
PISTES :
1. Strictly Speaking In Geographical
Terms (1:03)
2. From The Ruins Of A Fallen Empire (14:44)
3. Love Through The Winter And Blood In The Spring (11:36)
4. An Emptiness That Cannot Be Filled (6:03)
5. My Home (10:30)
6. Natural Selection (30:00)
(i) Unravelling The Threads Of A Waning Moon - 4:11
(ii) Meridians Of Time - 2:08
(iii) The Theory And Practice Of Hell : Practice - 6:16 / Theory - 2:00
/ & Hell - 9:20
(iv) Awaiting Extinction - 6:05
FORMATION :
Mark Lavallee
(batterie)
Fred Hunter
(claviers, basse)
Francisco Neto
(guitare, guitare synthétiseur)
Jeff McFarland
(chant, guitare acoustique)
LANDS END
"Natural Selection"
États-Unis - 1997
Cyclops - 73:58
La formation californienne Lands End a déjà fait paraître deux albums, Pacific Coast Highway (1994), opus attachant de par ses atmosphères symphoniques, mais entaché d'imperfections techniques, et Terra Serranum (1995), bien plus mature mais manquant d'homogénéité. On mettra de côté An Older Land (1996), compilation d'anciens morceaux inédits, d'inégale valeur. Pour l'historique du groupe, nous vous invitons à vous reporter à l'article du numéro 16 de Big Bang. Natural Selection se démarque immédiatement de ses prédécesseurs par la nouvelle présentation du livret : les illustrations pastel, qui collent si bien à la joliesse des premiers albums, ont maintenant fait place à une image et une typographie plus au goût du jour, mais ce choix (discutable) n'implique en rien une évolution trop moderniste de l'art de Lands End, ce qui est plutôt une bonne chose.
La presque heure-et-quart de Natural Selection est d'un seul tenant, les six morceaux étant enchaînés, avec toujours la présence de nombreuses longues suites (15, 12, 10 et 30 minutes). Mais cette facilité manifeste que possède le groupe à écrire sans retenue, comme l'illustrait jusque dans l'excès Terra Serranum, est ici mieux canalisée, même si l'on évite pas quelques longueurs (l'introduction de la suite titre, par exemple). Chaque pièce a sa couleur propre; bien sûr, le style Lands End est facilement reconnaissable grâce à l'équilibre entre parties vocales et instrumentales, et surtout par les registres étonnamment semblables de la voix de Jeff McFarland et des claviers de Fred Hunter.
L'évolution de ce troisième album studio est remarquable dans les domaines de la composition et du mixage : l'écriture des morceaux est enfin domestiquée et suit une ligne directrice (il ne s'agit plus de collage de thèmes plaisants), le son a pris de l'ampleur et l'élément rythmique est enfin mixé moins en avant, au bénéfice de la guitare de Francisco Neto. Celui-ci a un phrasé limpide et haut-perché sans évidemment être acide, à la manière d'un Andy Latimer par exemple.
Cependant, cet instrument sera à l'origine de la seule «tâche» de cet album sur «My Home». En effet, l'emploi sur ce cinquième morceau d'une guitare rythmique très funky, puis un solo par trop longuet de la guitare électrique n'est pas fait pour flatter nos oreilles. Mais cela ne doit pas nous faire oublier les nombreuses réussites de cet album, que sont le symphonisme subtil de «From The Ruins Of A Fallen Empire», l'habile usage de séquenceurs sur «Love Through The Winter...», ou l'utilisation surprenante de percussions style congas dans un contexte progressif, sur le morceau phare, dont une partie («Practice») est chantée en allemand !
Avec Natural Selection, Lands End n'a pas encore réalisé son chef-d'œuvre, mais un nouveau pas a été fait dans la bonne direction. On pourra reprocher aux californiens d'avancer à pas feutrés et de rester en deçà de ce dont on les croit capables à terme. C'est la version exigeante. On peut aussi décider de se contenter, pour l'heure, ce que Lands End veut bien nous donner, ce qui est déjà beaucoup...
Jacques TONI et Christian AUPETIT
(chronique parue dans Big Bang n°23 - Novembre/Décembre 1997)

