
PISTES :
1. Sleep Until You Wake (7:11)
2. Choosing A Farmer (Part 1) (8:10)
3. On Stephen's Castle Down (2:27)
4. Shafts Of Light (2:52)
5. Childhood's End (5:51)
6. Frost & Fire (6:27)
7. Of Tide & Change (8:56)
8. From The Sublime (6:38)
9. Choosing A Farmer (Part 2) (5:32)
FORMATION :
Martin Orford
(claviers, piano, flûte, chant)
Mike Holmes
(basse, claviers)
Paul Cook
(batterie)
INVITÉ
Tony Wright
(saxophone [5])
THE LENS
"A World In Your Eye"
Royaume-Uni - 1978-2001
Giant Electric Pea - 54:40
Peut-être ne le savez-vous pas, mais IQ ne fut que la seconde incarnation de la collaboration entre Mike Holmes et Martin Orford. The Lens fut en effet, dès 1977, la première formation qui vit la réunion des deux compères, après moult changements de musiciens et la figuration d'un certain Peter Nicholls, alors réduit à un rôle subalterne (un peu flou d'ailleurs) consistant apparemment à introduire les morceaux lors des concerts à base d'anecdotes et d'histoires de son cru... Vingt-cinq ans plus tard, les deux hommes ont décidé de sortir de leur sarcophage certaines des compositions de l'époque, mais en les dépoussiérant totalement puisqu'elles ont été ré-enregistrées l'année dernière, avec l'aide de Paul Cook (batterie) et de Tony Wright (saxophone)...
Et bien leur en a pris, puisque les neuf morceaux en question (de 3 à 9 minutes) s'avèrent passionnants. Passée en effet la première écoute, faussée par la recherche quasi mécanique de liens avec la musique qu'IQ proposa par la suite, la lumière se fait sur les grandes qualités de A World In Your Eye. Ce dernier offre en fait un propos qui n'a que peu à voir avec le néo-progressif cher habituellement à nos Anglais, oeuvrant dans un contexte bien plus 'seventies'. Mike Holmes (qui tient ici également la basse) et Martin Orford ont clairement décidé de rester fidèles aux compositions originelles. Le fait que celles-ci soient totalement instrumentales (à l'exception du terne "Childhood's End", assurément le moins bon morceau de l'album) participe d'ailleurs à l'effet de surprise. L'absence de Peter Nicholls, empreinte emblématique de l'art d'IQ, s'avère bel et bien frappante, et permet d'apprécier pleinement le talent d'instrumentistes et de compositeurs des deux auteurs de A World In Your Eye.
Ainsi, The Lens, plus que comme une simple variante d'IQ, est à appréhender comme une formation à part entière. Car son propos mérite bel et bien d'être apprécié pour lui-même, et non seulement pour la réputation et les états de service de ses célèbres concepteurs...
Olivier PELLETANT
(chronique parue dans Big Bang n°43 - Mars 2002)

