BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques


PISTES :

1. Tender Sia's Dream (03:36)
2. The Young Woman Who Walked With The Stones (05:48)
3. Seks, Kilverzerezh, Teir Vuhez (02:38)
4. Tarraing Na Mara - Pedenn Ewit Gwenhwyfar (04:20)
5. Hent Ar Sevenadurez Dazont (05:29)
6. Clovis (04:59)
7. 1488 (05:20)
8. Slighe Nan Ginnealac'h (01:03)
9. Mister Nessie (04:34)
10. Roazhon By Night (05:30)
11. Little Fairy (05:01)
12. Nous Sommes d'Ailleurs (04:21)

FORMATION :

Gurvan  Mevel

(batterie, percussions)

Olier  Ar Fresne

(guitares électrique et acoustique)

Gwenhaël  Mevel

(bombarde, sifflets)

Konan  Mevel

(claviers, percussions, highland pipes)

Gilles  Servat

(chant)

Tim  Blake

(claviers)

Michaël  Seznec

(basse)

Bleuwenn  Mevel

(claviers)

KAD

"18'61"

France - 1997

Ethnéa / Muséa - 52:43

 

 

À la façon d'Eclat De Vers devenu Eclat tout court, Kadwaladyr a décidé de raccourcir son nom. Sûrement pour faciliter à ses admirateurs la prononciation de son patronyme, mais aussi peut-être pour mettre entre parenthèses sa première œuvre un peu maladroite (The Last Hero, paru en 1995 - cf. n°13).

Le groupe est en effet à prendre aujourd'hui avec beaucoup plus de sérieux. Sans avoir réellement modifié sa trajectoire - ce qui dans le fond est plutôt courageux -, il fait preuve avec 18'61 d'une bien plus grande maturité. Cette impression doit beaucoup au batteur Gurvan Mevel, qui a su atténuer fortement (voire supprimer) le côté mécanique et électronique de ses interventions sur The Last Hero : moins souvent et moins franchement 'carrée', la batterie passe mieux, même si l'on peut préférer, ici, d'autres percussions, toujours aussi efficaces lorsqu'il est question de musique à base folklorique.

Les genres abordés sont toujours les mêmes que pour l'album précédent (rock, jazz, funk, folk celtique...), mais ils sont désormais agencés avec une plus grande fluidité (précisons par ailleurs que le mixage est cette fois plus équilibré) : cette diversité mieux gérée permet une meilleure intégration des récitatifs de Gilles Servat.

C'est cependant sur les passages les plus homogènes que Kad fait éclater la différence, se donnant enfin l'occasion de faire décoller sa musique. Certains diront qu'il s'agit là des moments les plus progressifs et souhaiteront évidemment qu'à l'avenir le groupe privilégie cette voie. Il est tentant, il est vrai, de le penser, d'autant que certains exercices stylistiques font indéniablement baisser le niveau (excellent rappelons-le). Je pense en particulier au périlleux solo de flûte typiquement celtique où Gwenhaël Mevel, malgré sa bonne volonté, ne peut dissimuler son manque de souffle, ainsi qu'aux deux derniers titres de l'album, où les musiciens semblent s'essayer à l'improvisation (d'abord jazz puis plutôt funk). Les trames répétitives utilisées seront peut-être bien utiles pour présenter les musiciens à l'occasion des futurs concerts, mais sur disque elles contredisent un peu la densité et la diversité auparvant constatées.

Cette diversité demeure en effet l'attrait principal des 12 titres (de 1:03 à 5:48) de 18'61, dont d'autres ingrédients, comme les superbes interventions au chant de Sandra McKay et Joanne Murray, s'avèrent tout à fait délectables. On notera par contre que celles de Tim Blake aux synthétiseurs demeurent plutôt discrètes.

Faisons donc confiance aux Bretons (il est de notoriété, de toute façon, qu'ils sont têtus), forts de leurs progrès, qu'ils sauront à n'en pas douter poursuivre : ils risquent bien de nous pondre prochainement l'album parfait qui mettra tout le monde d'accord.

Laurent MÉTAYER

(chronique parue dans Big Bang n°21 - Juillet/Août 1997)