
PISTES :
1. Lost In Years
2. Dance Of Puppets
3. Fiore Di Luna
4. Running Child
5. Rapids To The Distant Sea
6. Il Giardini Di Zoe
7. Ultimo Miraggio
8. Persa Nel Tempo
FORMATION :
Daniele Agostinelli
(claviers)
Luca Cleri
(guitare)
Alessandro Di Benedetti
(piano, synthétiseurs)
Stefano Fabiani
(batterie)
Daniele Vitalone
(basse)
MAD CRAYON
"Ultimo Miraggio"
Italie - 1995
Cygnus Records - 53:54
L'Italie est en passe de redevenir le fleuron du rock progressif mondial, tant les formations de qualité abondent de toutes parts. A n'en pas douter, le passé prestigieux de ce pays a laissé des traces que les jeunes musiciens d'aujourd'hui suivent avec ferveur.
Mad Crayon, qui nous propose aujourd'hui un premier CD à la pochette signée Walter MacMazzieri (ancien illustrateur de Le Orme), n'est pourtant pas tout à fait un nouveau venu. Formé à Rome en 1987 par le noyau d'Alessandro De Benedetti (chant et claviers), Daniele Agostinelli (claviers) et Stefano Fabiani (batterie), et complété en 1991 par Luca Cleri (guitares) et Daniele Vitalone (basse), ce groupe est déjà l'auteur de deux démos : Mad Crayon (1992) et Far From The Clouds (Someone Wants To Play) (1993), dont quatre des cinq morceaux sont repris sur Ultimo Miraggio.
Affichant des influences diverses (Yes, Emerson Lake & Palmer, Traffic et l'Ecole de Canterbury), Mad Crayon nous propose huit titres assez contrastés, dont le style et l'instrumentation (donc le son) oscillent entre passé (esprit typiquement 'seventies') et présent (utilisation moderne des synthétiseurs), évoquant au passage P.F.M. (le refrain de "Lost In Years"), le Genesis du début des années 70 ("I Giardini Di Zoe"), et même ses compatriotes de Finisterre ("Rapids To The Distant Sea"), ces différentes tendances pouvant être réunies au sein d'une même composition. A noter que le chant en anglais, largement majoritaire sur Far From The Clouds, ne l'est plus : quatre des huit morceaux (de 3:27 à 9:12) ont des textes en italien (je persiste à croire que dans sa langue natale, le chant est plus authentique et chaleureux) et un autre est instrumental - "Running Child" (7:00), avec ses clins-d'oeil sympathiques à Bach et Mozart.
La principale qualité de Mad Crayon est d'avoir su composer avec tous ses ingrédients (métaphore culinaire qui sied à un groupe italien !) selon des doses savamment pensées : parties chantées (souvent très belles comme sur "Ultimo Miraggio", doublée au féminin) contrebalancées par des envolées instrumentales lyriques ou plus syncopées, cassures de rythme, changements de thèmes... bref, tout ce qui fait l'intérêt et l'attrait de notre style musical favori (ou presque...) est dans cet album !
Je ne crierai pas pour autant au chef-d'œuvre, car Ultimo Miraggio n'est pas exempt de défauts : quelques références sont un peu trop marquées, certains titres souffrent d'un certain manque d'ampleur, et plusieurs breaks rappellent du "déjà-entendu" !
Mais quelque part, c'est tant mieux : la marge de progression de Mad Crayon est d'autant plus grande, et je ne doute absolument pas de sa capacité à produire un second album qui réponde encore plus que celui-ci à mes attentes. Un peu plus de maturité, alliée à une exploitation optimale des thèmes développés, devraient permettre au quintette romain d'y parvenir.
Allez ! Je prends le pari que, d'ici un an ou deux, mon espoir sera comblé ! En attendant, je vous invite fortement à écouter ce disque, car il s'agit sans aucun doute de l'un des grands espoirs de l'année...
Christian AUPETIT
(chronique parue dans Big Bang n°12 - Juillet-Août 1995)

