
PISTES :
1. Strutton Ground (3:03)
2. Circus Of Becoming (3:47)
3. The Devil Is An Englishman (4:26)
4. Frozen Statues (2:57)
5. Mechanical Bride (6:38)
6. Wind, Sand And Stars (5:06)
7. Brand New (4:39)
8. This World (5:17)
9. Rebecca (4:18)
10. The Silk Road (5:23)
11. Come Away (0:57)
12. The Moon Under Water (5:22)
13. Serpentine Song (5:48)
Titres
bonus sur l'édition limitée :
14. Pollution B (3:11)
15. Fire Island (2:12)
16. Marijuana, Assassin Of Youth (6:50)
17. If You Only Knew (6:25)
FORMATION :
Steve Hackett
(guitare, chant)
Roger King
(claviers)
Rob Townsend
(cuivres ,bois)
Terry Gregory
(basse, chant)
Gary O'Toole
(batterie, chant)
John Hackett
(flûte sur Serpentine Song)
Ian McDonald
(saxophone sur Brand New)
INVITÉS :
Jeanne Downs
(chœurs)
Sarah Wilson
(violoncelle)
Howard Gott
(violon)
STEVE HACKETT
"To Watch The Storms"
Royaume-Uni - 2003
Camino Records - 72:45
Un nouveau disque de Steve Hackett est un événement qui mérite largement que l'on s'y attarde. Hackett n'est plus ce gentil guitariste au charme suranné de la fin des années 80 (période creuse en créativité). A cette époque, la presse, toujours prompte à mépriser puis précipiter dans l'oubli les artistes en perte de vitesse, n'en parlait même plus, sinon pour se moquer de son style de jeu très particulier (autrement dit : honteusement progressif). Au début de la décennie 90, Steve Hackett reprend du poil de la bête avec un album intéressant mais un peu bancal, Guitar Noir (1992), sans pour autant susciter davantage d'intérêt de la part des médias et des grands circuits de distribution de musique populaire. Avec persévérance, à la force du poignet, la foi en sa musique revenue, Hackett refait réellement surface avec les Tokyo Tapes, live de 1997 au casting de rêve. Suivi du tourmenté Darktown, qui met en avant et en relief les aspects les plus dépressifs de l'artiste. Redevenu «bankable», Hackett aborde cette nouvelle période propice sur le plan économique en battant en brèche ses idées artistiques les plus sombres et une certaine tendance naturelle à la mélancolie, parfois proche de la neurasthénie.
Sans pour autant parler de joie de vivre, la couleur revient sur ce nouvel album, au niveau de sa pochette comme dans la musique elle-même. On sent le retour de l'esprit artistiquement libre et détendu qui avait fait des miracles sur Please Don't Touch en 1978. Coloration surprenante si on considère que l'équipe qui sévit ici est relativement inchangée depuis Darktown, avec une part prédominante laissée aux claviers et aux arrangements de Roger King, complice d'Hackett depuis plus de cinq ans. De plus, les deux compères se sont entourés d'un vrai groupe, celui créé pour la dernière tournée en Amérique du sud (voir le coffret CD-DVD Somewhere in South America...).
En très bonne compagnie, Hackett apparaît donc heureux et plein d'aisance, une certaine confiance artistique retrouvée, bien installée au milieu d'une sorte de fourre-tout stylistique, rassemblant en une heure et dix-sept titres (sur l'édition limitée, treize dans la version normale) tous les styles abordés en près de trente ans de carrière en solo, du blues traditionnel à la pièce acoustique jouée à la guitare espagnole (trois compositions lui sont d'ailleurs presque entièrement consacrées), en passant par le prog classique et la World Music (pour mémoire, le Brésil avait déjà été honoré sur Till We Have Faces et l'Asie sur Spectral Mornings). Bon nombre de morceaux sont ainsi des ballades intimistes, délicatement arrangées, à l'atmosphère légèrement mélancolique, dont le seul défaut est de contenir des lignes vocales quelque peu redondantes, même si Steve Hackett chante mieux que jamais : le joli «Strutton Ground», «This World», «Come Away». une surprenante masurka, ou même «Serpentine Song», conclusion du disque en apothéose de douceur, une sorte de «I Talk To The Wind» du 21e siècle, magnifié par John Hackett à la flûte, en lieu et place de celle de Ian McDonald. Un John Hackett dont nous avions eu de bonnes nouvelles avec le magnifique hommage rendu à Erik Satie en 2000 (Sketches of Satie, avec Steve à la guitare acoustique d'accompagnement, l'évidence même). «Serpentine song» n'est d'ailleurs pas le premier hommage d'Hackett au Crimson des débuts. On se souvient du lancinant «In Memoriam» qui concluait Darktown comme un écho à l'illustre «Epitath» (sur In The Court Of The Crimson King). Dans le genre romantique, «Frozen Statues» est aussi séduisant, même si trop court : près de trois minutes d'un clavier à la David Arnold et de cuivres lointains, pour une ambiance plutôt bluesy. «Circus Of Becoming» commence également de cette manière tranquille, petite pièce d'orfèvrerie progressive imparable qui se rapproche du facétieux et mémorable «Carry On Up The Vicarage», avec une orchestration de fête foraine qui laisse ensuite la place à de brèves interventions de guitare électrique. Celle-ci est mise à l'honneur sur plusieurs compositions, souvent les plus intéressantes de l'album, il faut le dire.
On avait déjà pu découvrir l'incandescent «Mechanical Bride», un mixte entre «21st Century Schizoid Man» de King Crimson et de «Vampyre With A Healthy Appetite», où Hackett se lâche et aborde les rivages d'un jazz rock un peu free, sur Somewhere In South America. Le jazz rock ! Un genre musical à priori inattendu mais qui avait déjà légèrement coloré l'album Highly Strung avec beaucoup de réussite. On peut y ajouter l'excellent «Brand New», dont la structure n'est pas sans faire penser à celle de «The Gulf», une réalisation des années 80, auquel le refrain FMisé se rattache, mais qui recèle des passages instrumentaux contrastés et illuminés, avec une guitare électrique particulièrement inspirée et la présence de Ian McDonald au saxophone. «Rebecca» est également un des moments les plus prog du disque, rupture de ton assumée et emphase dynamique sans complexe, dans un registre romantique sans être mièvre (une histoire d'homosexuelles, tirée du livre de Daphné du Maurier et porté à l'écran par un Hitchcock encore jeune). Globalement, d'ailleurs, on remarque que le chant se taille une part importante, avec une inspiration très littéraire dans les textes, rendant les morceaux, instrumentaux minoritaires, comme «The Silk Road», remarquable partition ethnique aux percussions évocatrices de celles de Till We Have Faces, saupoudrée d'un nuage de mellotron. Au rang des réussites, on peut citer également deux titres emplis de dérision, «The Devil Is An Englishman» (sic), reprise de Thomas Dolby et BO du film Gothic de Ken Russel, sur lequel les arrangements originaux (rythmique synthétique, chœurs féminins, bruitages divers, guitare vagabonde) témoignent de la volonté de Steve Hackett de se renouveler, et «Marijuana Assassin Of Youth». Cette dernière pièce qui, contrairement à ce que son titre pourrait faire penser, est une défense de la légalisation de la drogue (pour mieux la combattre), alterne des tableaux musicaux variés, incluant jazz, rock'n roll, et même une reprise du générique de la série télévisée Batman ! Enfin, pour être tout à fait complet, il convient de signaler la présence d'un blues inspiré, «Fire Island», cousin du «Let Me Count The Ways» de Till We Have Faces à nouveau.
La cohésion de Darktown forçait le respect, même si sa noirceur pouvait refroidir certaines ardeurs. En comparaison, To Watch The Storms part donc dans tous les sens, malgré d'incontestables moments forts et un talent certain de la part de Steve Hackett pour ensorceler l'auditeur. La prise de risque s'avère limitée, et les compétences étendues des musiciens relativement sous employées, ce qui explique en partie le nombre de rapprochements que l'on peut faire avec des travaux antérieurs. To Watch The Storms n'en est pas moins recommandable, car abordé avec une telle détermination, l'ensemble frappant tellement juste et fort que cette énergie positive toute juvénile compense le côté trop dispersé des styles abordés. Cela explique en partie l'enthousiasme de la presse et la reconnaissance de la profession qui considère que cet album est un des meilleurs de son auteur. A nos yeux, il n'est qu'un album honnête qui fait plaisir à entendre mais n'atteint que trop rarement les sommets de ceux des années 70; il est vrai qu'on attend toujours mieux de la part d'un artiste aussi talentueux que Steve Hackett.
Distribué par l'incontournable label allemand InsideOut, ce disque bénéficie donc d'une édition limitée particulièrement léchée, avec, outre les quatre titres bonus déjà mentionnés, un livret d'une quarantaine de pages, comprenant les paroles des chansons, des commentaires de Steve Hackett sur chaque titre et une vingtaine de peintures envoûtantes de sa femme Kim Poor...
Jean-Guillaume LANUQUE et Alain SUCCA
Entretien avec Steve HACKETT :
Dans quel état d'esprit étiez-vous quand vous avez commencé à composer ce nouvel album studio ? Ne pensez-vous pas qu'il est moins sombre que le précédent, Darktown ?
Je ne pense pas que ce soit un album sombre, plutôt en ombre et lumière, en fait. Je crois qu'il y a deux aspects, une partie joyeuse, romantique, et une autre pas vraiment sombre. Il y a au moins une chanson engagée, et celles qui paraissent sombres, comme «Devil Is An Englishman», écrite par Thomas Toby, qui ressemble plus à un pantomime du démon, c'est une plaisanterie, en fait. En réalité, c'est un album extrêmement varié, mais pas uniformément noir. Si on écoute le premier morceau, je ne pense pas qu'on puisse dire qu'il s'agit d'un album sombre. Il y a beaucoup de comédie et d'humour. Il est beaucoup plus joyeux que certains des albums que j'ai fait auparavant. Je crois que j'ai été étiquetté avec des albums comme Darktown et Guitar Noir.
Est-ce que ce sont les musiciens choisis qui ont influencé l'atmosphère de l'album, ou ce dernier est-il ce qu'il est grâce à ces musiciens ?
En fait, c'est un groupe qui a travaillé sur cet album, un groupe de cinq membres permanents, et d'autres comme les violonistes ou les violoncellistes, qui sont des invités. Mais en étant un groupe, on donne à l'album un son particulier, comme une troupe d'acteurs, qui a sa propre identité.
Vous ne les avez pas choisi pour avoir ce résultat-là ?
Nous travaillons ensemble depuis longtemps, nous faisons des tournées et des concerts, nous avons fait beaucoup d'autres choses ensemble, et j'aime jouer avec eux en live. Je voulais donc faire un album avec cette équipe. Nous avons déjà fait un ou deux albums live, d'ailleurs. C'était bien d'aller en studio avec eux pour travailler avec moins de pression qu'en concert.
Quel est le sens du titre de ce nouvel album ?
Il n'a pas de sens, c'est une phrase tirée du deuxième morceau qui s'appelle «Circus Of Becoming», c'est le rêve d'une situation impossible qui serait d'être au sommet de la cathédrale Saint Paul et de regarder, par un jour de pluie, la tempête faire rage. C'est l'idée de mon texte, mais je l'ai présenté comme un rêve irréaliste. Dans le morceau - et je comprends que vous n'avez pas le texte sous les yeux, vous devez donc me croire sur parole -, c'est l'idée de prendre un bus à deux étages et de l'amener sur le toit de St Paul pour regarder la tempête. Et le fait est que c'est une chose vraiment irréalisable. C'est une idée abstraite, qui est possible à travers le rêve ou la peinture, et je voulais la matérialiser dans la chanson. Mais au-delà de ça, il n'y a pas de sens caché dans l'idée de regarder la tempête, ce serait juste une belle chose à faire, de regarder la tempête sur le toit de St Paul comme dans un songe, sans avoir peur d'être frappé par la foudre. Je rêve beaucoup de tempêtes, et quand je rêve d'une tempête, je fais partie de la tempête. L'idée de ne faire qu'un avec les éléments de la nature plutôt que de les rejeter ou de s'en protéger. A un autre niveau, c'est surréaliste pour les gens qui aiment le surréalisme, ou shamanistique pour ceux qui préfèrent une interprétation plus cosmique des choses. C'est plutôt une idée magique qui n'est pas compatible avec le monde réel dans lequel nous vivons.
Est-ce que vous pensez qu'on peut reconnaître une influence de King Crimson dans cet album ?
Je dirais qu'on la retrouve dans un des morceaux...
... «Mechanical Bride», par exemple ?
Oui, «Mechanical Bride» ressemble plus à King Crimson.
Et «Serpentine Song» ?
«Serpentine Song», en fait, je l'ai fait écouter à Ian MacDonald, qui jouait sur l'album et faisait partie du premier line-up de King Crimson; il m'a dit que ça ne ressemblait pas à King Crimson, mais plus aux Beatles. Je crois que King Crimson, à un moment, dans ses débuts, essayait de sonner comme les Beatles. Il y a forcément un mélange de mon influence, de leurs influences, et de celle des Beatles, comme pour tout album d'un groupe anglais, y compris Genesis, je dirais, à une époque.
Avez-vous l'intention de ressortir d'autres versions de vos premiers albums, d'une meilleure qualité que ce qu'avait fait Virgin ?
J'aimerais, mais jusqu'à présent, les négociations avec Virgin n'ont pas été fructueuses, ils ne nous ont pas fait de proposition acceptable. Nous avons besoin de davantage de coopération de leur part. Pendant ce temps, je prépare l'avenir et je mets à disposition ces albums par le biais du site de Camino [Records]. Les gens achètent encore les albums dans leur version originale, mais j'aimerais les retravailler, les remasteriser, en modifier la présentation... tout ça c'est pour plus tard. Pendant ce temps, on sort beaucoup de choses chez Camino.
Vous envisagez une tournée pour la sortie de cet album ?
Oui. On est surtout un groupe de scène, on tourne beaucoup en Europe. On espère venir en France, mais on attend encore des propositions de la part de producteurs français, ça dépend surtout d'eux. (...) C'est une question de contacts, de négociations. En tout cas, je fais une tournée en Angleterre, en Allemagne, en Italie, aux Pays-Bas, en Belgique et je crois qu'il y a quelque chose de prévu en Suède. Ça va être une période chargée !
Allez-vous sortir des enregistrements inédits ?
Il y a toujours des choses qu'on enregistre et que l'on n'a pas encore sorti, certaines en live, d'autres en studio. Et comme j'ai mon propre studio et ma propre maison de disques, cela veut dire qu'il est possible de sortir des choses, mais actuellement, c'est une période tranquille. En fait, fin juillet, on sortira un album live et un DVD live enregistré en Hongrie avec mon trio acoustique, intitulé Hungarian Horizons, avec beaucoup de morceaux acoustiques connus. Il y aura aussi une édition spéciale de To Watch The Storms, avec quatre inédits.
Tout cela avant la tournée ?
Oui, on attend que les Italiens en aient terminé l'impression et la fabrication. En fait, ils n'ont pas terminé à temps, on avait prévu de sortir les deux versions de To Watch The Storms en même temps, mais il y a un livret plus élaboré et plus de morceaux, donc c'est un projet plus conséquent.
Essayez-vous de renouveler votre style, d'explorer d'autres directions ?
Je cherche toujours dans d'autres directions en même temps. En fait, quant on continue à travailler - et j'ai été très occupé ces dernières années, avec tout ce que j'ai sorti, par exemple un album d'Erik Satie, un album de reprises de Genesis, Genesis Revisited, Tokyo Tapes, en 96-97, A Midsummer Night's Dream, un album acoustique avec guitare et orchestre, un DVD live, Somewhere In South America, enregistré en live en Argentine, avec le groupe actuel, j'ai fait beaucoup de choses dans beaucoup de styles différents, et je recherche toujours de nouvelles pistes. To Watch The Storms, d'une certaine manière, est une formidable juxtaposition de différents styles musicaux, certains morceaux psychédéliques, certains plutôt bluesy, d'autres plus burlesques, d'autres légèrement grotesques, évidemment humoristiques, d'autres encore plus classiques; il y a aussi du jazz. Chaque morceau, en fait, est d'un autre style, d'une autre veine, pas tant dans la forme que dans l'esprit. J'ai beaucoup de passion et d'intérêt pour chacun d'entre-eux. Je ne crois pas être un «rocker» traditionnel, je ne crois pas faire du rock'n roll et un seul genre de musique, je ne crois pas avoir jamais fait un seul genre de musique. J'essaye de regarder la musique dans son ensemble, et de voir ce que je n'ai pas encore exploré, comme la country ou la musique folklorique, d'autres choses plus américaines. J'ai toujours été connu comme faisant de la musique européenne. Il y a aussi l'influence de la musique orientale, parce que je joue d'un instrument chinois à cordes. Donc j'explore toujours de nouvelles directions.
Y a-t-il des musiciens en particulier avec qui vous aimeriez jouer ?
J'ai travaillé avec beaucoup de très grands musiciens, et parfois j'aime travailler avec des gens moins connus, mais qui sont aussi de très bons musiciens. Je crois que j'ai de très bons musiciens sur ce nouvel album. A l'avenir, j'aimerais retravailler avec Richie Havens, parce que j'ai collaboré avec lui il y a longtemps, et on a fait du très bon travail, et j'aimerais un jour faire quelque chose avec Buffy Savemary, une amérindienne, qui est une merveilleuse chanteuse. (...) Elle a un très bon vibrato. J'aimerais beaucoup travailler avec ces deux personnes sur un projet. J'ai travaillé aussi avec Brian May sur un album intitulé Feedback. Il m'a accompagné sur un projet appelé Rock Against Repatriation. J'aimerais un jour refaire quelque chose avec lui, mais peut-être sur un de ses albums, ça serait très agréable.
La rumeur dit que le Genesis de l'âge d'or pourrait se reformer : Qu'est-ce que vous en dites ? Est-ce que vous participeriez au projet ?
En fait, c'est assez drôle, ça ne dépend pas vraiment du groupe, mais plutôt de chacun, et chaque membre de Genesis ne peut pas vraiment contrôler les autres. Je ne peux pas vraiment dire si le groupe peut se reformer. En fait, chacun, quand on lui pose la question, en général, répond que ce serait bien un jour, mais c'est plus une envie de journalistes que des musiciens eux-mêmes. Personne ne dit non, mais personne ne dit oui non plus. Est-ce que moi, je me prononcerais pour ? Je dirais oui. J'ai eu une conversation avec Tony Banks, qui était là pour mon anniversaire il y a quelques semaines, et je lui ai dit : «Si jamais tu arrives à reformer le groupe, et s'il devait y avoir une tournée, je serais content d'en faire partie». Il a répondu : «C'est bon à savoir». Mais je pense qu'il voulait dire que certains des autres membres du groupe n'étaient pas vraiment partant. En tout cas, nous deux, au moins, on a dit oui. (...)
Quels sont vos projets ?
Continuer d'écrire pour un prochain album. J'ai aussi un projet de musique classique avec guitare et orchestre, des morceaux originaux écrits pour de la guitare classique, de la guitare nylon. C'est un long travail.
Et d'autres projets acoustiques ?
Je refais régulièrement des enregistrements acoustiques. Je dirais plutôt acoustiques qu'unplugged. Le plus proche d'une version unplugged était l'album appelé There Are Many Sides To The Night, et cet album va ressortir avec Guitar Noir, ce sera un double, avec un peu de chance, vous en aurez deux pour le prix d'un ! (...)
Pour terminer, que pensez-vous du rock progressif aujourd'hui ?
Il a encore de beaux jours devant lui. C'est drôle, non ? J'ai vu Roine Stolt jouer avec Transatlantic, et j'ai beaucoup aimé sa façon de jouer. Je crois que le rock progressif doit encore se redéfinir. Je préférerais quelque chose de moins contraint que l'idée que les gens se font de ce qui est progressif. Quand j'écoutais de la musique dans les années soixante, les gens disaient qu'Eric Clapton, Ginger Baker et Jack Bruce, à l'époque de Cream, faisaient du progressif. Ils faisaient partie d'un ensemble plus large que les groupes d'aujourd'hui. (...) Je n'aime pas l'idée d'une musique progressive réglementée, sinon elle ne progresse plus vraiment.
Entretien
réalisé par Jean-Guillaume LANUQUE,
traduit par Anne GROSJEAN,
réalisé et transcrit par Peggy ZANETTI
(chronique et entretien parus dans Big Bang n°50 - Août 2003)

