
PISTES :
1. Facing The Sunset (13:53)
2. I Fear The Day (10:12)
3. There Must Be Another Way (12:31)
4. Hidden Dreams (20:58)
FORMATION :
Roland van der Horst
(guitare, chant)
Chris Jonker
(claviers)
Joost Hagemeijer
(batterie, chant)
Pieter Drost
(basse)
EXTRAITS AUDIO :
MANGROVE
"Facing The Sunset"
Pays-Bas - 2005
Mangrovian Music - 57:37
Venue des Pays-Bas, voici donc une formation à la composition traditionnelle : Roland van der Horst à la guitare et au chant, Joost Hagemeijer à la batterie et au chant, Pieter Drost à la basse et Chris Jonker aux claviers. Cet album (le deuxième, après Touch Wood, paru en 2004) se subdivise en quatre compositions de dix à vingt-et-une minutes; autant dire qu'on se situe là dans un certain classicisme progressif. Et ce n'est pas l'écoute qui contredira ce constat. Malgré un début du long morceau éponyme relativement rythmé (batterie dynamique et clavier moteur), proche du néo-prog d'un IQ, la suite se fait plus apaisée, à base de nappes de claviers solennelles, de mellotron et de piano. La mélodie diffuse une indéniable mélancolie, renforcée par la voix relativement éthérée du chanteur, proche de Chris Rainbow, avant que la guitare électrique n'intervienne tout en douceur d'abord, puis pour un bref solo lyrique tirant vers les aigus. On pense à Camel, mais aussi aux Scandinaves de Grand Stand (voir les n°28 et 44 de Big Bang), tant le nom de Genesis ne peut que venir à l'esprit de tout bon prog-maniac.
Les autres compositions font preuve de la même sensibilité. «I Fear The Day», qui débute avec piano et chant, est tout aussi paisible, la guitare électrique n'étant pas sans entretenir un lien de parenté avec celle de Steve Hackett; la séquence instrumentale qui s'ensuit, dominée par le mellotron, est tout aussi marquée. Cependant, si ces deux morceaux semblent un tantinet trop longs, il n'en est rien du troisième, l'instrumental de douze minutes «There Must Be Another Way». Le tempo est plus soutenu, la guitare plus énergique (avec un soupçon de King Crimson), et le piano puis le moog lancent une mélodie efficace et magnétique, non dénuée d'une certaine urgence. Suivent un agréable interlude acoustique et un passage mi planant, mi grave, où la guitare délivre des larmes sonores, avant le final qui renoue avec le début. Il s'agit là sans aucun doute du climax de Facing The Sunset.
«Hidden Dreams», qui conclut les festivités, avec sa vingtaine de minutes, fait également preuve d'une énergie probante, les quelques éclairs de clavier ou de guitare se combinant avec des chœurs très «yessiens». Malgré ses atouts (dont une séquence instrumentale brillante, située aux trois quarts de la composition, et un joli solo de guitare en conclusion qui ne fait que devenir de plus en plus éclatant) et ses rebondissements (limités), cette suite ne parvient pas à égaler le pouvoir mélodique de «There Must Be Another Way», faisant parfois trop penser à un décalque incomplet de Genesis. Un opus qui n'a donc rien de spécialement original, mais qui décline avec talent une certaine poésie musicale, que d'aucun pourront trouver répétitive, voire parfois soporifique, et d'autres toujours magique...
Jean-Guillaume LANUQUE
(chronique parue dans Big Bang n°61 - Avril 2006)


