BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques

The Space Between Us pochette

PISTES :

1. Entering The Gates (1:54)
2. The Great Circus (5:30)
3. Temple Of Light (4:57)
4. The Other Side ((5:09)
5. Sky Of Couple Colors (4:08)
6. Mass And Illusions (6:40)
7. The Dream Master (6:40)
a) Through A Stream Of Images (Prestissimo)
b) The Sculptor (Maestoso)
8. Labyrinth (4:44)
9. Let Go (3:33)
10. Wonder Valleys (4:21)
11. Kingsisher And Dragonflies (1:48)
12. Retrofall (5:21)
13. Mind Games (1:21)
14. The Space Between Us (4:17)
15. When The Night Falls (2:13)
16. Big Outro (2:41)

FORMATION :

Antony Kalugin

(claviers, percussions, chant, guitares, fxs)

Kostya Shepelenko

(batterie)

Sergey Kovalev

(harmonica, bayan, chant)

Oleg Polyanksiy

(claviers)

Oleg Booklov

(guitare électrique)

Denis Moroz

(guitare jazz)

Roman Cucherenko

(basse)

Tim Sobolev

(chant)

Georgy Katunin

(lyre, flûtes)

Lena Moscalec

(chant)

Oleg Korotaev

(guitare nylon)

David Todua

(guitare électrique)

EXTRAITS AUDIO :

KARFAGEN

"The Space Between Us"

Ukraine - 2007

Unicorn Records - 65:18

 

 

Pour une surprise, c'est une surprise ! A peine avons-nous eu le temps de nous réjouir de l'apparition en terres progressives de cette nouvelle formation Ukrainienne, que celle-ci nous invite à découvrir son second opus. Si, comme je l'espère, l'excellente chronique de Continium de mon ami Olivier Cruchaudet, paru il y à peine deux numéros, est encore fraîche dans votre mémoire, celle que vous êtes en train de lire va être facile à rédiger et à digérer. Non seulement car mon confrère fut particulièrement brillant pour décrire la musique de Karfagen, mais surtout car The Space Between Us se situe (logiquement) dans la continuité de son prédécesseur...

Cependant, et c'est là certainement ce qui explique mon grand enthousiasme pour le présent album, le groupe Ukrainien ne se contente pas ici de reproduire à l'identique la recette qui a fait ses preuves et la renouvelle ou plus exactement l'affine en lui adjoignant quelques délicieuses épices musicales. Bien évidemment, le rock progressif, visuel et instrumental, de Karfagen règne ici toujours en maître, son symphonisme se parant d'une épure mélodique à couper le souffle. The Space Between Us fait néanmoins quelques pas dans des directions obliques qui ne rendent pas son écoute plus difficile mais lui permettent au contraire de densifier son propos. De la joliesse et du bon goût, cet album en regorge, mais il ne se contente pas de cela et relance sans cesse l'intérêt des 16 présentes compositions (de 1:21 à 6:40) par de délicieuses "excentricités" formelles que le groupe dissémine régulièrement au sein de sa musique.

L'invitation au voyage est donc omniprésente au sein de The Space Between Us et se décline en de multiples et inédites destinations : progressif épuré aux envolées (guitares, Mooog, piano...) enivrantes et parfois teintées de folklore, de touches médiévales ou jazzy, etc. La culture classique de Antony Kalugin, le compositeur de la quasi-totalité des morceaux, imprègne le propos de Karfagen dans ses moindres recoins mais ne l'alourdit aucunement et lui offre au contraire une assise "savante". Le résultat, ode au progressif cosmopolite et intemporel, éblouit l'auditeur, surpris de découvrir autant de raffinement au gré du défilement de chacune des compositions, à l'existence propre mais imbriquée dans celles de ses consœurs.

The Space Between Us s'avère donc une petite merveille qui a gagné en densité et en profondeur pour donner vie à un rock progressif transversal qui balaye notre patrimoine musical avec un brio qui me laisse encore béat d'admiration après bon nombre d'écoutes... Difficile malgré tout de dire objectivement si ce nouvel opus est réellement supérieur à son devancier, car Continium était à mon sens très réussi. De plus, le charme de la nouveauté est toujours très vif chez les mélomanes, ce qui invite à de la prudence. Néanmoins, une chose paraît d'ores et déjà évidente et ne souffrir aucune objection : The Space Between Us devrait rassembler plus largement que Continium, dans le sens où les adeptes de mélodies imparables et d'ambiances symphonico-planantes y trouveront tout autant leur compte que les partisans de structures plus épaisses et plantureuses. Un peu comme si le Camel (influence majeure de Antony Kalugin) des années 70 ne faisait qu'un avec celui de la période récente. Vous voyez !? Pas trop... Ce n'est pas grave, car la richesse de The Space Between Us devrait permettre à chacun d'y découvrir (et d'y puiser sans cesse) ce que bon lui semblera. Un album uppercut !!!

Olivier PELLETANT

(chronique parue dans Big Bang n°65 - Avril 2007)