BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques

Under A New Sign pochette

PISTES :

1. A Different Man (7:50)
2. Exit L.U.M.C. (7:41)
3. Mastermind (6:17)
4. Under A New Sign (5:44)
5. Courteous Love (7:08)
6. Dreamweaver (7:38)
7. A Different Man - Part II (13:07)

FORMATION :

Gerben Klazinga

(claviers)

Mark Smit

(chant, Fender Rhodes [5], paroles)

Rinie Huigen

(guitares, chœurs)

Mark Vermeule

(guitares)

Gijs Koopman

(basse, Moog Taurus)

Pieter van Hoorn

(batterie)

Joop Klazinga

(flûtes, paroles)

INVITÉS

Ruben van Kruistum
(violoncelle [5])

Bas Immerzeel
(guitare [6], guitare 12 cordes [5])

EXTRAITS AUDIO :

KNIGHT AREA

"Under A New Sign"

Pays-Bas - 2007

Laser's Edge - 55:07

 

 

Si certains albums paraissent sans prévenir (le dernier Anekdoten par exemple), d'autres voient leur future apparition proclamée très longtemps à l'avance. C'est ainsi que Under A New Sign, qui a d'ailleurs vu son titre changer entretemps, fut annoncé près de deux ans avant sa sortie effective, intervenue finalement au printemps dernier. Bonne ou mauvaise augure qu'une telle attente !? Généralement, c'est à dire dans la vie courante, ce n'est jamais très positif, car l'attente en question génère doutes et/ou fantasmes qui n'auront ensuite que l'heur de parasiter la réalité...

Dans le cas de Knight Area, un élément (essentiel !!!) nous prouve d'entrée que le groupe n'a pas fauté dans l'histoire : Under A New Sign s'avère en effet nettement supérieur à son prédécesseur, le pourtant très prometteur The Sun Also Rises (2004). Pas besoin d'être le meilleur chroniqueur du monde pour trouver l'explication à ce probant progrès. Gerben Klazinga, maître d'œuvre du premier opus, est à présent entouré d'un véritable groupe, qui a donné vie aux sept compositions (de 6 à 13 minutes) de Under A New Sign en leur offrant une osmose de tous les instants. L'interpénétration des musiciens s'entend dans chaque recoin de la musique que nous offre ici Knight Area et qui dépasse dorénavant très largement les frontières néo-progressives.

Quand un chroniqueur (pas "le meilleur du monde" évoqué plus haut donc, mais pas le plus mauvais non plus) ne parvient pas vraiment à rattacher à un genre précis un album qui contient bon nombre d'envolées instrumentales mélodiques et aériennes, il est amené à parler de "progressif symphonique"... Pour ma part, je serais tenté de décrire Under A New Sign comme un excellent album de... progressif symphonique. Attendez, laissez moi vous dire pourquoi. Knight Area a bel et bien élargi son champ d'expression, allant souvent titiller les spécificités des années 70 pour les confronter à des séquences pour le coup typiques d'un néo-progressif à la IQ/Pendragon. Plus rarement, le groupe néerlandais muscle son propos, évoquant alors un groupe comme Arena ("Mastermind" ou "Dreamweaver"), mais cette parenté s'avère au final anecdotique car ponctuelle. De manière générale, Knight Area s'inspire clairement du progressif anglais, des groupes cités plus haut donc, mais aussi (et de manière de plus en plus marquée) du Genesis des débuts. Gerben Klazinga (et ses multiples claviers) apparaît comme l'un des nombreux fils spirituels (et pas le moins doués d'entre eux, croyez-moi !) de Tony Banks. Franchement, le bonhomme fait preuve d'un sacré talent, lui permettant de se mouvoir au sein d'ambiances fort dissemblables donc complémentaires. Atmosphériques ou enlevées, les séquences instrumentales de Under A New Sign, mises en son par une large palette de claviers (le superbe orgue Hammond du morceau titre par exemple), surfent donc sur les époques avec un constant à-propos.

A l'arrivée, Under A New Sign symbolise (à défaut de l'avoir créée) l'évolution dans la perception que l'on peut avoir du "néo-progressif" actuel. Ce dernier, quand il est représenté par ses meilleures formations (et il y en a de plus en plus d'excellentes), n'étouffe plus du tout sous les carcans formels qu'il s'est longtemps imposés lui même. Knight Area, entre modernité et tradition, confirme que la fenêtre du néo-progressif est bel et bien ouverte aujourd'hui sur l'avenir. Pour le plus grand bonheur des mélomanes aux grandes oreilles !

Olivier PELLETANT

(chronique parue dans Big Bang n°66 - Été 2007)