BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques

Metamorpheus pochette

PISTES :

1. The Pool Of Memory And The Pool Of Forgetfulness (2:14)
2. To Earth Like Rain (1:32)
3. Song To Nature (3:02)
4. One Real Flower (3:11)
5. The Dancing Ground (3:01)
6. That Vast Life (12:26)
7. Eurydice Taken (1:47)
8. Charon’s Call (3:14)
9. Cerberus At Peace (2:05)
10. Under The World – Orpheus Looks Back (5:15)
11. The Broken Lyre (3:17)
12. Severance (3:04)
13. Elegy (3:17)
14. Return To The Realm Of Eternal Renewal (2:56)
15. Lyra (6:35)

FORMATION :

Steve Hackett

(guitare)

Lucy Wilkins

(violon)

Richard Steward

(violoncelle)

Sarah Wilson

(violoncelle)

Dick Driver

(contrebasse)

John Hackett

(flûte, piccolo)

Colin Clague

(trompette)

Richard Kennedy

(cor anglais)

STEVE HACKETT

"Metamorpheus"

Royaume-Uni - 2005

Camino Records - 57:02

 

 

Depuis la sortie de To Watch The Storms, dernier album studio en date du maestro, en 2003, nous avions surtout eu droit à des témoignages live, en CD ou DVD, certes de très bonne facture, mais qui nous laissaient sur notre faim du fait de l'absence de morceaux inédits (cf. Big Bang n°50, 52 et 56). Notre appétit sera-t-il satisfait avec cette nouvelle livraison ? Rien n'est moins sûr. Metamorpheus est en effet la seconde réalisation de Steve Hackett enregistrée avec des musiciens classiques, après A Midsummer Night's Dream en 1997.

Cette fois, à défaut du Royal Philharmonic Orchestra au grand complet, le guitariste s'est entouré de sept musiciens seulement, en plus de son frère John à la flûte. Cet ensemble de chambre a été judicieusement baptisé The Underworld Orchestra. En effet, le concept de l'album n'est autre que le célèbre mythe d'Orphée, tiré de la mythologie grecque, dans lequel le musicien Orphée, joueur de lyre réputé le meilleur de Grèce, va rechercher sa bien-aimée, la nymphe Eurydice, mordue par un serpent le jour de ses noces, au royaume des morts. Hadès accepte de le laisser repartir avec elle, à condition qu'il ne se retourne pas vers elle tant qu'ils ne seront pas parvenus à la surface. Ne sachant si Eurydice le suit convenablement, Orphée, après neuf hésitations, finit par se retourner... pour voir sa belle repartir pour toujours dans les Enfers !

Quinze pièces sont au programme pour illustrer cette histoire tragique, et les plus courtes sont aussi souvent les plus intéressantes. Ainsi, l'entrée en matière, «The Pool Of Memory And The Pool Of Forgetfulness», alterne avec une certaine gravité guitare classique et interventions des instrumentistes à cordes, tandis que «Charon's Call» parvient à transmettre une réelle émotion. Si les six premiers morceaux s'avèrent plutôt gais, illustrant la vie terrestre des deux amants, les neuf suivants sont plus graves, abordant les aspects les plus sombres du mythe, avec de petites perles comme le très orchestral et dramatique «Severance» et ses violons omniprésents. Néanmoins, si le talent de Steve Hackett à la guitare classique est indéniable, trop de compositions ne parviennent pas à se distinguer les unes des autres, distillant à la longue monotonie et lassitude. D'autant que les arrangements sont plutôt minimalistes, les quelques exceptions à la règle, comme «Elegy», constituant d'ailleurs les moments les plus réussis.

Pour un «The Dancing Ground», plus symphonique, ou un «Under The World - Orpheus Looks Back», à la progression en percussions assez isolée, combien de «One Real Flower» ou même de «That Vast Life» qui, sur douze minutes, alternent le chaud et le froid, l'attrayant et le moins convaincant. Pour autant, en comparaison avec A Midsummer Night's Dream, Metamorpheus s'avère nettement moins soporifique, malgré un côté quelque peu inconstant sur le plan mélodique. Un album qui, s'inscrivant dans un genre très spécifique et balisé, est à conseiller surtout aux inconditionnels de Steve Hackett et/ou aux amateurs de guitare dépouillée...

Jean-Guillaume LANUQUE

(chronique parue dans Big Bang n°57 - Avril 2005)