BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques


PISTES :

1. Karnataka (2:54)
2. Time Stands Still (6:17)
3. Delicate Flame Of Desire (7:34)
4. After The Rain (7:52)
5. Strange Behaviour (6:10)
6. The Right Time (7:06)
7. One Breath Away (5:13)
8. Out Of Reach (7:48)
9. Heart Of Stone (10:31)

FORMATION :

Rachel Jones

(chant)

Ian Jones

(basse, guitare acoustique)

Jonathan Edwards

(claviers)

Paul Davies

(guitares)

Gavin John Griffiths

(batterie, percussions)

Anne-Marie Helder

(chant, flûte)

KARNATAKA

"Delicate Flame Of Desire"

Royaume-Uni - 2003

Immrama Records - 61:25

 

 

Août 2000 : Karnataka fait une discrète apparition dans Big Bang. Son deuxième album, The Storm, est alors l'objet d'une critique positive mais sommaire dans la rubrique «Chroniques-Express»... En découvrant l'énorme potentiel (tant progressif que commercial, eh oui !) de Delicate Flame Of Desire, il convient (avec légitimité mais angoisse) de se poser une délicate question : avons-nous manqué de perspicacité il y a deux ans et demi, en laissant Karnataka quelque peu dans l'ombre de notre numéro 36 ?

Comme pour la plupart des questions pertinentes (hé, hé....), pas de réponse évidente et simpliste à apporter ! La chronique de The Storm apparaît avec le recul tout à fait pertinente, mettant en avant les qualités recensées sur l'album en question, tout en annonçant la forte probabilité d'un avenir radieux pour son auteur... Néanmoins, à la lumière du nouvel opus, impossible de ne pas regretter notre relative réserve d'alors, car ce Delicate Flame Of Desire s'apparente bel et bien à un coup de maître qu'il eut été bien plaisant de prévoir avec davantage d'assurance. Mais tout cela n'est que broutille au regard du retentissement que ne va pas manquer de provoquer ce formidable opus dans notre microcosme. Car, quel que soit finalement son avenir, le présent de Karnataka est tout à fait progressif !

Il faut dire que Karnataka a tout fait pour nous faire passer pour de bien timorés pronostiqueurs. Offrant naguère un propos musical au confluent de ceux de formations comme Mostly Autumn ou The Corrs, le groupe anglais a choisi la première des deux voies, affirmant donc de fait nettement son caractère progressif... Les dispositions commerciales de Karnataka ont donc quelque peu fondu, mais demeurent malgré tout en filigrane de cette musique progressivo-celtique au fort pouvoir de séduction... Nous sommes ainsi au cœur de ce qui singularise Karnataka : plus encore que Mostly Autumn, la formation anglaise joue simultanément sur le tableau de la profondeur et de l'envergure, offrant ainsi deux niveaux de lecture qui peuvent aussi bien se superposer et se fondre l'un en l'autre que s'appréhender séparément. Si Delicate Flame Of Desire pourra être éventuellement défini par certains comme un album de pop-prog aux accents celtiques (un seul morceau correspond selon moi à cette définition, «One Breath Away»), il n'en demeure pas moins qu'il appartient bel et bien à notre courant favori. Quelques exemples ? La flamboyance guitaristique de Paul Davies, la dramaturgie et le lyrisme sous-jacents à chacune des 9 compositions (de 2:54 à 10:31), et surtout le fait que le chant (toujours aussi envoûtant) de Rachel Jones soit dorénavant et avant tout une rampe de lancement pour des développements instrumentaux de plus en plus nombreux...

L'époque est propice à la révélation de formations comme Karnataka. Certes, sa musique n'est pas de l'électro-pop, si recherchée actuellement, mais le charisme qui en émane ne devrait pas tarder à attirer les projecteurs de la presse à grand tirage. Et au regard de la sophistication et de l'ambition dont fait preuve Delicate Flame Of Desire, tout le monde y trouvera son compte. Nous les premiers !!!

Olivier PELLETANT

(chronique parue dans Big Bang n°48 - Mars 2003)