
PISTES :
1. Kiss Like Judas (5:40)
2. I Got You Eating Out Of My Hand (6:08)
3. Plastic Dreamer (4:14)
4. Leaving Without You (5:52)
5. Playground (5:27)
6. Old Man And The Angel (10:27)
7. The Ice Melts Into Water (7:23)
8. Still Too Young To Remember (5:58)
9. You'll Never Go To Heaven (7:11)
10. Calling All The Heroes (8:36)
FORMATION :
John Beck
(claviers, chant, guitare acoustique)
Bob Dalton
(batterie, chant)
Dick Nolan
(basse)
John Mitchell
(chant, guitares)
EXTRAITS AUDIO :
IT BITES
"When The Lights Go Down"
Royaume-Uni - 2007
Autoprod. - 66:57
La reformation d'It Bites n'aura donc finalement pas eu lieu ! Enfin, si, bien sûr, puisque le groupe est en plein travail sur un nouvel album studio et que je vais vous chroniquer cet opus enregistré lors de sa tournée anglaise de décembre 2006. Mais le It Bites d'origine, le vrai, l'unique, celui avec Francis Dunnery, n'aura été qu'une courte illusion, un rêve définitivement évanoui. Sans son leader naturel, chanteur et guitariste des plus charismatique, la formation britannique perd forcément de sa superbe. Et moi de comprendre un peu mieux la réaction des fans de Yes en 1980 lorsqu'ils découvrirent Trevor Horn en lieu et place de Jon Anderson. D'un autre côté, Drama est un "chef d'œuvre" de plus dans la carrière de Yes, et tous les espoirs sont donc permis quant au destin de ce It Bites new look.
Il faut dire qu'en intégrant John Mitchell pour remplacer le grand absent, John Beck, Bob Dalton et Dick Nolan ont fait un bon choix. D'abord parce que celui-ci étant déjà aux côtés des deux premiers au sein de Kino (formation qui finissait par ressembler de plus en plus à une nouvelle incarnation d'It Bites, puisque le batteur avait remplacé à maintes reprises Chris Maitland en concert) les musiciens se connaissent bien, ensuite parce que John Mitchell est un excellent guitariste et un chanteur plus que convaincant. Ce que vient confirmer le tonitruant démarrage de cette prestation en concert, avec un «Kiss Like Judas» bien pêchu et auquel le public semble adhérer totalement. Le mimétisme de Mitchell avec Dunnery est assez impressionnant au niveau guitaristique, mais tout aussi remarquable d'un point de vue vocal ! Et puis les claviers de John Beck et les harmonies vocales qu'il partage avec Bob Dalton font le reste : revoilà It Bites tel qu'au plus fort de sa carrière il y a près de 20 ans.
Sans répit, «I Got You Eating Out Of My Hand» prend le relais, avec déjà ces petits ajouts typiques du combo ancienne version, et encore une fois John Mitchell qui surprend son monde en étant capable, non pas de copier strictement Francis Dunnery, mais de jouer de manière inédite certaines parties. Ce n'est pas le guitariste d'Arena ni celui de Kino, encore moins celui de The Urbane : It Bites a trouvé son nouveau guitariste-chanteur !
Le reste de la prestation (au total, 10 titres de 4:14 à 10:27) est à l'avenant, avec un répertoire qui alterne les classiques "tubesques" du groupe («Still Too Young To Remember», «Calling All The Heroes») avec les pièces plus longues («Old Man And The Angel», «The Ice Melts Into Water», «You'll Never Go To Heaven»), même si manque à l'appel LE morceau du groupe : le fameux épique «Once Around The World» (le final de celui-ci est tout de même rajouté de belle manière en idéale conclusion du concert). Un inédit est également au programme, «Playground», mid-tempo presque ballade symphonique plaisante mais qui ressemble beaucoup à du Kino. On attendra autre chose d'It Bites !
Le groupe parait en tout cas bien soudé ; le public réagit comme au bon vieux temps (en chantant régulièrement) : les claviers de John Beck sont à la fête (avec ce petit parfum années 80 qui leur colle encore à la peau) et la paire rythmique assure parfaitement son boulot; quant aux harmonies vocales elles sont, à l'instar de Yes, une marque de fabrique et d'authenticité du groupe anglais qui fait plaisir à entendre. Tout juste pourra-t-on quand même reprocher une petite baisse de régime vocal pour John Mitchell sur certains titres (on pointe là le fait que cet enregistrement ne soit pas celui d'une unique soirée mais une sélection parmi les sept concerts donnés par le groupe entre le 26 novembre et le 8 décembre 2006). Et on lui souhaite de parvenir à atteindre le degré de charisme de Dunnery, même si cet aspect des choses est plus aléatoire et tient avant tout à la personnalité de chaque artiste.
Voilà donc une belle manière de patienter en attendant ce fameux opus studio promis depuis des lustres. Si It Bites semble aujourd'hui bien vivant, il lui reste à nous démontrer que sa capacité de création est intacte. On piaffe d'impatience !
Christian AUPETIT
(chronique parue dans Big Bang n°67 - Automne 2007)


