
PISTES :
1. Cutting Room (5:09)
2. Pinewood Avenue (6:24)
3. Infinity Parade (Part 1 to 5) (8:37)
4. Game Over (7:44)
5. All Performers Stand Alone (4:38)
6. Narovlya (Part 1 to 6) (11:09)
7. Ten Million And One (4:30)
8. Bed Of Nails (7:15)
9. Hanblechia (The Vision Quest) (4:39)
10. To Do Or Die (2:31)
FORMATION :
Dave Wagstaffe
(batterie)
Uwe D'Rose
(guitares)
Steve Gee
(basse)
Steve Leigh
(claviers)
Damian Wilson
(chant)
LANDMARQ
"The Vision Pit"
Royaume-Uni - 1995
SI Music / Roadrunner (réédit. Cyclops) - 64:34
Parmi les groupes néo-progressifs britanniques de la troisième génération (en considérant que Marillion symbolise la première, et Galahad et Jadis la seconde), Landmarq est l'un des rares qui puissent se vanter d'avoir une discographie un tant soit peu conséquente. Avec la récente parution de The Vision Pit, il est dorénavant l'auteur de trois albums qui, chacun dans leur genre, représentent assez bien la version actuelle de ce style.
Plus généralement, le fait que l'on découvre actuellement un certain nombre de formations parvenant à enfanter plusieurs œuvres sans péricliter montre (ou démontre aux pisse-froid) que le rock progressif tend à atteindre sa pleine maturité. La pérennité (artistique à défaut de commerciale) de notre mouvement semble donc en passe d'être assurée, et c'est finalement la meilleure nouvelle que l'on est, en l'état actuel des choses (sous-entendu "de notre société"), en droit d'espérer...
Revenons, après ces propos encourageants, à nos moutons. La popularité de Landmarq est avant tout liée à celle de son chanteur Damian Wilson. Celui-ci possède en effet un organe vocal qui ne laisse pas indifférent. Qu'on les apprécie ou pas, la personnalité et le talent de cet artiste sont des données objectives, auxquelles il est tentant de se soumettre... Quoi qu'il en soit, le départ de Damian, après la parution du second album (Infinity Parade en 1993, faisant suite à Solitary Witness l'année précédente), faillit bien sonner le glas de cette formation anglaise. Landmarq se lança alors à la recherche d'un remplaçant digne du brillant vocaliste perdu... Après plusieurs essais infructueux, le choix se porta sur Ian Gould (à présent dans Medecine Man).
Malheureusement pour ce dernier, Damian décida de recontacter ses anciens partenaires; dans l'intervalle, grâce à une société de management (avec laquelle il est d'ailleurs toujours sous contrat), il avait officié au sein du groupe LaSalle et failli intégrer Iron Maiden. Les instrumentistes saisirent immédiatement la balle au bond, enrôlèrent leur chanteur fétiche, et se lancèrent aussitôt dans l'enregistrement de The Vision Pit.
Que l'on soit sensible ou non à sa musique, Landmarq s'impose d'entrée comme une formation bouillonnant d'idées et possédant l'expérience suffisante pour les agencer avec cohérence. Visiblement, rien n'est laissé au hasard, et c'est tant mieux. Ici de plus, pas de craintes à avoir quant à d'éventuelles faiblesses techniques. Les musiciens maîtrisent leur art résolument néo-progressif avec un réel brio.
The Vision Pit est dénué de fautes de goût, et peut par conséquent se déguster d'une traite, sans penser au préalable aux morceaux qu'il faudra sélectionner. Ses 9 compositions (de 4:30 à 11:09) sont le reflet d'une musique somme toute assez conventionnelle, mais interprétée avec une telle compétence que la séduction (pour peu qu'on ne soit pas hermétique à ce style) est au bout de l'audition. Les parties vocales impeccables de Damian s'intègrent avec un vrai bonheur aux développements instrumentaux, nombreux et variés. Les atmosphères sont volages, sachant tour à tour se faire violence ou au contraire prendre de l'altitude.
The Vision Pit est donc dans la parfaite lignée de ses devanciers. Dans la mesure où vous connaissez certainement l'un de ceux-ci, vous voilà renseignés sur la valeur du présent album et donc à même de le juger. Ensuite, tout est bien sûr affaire de goût... Landmarq a néanmoins clairement démontré ici qu'il est un groupe néo-progressif de tout premier plan. Reste maintenant à savoir s'il sera capable de redorer le blason d'un genre musical ayant bien du mal à s'émanciper de Marillion, IQ ou autres Pendragon, et donc de lui offrir une (réelle) seconde jeunesse tant attendue...
Olivier PELLETANT
(chronique parue dans Big Bang n°14 - Hiver 1995-96)

