BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques

IQ Live From London pochette

PISTES :

1. Awake And Nervous (7:06)
2. Outer Limits (7:12)
3. It All Stops Here (6:35)
4. Just Changing Hands (5:56)
5. The Wake (3:41)
6. The Magic Roundabout (6:01)
7. Widow's Peak (8:37)
8. The Thousand Days (3:35)
9. Corners (4:55)

FORMATION :

Paul Cook

(batterie)

Tim Esau

(basse)

Mike Holmes

(guitares)

Peter Nicholls

(chant)

Martin Orford

(claviers, chant)

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Pallas Live From London pochette

PISTES :

1. Shock Treatment (4:46)
2. Crown Of Thorns (9:32)
3. Cut And Run (5:42)
4. Imagination (5.07)
5. Nightmare (6:29)
6. Dinosaur (3:46)
7. Sanctuary/Atlantis (13:38)
8. Strangers (2:06)
9. Eyes In The Night (3:41)

FORMATION :

Alan Reed

(chant)

Graeme Murray

(basse, chant)

Niall Mathewson

(guitares)

Derek Forman

(batterie)

Ronnie Brown

(claviers)

IQ

"Live From London" (DVD)

Royaume Uni - 2005 - Iguana - 58:50

PALLAS

"Live From London" (DVD)

Royaume Uni - 2005 - Iguana - 59:00

 

 

L'initiative de ce petit label naissant est simple : sortir en format DVD des concerts tous réalisés à Londres, en couvrant des artistes aussi divers que Paul Di Anno, Snowy White ou Girlschool ! Pour les deux dont nous allons vous entretenir, il s'agit d'une replongée dans les années glorieuses du néo-progressif britannique, avec un live d'IQ du 13 mai 1985 et un autre de Pallas une semaine plus tard, tous deux au Camden Palace Theatre. Passé un petit clip de présentation de la collection, aussi kitsch qu'agaçant, on découvre une très bonne qualité d'image, et un son qui l'est tout autant (un peu moins pour IQ, avec des instruments qui ont parfois tendance à se chevaucher), ce qui s'explique par le fait que ces concerts étaient destinés à passer en télévision. La présence de plusieurs caméras, permettant un montage plutôt dynamique, en découle également.

Le concert d'IQ est le témoignage d'un moment crucial dans la carrière du groupe : il s'agit en effet de la dernière prestation de Peter Nicholls avant son départ jusqu'au début des années 90. Cette tension sous-jacente est peut-être ce qui explique le caractère quelque peu statique des musiciens. Cela ne les empêche pas d'assurer un set bien en place, seul Peter Nicholls ayant trop souvent tendance à voir sa voix mal posée dissociée de l'accompagnement. Sur leurs deux albums studio de l'époque, le mieux représenté est The Wake, avec six extraits : les séduisants «Outer Limits» et «The Wake», les classiques «The Magic Roundabout» et «Widow's Peak», ce dernier dans une excellente version, sans oublier le plus calibré «The Thousand Days» et l'insipide «Corners». Quant à Tales From The Lush Attic, il est représenté par le brillant «It All Stops Here», l'efficace «Awake and Nervous» et «Just Changing Heads». Une telle prestation, malgré ses quelques défauts, s'avère en tous les cas indispensable pour tous les amateurs du groupe. Il est enfin assez amusant de redécouvrir IQ avec le look des années 80, en particulier les permanentes impressionnantes de Tim Esau (un bassiste dont le talent est ici rappelé) et Peter Nicholls et la veste en cuir rouge hideuse que porte à un moment ce dernier !

Pour Pallas, c'est l'époque dorée de la sortie très appréciée de leur premier album professionnel, The Sentinel, suivi par l'EP The Knightmoves. Rien d'étonnant donc à ce que les titres interprétés soient pour plusieurs issus de ces disques : «Shock Treatment», «Cut and Run», «Atlantis», «Dinosaur» ou «Eyes in the Night» (en réalité «Arrive Alive» sous un titre alternatif). Mais ce qui est plus surprenant et intéressant, c'est la présence de compositions antérieures, telles «Crown of Thorns», issue de leur premier album autoproduit, ou des avant-premières de «Imagination», «Stranger» et «Nightmare», titres qui allaient se retrouver sur le moins convaincant The Wedge. Intervenant en conclusion d'une tournée avec Uriah Heep, ce concert montre un groupe plutôt bien en place, même si la performance d'Alan Reed, alors nouveau chanteur de Pallas en remplacement de Euan Lowson, n'est pas exemple de défauts et manque quelque peu d'assurance. La basse de Graeme Murray, à la carrure déjà imposante, est bien marquée, tandis que la batterie de Derek Forman, très actif, mêle fûts traditionnels et tambours électroniques à la mode à l'époque. Le claviériste Ronnie Brown a droit pour sa part à une courte séquence soliste après «Nightmare», à base de reprise de Bach à l'orgue, et à une prestation avec son clavier portable sur le très rock «Dinosaur». Côté compositions, on appréciera plus particulièrement «Crown of Thorns», un épique de jeunesse typiquement néo-prog, «Nightmare», plus convaincant avec ses changements d'atmosphères et ses parties instrumentales plus intenses, et surtout l'enchaînement «Sanctuary/Atlantis» (en fait seulement la fin de ce dernier titre) : treize minutes de mélodie à fleur de peau, le pic du spectacle. Les autres morceaux sont souvent plus directs et FM, avec une préférence pour «Cut and Run», aux contrastes et à la mélodie plus élaborés.

Si le dynamisme de Pallas fait plaisir à voir, on peut considérer le concert d'IQ comme légèrement meilleur. Reste que ces deux DVD sont des témoignages historiques de qualité, exception faite de bonus maigrichons, qui se limitent à une galerie de photographies et à une présentation des autres volets de la collection.

Jean-Guillaume LANUQUE

(chronique parue dans Big Bang n°61 - Avril 2006)