
PISTES :
1. Halo (1:24)
2. Heal (5:03)
3. Fury (0:46)
4. Cage (5:31)
5. Arch (1:00)
6. Good (3:15)
7. Open (2:17)
8. Eyes (6:38)
9. Self (2:44)
10. Idea (8:32)
11. Talk (1:40)
12. Rage (5:33)
13. Part (2:11)
14. Dark (1:39)
15. Loss (4:00)
16. Ends (4:14)
FORMATION :
Klas Assarsson
(percussions)
Jonas Christophs
(guitares)
Joachim Gustafsson
(violon)
Mariette Hansson
(chant)
Christof Jeppsson
(chant)
Fredrik “Gicken” Johansson
(basse)
Mats Johansson
(claviers)
Anna Lönnberg
(chant)
Linnea Olsson
(violoncelle, chant)
Kjell Severinsson
(batterie)
INVITÉS
Lars-Erik Björklund
(chœurs)
Luca Calabrese
(trompette)
Fredrik Davidsson
(trompette, flugelhorn, cornet)
Björn Jason Lindh
(flûte)
Povel Ohlsson
(chœurs)
Martin Söderlund
(trombone, tuba)
Mats "MP" Persson
(guitare)
ISILDURS BANE
"MIND Vol. 4 - Pass"
Suède - 2003
Ataraxia Prod. - 53:36
Attention ! Communiqué aux adeptes de la musique délivrée par le groupe suédois : durant cette chronique, les mots «rock», «pop» et «variété» risquent d'être utilisés plusieurs fois. Il leur est donc conseillé de poser calmement leur décagénaire magazine et de respirer profondément avant de reprendre leur lecture.
Bon, je ne vais pas prendre de pincettes et d'ores et déjà vous annoncer que ce MIND Vol.4 s'est d'abord présenté comme une cruelle déception. Si je n'avais été chargé de le chroniquer et donc essayer d'enlever la partie «fan d'Isildurs Bane» de ma personne, nul doute qu'il aurait été rapidement rangé, classé, pour ne plus ressortir. Mais avec ce nouveau recul, au fil des écoutes et l'effet de surprise dissipé, j'ai enfin pu relativiser mon jugement.
Le voici : pour la première fois depuis 1987, Isildurs Bane a inclus du chant dans ses compositions (depuis 1983 avec des paroles !). Une manière pour le groupe de continuer là ses Investigations Musicales pour de Nouvelles Dimensions (MIND en anglais), bien, pourquoi pas !... Si le groupe nous avait déjà pris à contre-pied avec MIND Vol.3 et sa musique fortement improvisée, il opère cette fois un virage à 180° : car, d'une part, le chant est très présent et si, d'autre part, Aymeric, en conclusion de sa chronique du Vol.3 nous proposait de patienter jusqu'à ce Vol.4 pour pouvoir profiter pleinement de la dimension plus écrite et orchestrale du groupe..., et bien il ne s'était pas trompé ! Tout est ici ultra-écrit, hyper léché, méga peaufiné. Rien n'est laissé au hasard, tout est calculé, réfléchi, il faut dire que Pass était en gestation depuis 1999, sous le nom de Screenplay, un projet parallèle. Ce qui remet en cause une nouvelle fois la légitimité de MIND...
Nous avons donc une musique à la fois originale et accessible (eut égard au passé du groupe), avec une grande présence du chant (seul de courts et planants instrumentaux relient les plages chantées), jouant sur les atmosphères, très produites, au son irréprochable... Cela ne vous rappelle rien ? Peter Gabriel, bien sûr ! (ça me fait tout bizarre de chroniquer Isildurs Bane en le comparant à un autre artiste !) Cette comparaison est accentuée par la voix du chanteur principal, Christof Jeppson, même si elle possède un timbre qui lui est propre. Les interventions de ses «consœurs» se rapprochant, tantôt de Paatos, par exemple, tantôt des duos Gabriel/Bush, Mitchell/Gabriel, Gabriel/O'Connor. Ce chant, proche d'une certaine variété, dite de luxe, se marie parfois difficilement avec la musique toujours complexe et très arrangée du groupe. Ainsi, il m'est toujours difficile de digérer, par exemple, le contraste généré par l'introduction tout en percussion de «Heal» avec le chant soutenu par des drumloops qui la suit.
Car il faut tout de même préciser que nous aurions là affaire à un Peter Gabriel qui aurait troqué ses échantillonneurs/synthétiseurs pour des arrangements plus étoffés : flûtes, violon, cuivres, electric guitars quartet (sic) et multiples percussions sont au menu. Nous avons, en quelque sorte, droit au Peter Gabriel de Passion et Up réunis. De plus, Pass comporte quelques déchirements électriques, «Idea» et «Rage» et leurs passages carrément rocks, qu'on ne pourrait plus attribuer à l'ex-Genesis depuis longtemps.
Un album qui, en définitive, possède un charme certain pour peu que l'on oublie les joyaux passés du groupe. N'aurait-il pas été plus judicieux de sortir comme prévu cet album en tant que projet parallèle, il risque en effet de dérouter les inconditionnels du groupe alors que le public plus à-même de l'apprécier ne fera peut-être pas l'effort de s'y intéresser, la réputation de Isildurs Bane en tant que groupe défricheur et ambitieux le précédant.
Alors que j'aurais vivement conseillé MIND Vol.2 aux thuriféraires d'After Crying (histoire de relativiser leur engouement pour le groupe hongrois, ben tiens !), je suis obligé de conseiller ce Vol.4 en priorité aux adeptes d'une pop atmosphérique et sophistiquée, et sur cette échelle, nul doute qu'il atteint des sommets.
Fabien CLAIR
P.S : Nous avons là un album dans lequel la place du chant est primordiale, pourtant les paroles n'ont pas été abordées, ceci pour la simple et bonne raison que le groupe n'a pas jugé nécessaire de les inclure au livret : «c'est à vous de décider la signification du contenu de ce CD».
(chronique parue dans Big Bang n°51 - Novembre 2003)

