
PISTES :
1. Watcher Of The Skies (8:40)
2. Dance On A Volcano (7:28)
3. Valley Of The Kings (6:29)
4. Deja Vu (5:53)
5. Firth Of Fifth (9:39)
6. For Absent Friends (3:02)
7. Your Own Special Way (4:18)
8. Fountain Of Salmacis (9:53)
9. Waiting Room Only (6:53)
10. I Know What I Like (5:37)
11. Los Endos (8:51)
FORMATION :
Steve Hackett
(guitare, chant, harmonica)
John Wetton
(basse, chant)
Bill Bruford
(batterie)
Tony Levin
(basse)
Chester Thompson
(batterie)
Ian McDonald
(saxophone, flûte)
Colin Blunstone
(chant)
Alphonso Johnson
(basse)
John Hackett
(flûte)
Pino Palladino
(basse)
Julian Colbeck
(claviers)
Aron Friedman
(claviers)
Hugo Degenhardt
(batterie)
Nick Magnus
(claviers)
Will Bates
(saxophone)
The Royal Philarmonic Orchestra / Montoya Chorale
Roger King
(claviers, vibraphone)
Ben Fenner
(claviers)
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PISTES :
1. The Palace Of Theseus (2:47)
2. A Form In Wax (4:40)
3. By Paved Fountain (2:00)
4. Titania (2:23)
5. Set Your Heart At Rest (3:31)
6. Oberon (2:31)
7. Within This Wood (2:36)
8. In The Beached Margent Of The Sea (2:38)
9. Between The Cold Moon & The Earth (2:44)
10. Puck (1:53)
11. Helena (4:21)
12. Peaseblossom, Cobweb, Moth & Mustardseed (4:28)
13. Mountains Turned Into Clouds (4:36)
14. The Lunatic, The Lover & The Poet (4:14)
15. Starlight (4:48)
16. Lysander & Demetrius (2:45)
17. Celebration (6:15)
18. All Is Mended (3:13)
FORMATION :
Steve Hackett
(guitare)
The Royal Philarmonic Orchestra
John Hackett
(flûte)
Roger King
(Orgue [Celebration])
STEVE HACKETT
"Genesis Revisited"
Royaume-Uni - 1996 - Mercury - 72:14
"A Midsummer's Night Dream"
1997 - EMI Classics - 62:36
C'est avec deux albums très différents l'un de l'autre, mais marqués chacun par une volonté de rupture et de retour aux sources, que Steve Hackett a repris l'offensive discographique après plusieurs années de vaches maigres. Le premier, œuvre de commande destinée au marché japonais, comprend de nouvelles versions de morceaux de Genesis, par Hackett entouré de nombreux et prestigieux invités; le second est une oeuvre pour guitare classique et orchestre, inspirée par le fameux «Songe d'une Nuit d'Eté» de Shakespeare.
Steve Hackett demeure une personnalité déroutante, auteur d'un parcours en solitaire inégal et frustrant. L'ancien soliste de Genesis semble en effet capable du meilleur comme du pire, et surtout incapable de faire le tri entre ses bonnes et mauvaises idées. Cela nous a valu une succession d'albums bancals, où se côtoient de purs joyaux et des compositions d'une navrante indigence.
Au centre de ces contradictions, le problème éminemment épineux du chant, qu'Hackett persiste à utiliser malgré des dons en la matière fort discutables, qu'il s'agisse de l'écriture proprement dite de ses parties ou de leur interprétation, qu'il prend souvent lui-même en charge, avec un résultat assez catastrophique. D'autant que, comme beaucoup de vocalistes peu confiants en leurs capacités, il noie généralement sa voix dans des effets ou harmonies qui ne font qu'accentuer ses insuffisances.
Ce n'est hélas pas ce Genesis Revisited qui va remettre les pendules à l'heure, si tant est que celles-ci ne soient pas définitivement déréglées... On pouvait légitimement y attendre un Steve Hackett au sommet de sa forme; on l'y trouve au contraire plus que jamais prisonnier de ses contradictions et son absence de «vision» artistique. Au terme de l'écoute de ces onze morceaux (dont trois inédits), on en vient même - c'est un comble ! - à se demander si le guitariste a réellement compris quoi que ce soit à l'œuvre de son ancien groupe.
Il serait peut-être excessif de reprocher à ce disque son caractère disparate, puisque chaque titre fait intervenir un 'casting' différent. Pour autant, on ne peut que ressentir un certain embarras devant les choix opérés au niveau des arrangements, hésitant entre fidélité aux originaux et volonté de «modernisation». En d'autres termes, on trouve pêle-mêle des titres ambitieux et sophistiqués («Watcher Of The Skies», «Firth Of Fifth» ou «The Fountain Of Salmacis») et d'autres proches de la variété pure («Your Own Special Way», «Deja-Vu», la présence de Paul Carrack au chant accentuant les rapprochements avec Mike & The Mechanics). Bref, aucun souci de cohérence globale et, surtout, une vision fort contestable de ce qui constitue l'héritage genesissien.
Plus étonnant, malgré le nombre de participants, et notamment de chanteurs, réunis pour l'occasion, Hackett trouve encore le moyen de nous faire subir ses velléités vocales. A l'écoute des morceaux en question, on hésite entre rire et colère : comment peut-on gâcher ainsi des compositions comme «Fountain Of Salmacis» ou «Dance On A Volcano» ? N'était-il pas possible de demander à John Wetton de prolonger de quelques minutes son passage au studio ? Décidément, notre guitariste ne semble pas près de comprendre que son excellence d'instrumentiste (dont il donne à nouveau, ici, des preuves éclatantes mais trop rares) n'a d'égale que son absence de talent de chanteur. Il est peut-être temps d'en prendre enfin conscience...
De ce point de vue, A Midsummer Night's Dream, dernière production en date d'Hackett, élimine d'emblée le problème : le caractère instrumental de ces pièces pour guitare classique nous dispensent de ses velléités (fort dispensables, justement) de chanteur, et par ailleurs le cadre musical très strict (nous sommes chez EMI Classics...) n'autorise pas ses habituelles fautes de goût formelles. Soulagement qui nous met dès de départ dans les meilleures dispositions... au risque d'encourager une certaine indulgence.
Nous nous situons en effet ici dans un cadre purement classique, dans lequel notre esprit critique d'amateurs de rock progressif ne peut s'exercer avec autant de pertinence qu'à l'accoutumée, et risque fort de se laisser charmer par la perfection formelle et la «respectabilité» dont peut facilement se parer une telle œuvre. Force est cependant de saluer l'exploit que constitue, pour un artiste étiquetté «rock», de se faire prendre sous contrat par un label classique réputé dont on suppose qu'il délivre ce genre de faveurs avec la plus grande circonspection...
Accompagné par le Royal Philharmonic Orchestra sous la direction de Matt Dunkley, Steve Hackett propose donc dix-huit compositions (de 1:53 à 6:15) à l'atmosphère plutôt intimiste, nous livrant en quelque sorte à nu la sensibilité d'un artiste face à son instrument de prédilection (on connaît l'amour immodéré que porte Hackett à la guitare acoustique). L'ensemble dégage, une fois n'est pas coutume, une impression d'unité : le jeu d'Hackett, fluide et limpide même dans les moments les plus complexes, se marie parfaitement avec les interventions toujours pleines d'à-propos de l'orchestre.
Le plaisir que l'on prend à l'écoute de A Midsummer Night's Dream, et l'admiration que l'on ressent face à la sensibilité et l'émotion qu'il dégage, sont hélas tempérées par une question qui ne cesse dès lors de hanter notre esprit : mais pourquoi diable Steve Hackett s'obstine-t-il à rater, lorsqu'il œuvre dans un contexte progressif, ce qu'il réussit ici si bien ?
Aymeric LEROY et Frédéric BELLAY
(chronique parue dans Big Bang n°20 - Mai-Juin 1997)

