
PISTES :
CD 1 :
1. Children Of The Sun (19:00)
a. Spirit Of The Land (4:22)
b. The Journey (4:34)
c. The Battle (5:02)
d. Thanksgiving (5:18)
2. Opus 1 (0:51)
3. The White Witch (20:23)
a. Overture (0:41)
b. The White Witch (6:27)
c. The Plague (4:17)
d. Reflection (4:53)
e. The Spell (4:37)
CD 2 :
1. Man The Machine (24:56)
a. Man The Machine (1:11)
b. War (5:34)
c. Remembrance (5:00)
d. The Watchers (3:53)
e. Lightspeed (4:08)
f. First Contact (4:54)
2. Opus 2 (1:16)
3. Genetesis (21:48)
a. The New Age (4:49)
b. Renewed Purpose (4:45)
c. A New Life (5:01)
d. The Search For Faith (5:23)
e. The Creed (2:08)
4. The Warning (7:17)
FORMATION :
Robert Reed
(chant, basse, claviers, guitares, tambourin)
Christina
(chant)
Tim Robinson
(batterie)
Chris Fry
(guitare ["The White Witch" 3-5, "The Warning"])
Martin Shellard
(guitare ["Genetesis"])
Andy Edwards
(guitare ["The White Witch" 2])
Tim Short
(percussions)
Steve Reed
(paroles et concept)
MAGENTA
"Revolutions"
Royaume-Uni - 2001
F2 Records - 41:11 / 55:35
Sûr que tout guide d'achat œnologique mettrait 4 étoiles à ce cru savoureux, un petit 95 sur un guide Parker, ou quelconque médaille d'or à la «foire au prog» de Paris 2001 ! Il faut dire que ce coup-là, Robert Reed a fait fort, plus encore qu'avec The Fyreworks où il mêlait déjà progressif 'seventies' (Genesis, Vdgg...) et néo-progressif (Arena...).
Le leader de Cyan a composé pour Magenta une ode au progressif des années 70, sans se soucier du «qu'en dira-t-on», assumant pleinement sa démarche. Les clins d'œil aux groupes phares sont nombreux et l'on prend plaisir à discerner tantôt du Yes, tantôt du Marillion (époque 'Fish'), tantôt du Supertramp... Rien d'étonnant donc à lire dans le livret que notre homme voue un culte sans borne à ses maîtres; c'est même en s'en inspirant judicieusement qu'il parvient à leur rendre hommage. Car pour lui, le progressif possède un caractère intemporel, et il le prouve en enfantant un double album vraiment très réussi, nanti d'un chant féminin des plus agréables.
Les morceaux sont assez longs, à commencer par le premier, «Children Of The Sun» qui s'avérera après plusieurs écoutes comme le seul point faible de l'album (ceci étant, vous le constaterez sans doute par vous-même, très relatif !). Car «The White Witch» qui suit est un merveilleux condensé de Marillion, de Genesis et d'Oldfield (dont on percevait déjà le style dans Cyan). Le second CD offre plus d'homogénéité avec 3 titres tous superbes. Le premier, «Man The Machine» (25 minutes) revisite le vieux Genesis tout en arborant des sonorités bien plus modernes et un jeu de guitare à placer entre Hackett et Oldfield. Les claviers luxuriants offrent des sons plus actuels que surannés, en tout cas comparés à ceux très 'seventies' des Flower Kings, TransAtlantic ou Spock's Beard. Les envolées seront donc plus proches d'un Mark Kelly par exemple (ce qui est surtout marquant dans la partie centrale du morceau). L'autre longue pièce, «Genetesis» (22 minutes), est une apothéose yessienne. Les guitares résonnent comme celles de Steve Howe, la basse gronde à la façon de Squire et les claviers se confondent avec l'orgue de Wakeman dans «Awaken» (en moins authentique, je le concède). Enfin, Revolutions se clôt avec un morceau de 7 minutes, là encore inspiré et à situer dans la mouvance néo-progressive avec un ultime solo de guitare absolument jouissif !
Finalement, Magenta pose la question fondamentale du rock progressif tel qu'il existe aujourd'hui. Car ni ces anglais, ni les suédois d'Änglagård ou des Flower Kings, ni les américains de Spock's Beard, ni le cosmopolite TransAtlantic n'inventent ou ne «progressent». Le rock progressif fait ici sa révolution, mais non pas dans le sens de la révolte, de la cassure ou du changement, mais bien dans celui du cycle, avec l'idée que l'histoire est un éternel recommencement. Magenta fait ainsi le tour du progressif. Et il y a du bonheur à écouter sa musique. C'est tout ce qui m'importe.
Octave GARDENNE
(chronique parue dans Big Bang n°41 - Octobre 2001)

