
PISTES :
1. Fassade, 1. Satz (7:19)
2. Der Morgen Danach (4:28)
3. Senses (6:05)
4. Warum So Tief ? (1:56)
5. Fassade, 2. Satz (5:36)
6. Liebesspiel (4:40)
7. Stumme Worte (5:02)
8. Fassade, 3. Satz (7:46)
9. Nichts Bewegt Sich (5:10)
10. Vankina (5:17)
FORMATION :
Tilo Wolff
(chant, piano, programmations)
Anne Nurmi
(chant, claviers)
Jay P.
(guitares, basse)
AC
(batterie)
Manne Uhlig
(batterie)
Rosenberg Ensemble
(chœurs)
Schnyder Philharmonie &
German Filmorchestera Babelsberg
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PISTES :
1. Kyrie (Overture) (12:44)
2. Durch Nacht Und Flut (Suche Pt. 1) (6:05)
3. Sacrifice (Hingabe Pt. 1) (9:30)
4. Apart (Bittruf Pt. 1) (4:18)
5. Ein Hauch Von Menschlichkeit (Suche Pt. 2) (5:07)
6. Eine Nacht In Ewigkeit (Hingabe Pt. 2) (5:54)
7. Malina (Bittruf Pt. 2) (4:50)
8. Die Schreie Sind Verstummt (Requiem Für Drei Gamben Und
Klavier) (12:42)
FORMATION :
Tilo Wolff
(chant, piano, programmations)
Anne Nurmi
(chant, claviers)
Jay P.
(guitares électrique et acoustique, basse, Mellotron)
Manne Uhlig
Thomas Nack
(batterie)
FrederiFrederick
Martin
Joachim Gebardt
(basse)
Rosenberg Ensemble Choir
Schnyder Philharmonie
Deutsches Filmorchester Babelsberg
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PISTES :
1. Saphire (11:16)
2. Kelch Der Liebe (6:06)
3. Lichtgestalt (5:19)
4. Nachtschatten (7:08)
5. My Last Goodbye (8:11)
6. The Party Is Over (5:29)
7. Letzte Ausfahrt: Leben (5:44)
8. Hohelied Der Liebe (14:31)
9. Pause - Hidden & Bonus Track (5:34)
FORMATION :
Tilo Wolff
(chant, piano, programmations)
Anne Nurmi
(chant, claviers)
Jay P.
(guitares, basse)
Manne Uhlig
(batterie)
LACRIMOSA
"Fassade"
Suisse - 2001 - Hall Of Sermon - 52:55
"Echos"
2003 - Hall Of Sermon - 67:16
"Lichtgestalt"
1996 - Hall Of Sermon - 69:17
La faute au temps qui passe décidément trop vite, à la surabondance continuelle des sorties, voilà trois albums qu'on ne vous a plus entretenu de la carrière de ce groupe suisse allemand. Prenons donc le temps en cette fin d'année de revenir sur la musique hors normes concoctée par le duo Tilo Wolff (chant, piano) et Anne Nurmi (claviers, chant).
Nous les avions laissé en 1999 avec l'album Elodia, mélange improbable de rock gothique, de musique classique et d'atmosphère Berlinoise façon fin XIXème siècle. Avec un rythme immuable de parution d'un nouvel opus tous les deux ans, notre duo finno-suisse a donc sorti Fassade en 2001, Echos en 2003 et Lichtgestalt au printemps 2005 (eh oui, déjà!). Si l'iconographie du groupe est à nulle autre pareille, avec un noir et blanc exclusif, un clown triste en logo, des photos sombres du duo en costumes mi-baroque mi-décadent et une pointe d'érotisme, la musique n'a pas non plus connu de gros bouleversements en six ans. On se situe toujours dans un rock sombre, parfois métallique, chanté essentiellement en allemand (par Tilo Wolff), et sur un ou deux morceaux en anglais (par Anne Nurmi), mais aussi aux confins d'œuvres classiques chères à Mozart ou Wagner. Le duo est toujours entouré d'une formation rock «classique» guitare-basse-batterie à laquelle se joignent fréquemment des instruments à vent, à cordes, des chœurs et même des ensemble orchestraux au grand complet. Cet univers très particulier se décline tout au long de compositions aux durées souvent conséquentes, partagées entre envolées presque purement «classiques» et chansons rock mâtinées de dark wave (la frange sombre de la new wave des années 80). Mais examinons d'un peu plus près chaque album.
Elodia était déjà très fortement imprégné de musique classique, mais Fassade l'est peut-être encore plus. Le titre éponyme, divisé en trois parties disséminées en début, milieu et fin d'album, est un exemple très réussi de mariage du classique et d'un métal martial, sombre et inquiétant. Le récurrent riff plombé de guitare électrique qui donne sa pulsation au morceau file le frisson tandis que les parties de chœur lyrique et d'orchestre enveloppent le tout d'un charme symphonique suranné bien propre au groupe. Les autres titres alternent entre rock métallique assez violent, accalmies romantiques à l'allemande, mais souvent baigné de hautbois, de flûte et de piano, ce qui n'en finira pas de surprendre ceux qui ne connaîtraient pas encore ce groupe. A noter que le chant de Tilo Wolff n'est plus jamais guttural, mais qu'il reste particulier par son timbre souvent grave et la langue allemande qu'on n'a pas si souvent l'occasion d'entendre (mais qui n'empêche pas Rammstein d'avoir du succès en France !). Les huit morceaux de Fassade (de 4:26 à 9:19) continuent donc dans la voie tracée par Lacrimosa depuis Inferno (1995) et Stille (1997), mais dans un registre plus «tous public», le groupe s'éloignant du courant gothique de ses débuts.
Deux ans plus tard, Echos enfonce le clou en débutant par un long titre de plus de 12 minutes entièrement dévoué à la musique classique, le bien nommé «Kyrie», avec choeur et orchestre grandiose. La passion de Tilo Wolff pour ce style musical prend ici toute son ampleur et il faut bien avouer que le résultat est très beau. Et si le rock n'est pas totalement absent de ce qui suit (au total 8 titres de 4:16 à 12:42, plus un morceau caché qui est une autre version de «Durch Nacht und Flut», la plage 2 de l'album), Echos reste à ce jour l'album le moins violent et le moins électrique du groupe. En d'autres termes, si vous ne les connaissez pas et craigniez leur dénomination «gothique» (aussi fourre-tout que le progressif finalement), Echos est un bon début pour les découvrir.
Après ce détour ultime vers la musique classique, Lichtgestalt (créature de lumière en français) fait un pas en arrière pour revenir vers des paysages musicaux plus souvent abordés par Lacrimosa. L'orchestre et les nombreux instruments solistes du classique sont toujours là, mais de nouveau plus ouvertement mêlés aux instruments du rock pur et dur (batterie, guitare électrique, basse). Les morceaux (8 de 5:18 à 14:30 et encore un titre caché sous forme d'une seconde version de «The Party Is Over», présent en plage 6), sont donc du Lacrimosa pur jus, mais ils dénotent une inspiration qui commence sérieusement à tourner en rond. Il y a longtemps que le sempiternel titre chanté par Anne Nurmi (qui, à bien y réfléchir, n'est pas sans rappeler... Mylène Farmer !) ne surprend plus, et le métal parfois trop basique de plusieurs compositions n'a plus de saveur particulière.
Ce jugement pourra paraître dur pour certains, et il l'est sans doute un peu, car Lichtgestalt est loin d'être un mauvais album. Mais il est clair qu'après neuf albums studio, Tilo Wolff, le principal compositeur, doit chercher un nouveau souffle pour continuer à surprendre et ne pas se contenter de satisfaire la frange la plus convaincue de son public. Nous autres, amateurs de musiques en mouvement, faisons partie de ceux qui ne peuvent donc que souhaiter le voir explorer de nouveaux horizons. En espérant être suffisamment entendus pour vous reparler de Lacrimosa très prochainement dans ces colonnes.
Christian AUPETIT
(chroniques et entretien parus dans Big Bang n°60 - Décembre 2005)

