
PISTES :
1. Echo Absolute (1:45)
Werewolf Suite :
2. Cosmotraffic Jam (9:49)
3. Call Me Alias (7:14)
4. Lycanthroparty (5:24)
5. Hum/Animal Song (2:51)
6. The Boy That Howls At The Moon (13:36)
7. The Mask (11:43)
8. The Transparent And The Obscure (9:57)
FORMATION :
Gigi Cavalli Cocchi
(batterie, percussions, chœurs)
Enzo Cattini
(claviers)
Mirco Consolini
(guitares électrique et acoustique)
Ricardo Scavetti
(basse)
Bernardo Lanzetti
(chant)
INVITÉS
David Jackson
(saxophone [6,7])
Andrea Fornili
(guitare [2])
Nicola Milazzo
(guitare [3,6,7])
Alessandra Rossi
(chœurs [8])
MANGALA VALLIS
"Lycanthrope"
Italie - 2005
Ma.Ra.Cash Records - 64:58
Après Conqueror et, à présent, Mangala Vallis, le nouveau label italien Ma.Ra.Cash. Records (émanation du défunt Kaliphonia) a peu de chance à l'avenir de publier coup sur coup un duo de nouveautés aussi exceptionnel. Si le second opus de Conqueror s'avère avant tout une surprise, excellente et inespérée, celui de Mangala Vallis était pour le moins attendu avec ferveur et impatience. Il faut dire que The Book Of Dreams, sorti il y a 4 ans, avait fait grand bruit dans le Landerneau progressif, plaçant son auteur parmi les leaders de notre mouvement.
Autant couper court à tout suspense, Lycanthrope s'inscrit dans la continuité de son prédécesseur, offrant ainsi des morceaux relativement longs, des ambiances toujours inspirées du Genesis première période et cette touche de modernité qui évoque parfois l'univers d'un Spock's Beard. En fait, la différence principale avec The Book Of Dreams se situe au niveau du chant; cette fois-ci, Mangala Vallis n'a gardé qu'un chanteur et quel chanteur ! Ni plus ni moins que Bernardo Lanzetti qui, faut-il le rappeler, a officié il fut un temps au sein de PFM et de Acqua Fragile. Sa voix légèrement chevrotante, donne une tonalité très théâtrale à la musique du groupe et évoque parfois celle de David Surkamp (Pavloy's Dog) ou encore de Roger Chapman (Family). Et si quelque uns d'entre vous ne sont pas sensibles à cette voix et à ce chant particuliers, qu'ils se rassurent car Mangala Vallis a bien d'autres atouts (de taille !), notamment une solide base rythmique ainsi qu'un formidable talent mélodique.
Lycanthrope est composé de huit morceaux dont une suite de pratiquement 25 minutes. Impossible pour moi de ne pas vous décrire ces titres à la chaîne, même si la chose est très mal vue par le rédac' chef... Après une courte introduction instrumentale constituée de divers bruits mécaniques, «Cosmotrafficjam» ouvre le bal de manière plutôt dynamique (guitare syncopée et son de clavier analogique), rappelant une fois encore que les italiens sont à compter parmi les plus talentueux héritiers de Genesis, aussi, on ne peut s'empêcher de penser à The Watch quand le refrain arrive. Le morceau se termine sur une belle mélodie au piano qui permet de faire redescendre un peu la pression. «Call Me Alias» est une ballade évolutive magnifiée par le chant de Bernardo Lanzetti et dont le point culminant est atteint vers les 6 minutes, quand la mélodie vocale prend son envol pour un court moment mélodique absolument magnifique. Pour ma part, il s'agit d'une des grandes réussites de l'album. «Lycanthroparty» reprend les choses là où «Cosmostrafficjam» les avait laissées, un morceau enlevé aux accents 70's servi par un excellent refrain et qui s'enchaîne avec «Hum/Animal Song», plus anecdotique et dispensable, par sa courte durée (2:51) et son chant un peu trop maniéré. Ainsi se termine «Werewolf Suite» qui devrait devenir sans problème un classique du groupe.
L'album continue avec «The Boy That Howls At The Moon», plus long et toujours aussi inspiré. Les claviers «vintage» nous renvoient vers Glass Hammer lors de certains passages instrumentaux et l'on pense également à Pink Floyd lorsque les chœurs font leur apparition au final, mais ce mélange particulier ne doit sa réussite qu'au talent mélodique de Mangala Vallis. «The Mask» contient la plus belle progression instrumentale de l'album, un morceau symphonique et varié. Enfin, «The Transparent And The Obscure» clôture dignement l'album par son mélange réussi du Floyd de la grande époque et du progressif italien que le chant de Bernardo Lanzetti ne cesse de nous rappeler.
Mangala Vallis passe donc sans problème le cap du deuxième album, on s'en serait douté. Hormis une pochette, certes censée illustrer le concept de l'album (les loups-garous !!!), mais franchement ratée, Lycanthrope apparaît très clairement, sans révolutionner le genre mais en le drapant de ses plus beaux apparats, comme une réussite majeure du progressif symphonique actuel. Nous n'en attendions certes pas moins d'un groupe qui avait fait une si forte impression avec son premier album, mais encore fallait-il le confirmer...
Antoine CAVALIER
(chronique parue dans Big Bang n°60 - Décembre 2005)

