vrai régal, qu'il s'agisse de ses solos enfiévrés, absolument hors du temps, ou de ses fabuleuses parties acoustiques (notamment sur le morceau titre). Les claviers d'Henrique Kunz s'attachent le plus souvent à enrober les compositions de nappes fort agréables, non sans occuper plus épisodiquement le devant de la scène, avec des solos de piano et de moog qui apportent à l'ensemble une indéniable fraîcheur. Une section rythmique solide et dynamique vient solidifier le tout. Autre élément déterminant du son de Grandbell : la flûte traversière de Robert Reolon. Ce dernier fait preuve d'une louable retenue, non seulement du point de vue de la fréquence de ses apparitions, mais aussi dans un jeu qui, contrairement à celui d'un Ian Anderson par exemple, donne rarement dans l'extravagant bluesy, préférant des lignes mélodiques coulées, tout en finesse.

Globalement, la musique du groupe se situe à mi-chemin entre la sophistication symphonique d'un Genesis ("Firth Of Fifth" constituant probablement un idéal à atteindre pour le sextette sud-américain) et le lyrisme tour à tour lumineux et torturé d'un Yes (les textes, comme ceux d'Anderson, exaltent l'amour de son prochain). Le résultat s'avère susceptible de combler un très large public sensible à ce mélange fort réussi de joliesse, de dynamisme, de symphonisme grand teint et de légères explorations musicales.

Renaud OUALID

PS : Juste un petit détail : les durées indiquées sur la jaquette sont des plus fantaisistes. Par exemple, "Constant Flames", censé durer 8:07, n'en fait que 3:47... Au total seuls trois morceaux sont correctement indiqués. Pour le reste, la jaquette est très jolie et comprend les paroles de tous les morceaux...

(chronique parue dans Big Bang n°17 - Automne 1997)