
PISTES :
CD 1 :
1. Bridge (2:52)
2. Living With The Big Lie (6:46)
3. Run Away (4:40)
4. G0odbye To All That (12:26)
5. Hard As Love (6:41)
6. The Hollow Man (4:08)
7. Alone Again Into The Lap Of Luxury (8:12)
8. Paper Lies (5:49)
9. Brave (7:54)
10. The Great Escape (6:29)
11. Made Again (5:01)
CD 2 :
1. The Great Escape (5:18)
2. Marouette Jam (Single) (9:44)
3. The Hollow Man (Acoustic) (4:10)
4. Winter Trees (single) (1:47)
5. Alone Again In The Lap Of Luxury (Acoustic) (2:43)
6. Run Away (Acoustic) (4:27)
7. Hard As Love (Instrumental) (6:48)
8. Living With The Big Lie (Demo) (5:12)
9. Alone Again In The Lap Of Luxury (Demo) (3:17)
10. Dream Sequence (Demo) (2:36)
11. The Great Escape (Spiral Remake) (4:39)
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PISTES :
CD 1 :
1. Gazpacho (7:28)
2. Cannibal Surf Babe (5:46)
3. Beautiful (5:13)
4. Afraid Of Sunrise (5:02)
5. Out Of This World (7:55)
6. Afraid Of Sunlight (6:50)
7. Beyond You (6:11)
8. King (7:04)
CD 2 :
1. Icon (Single) (6:04)
2. Live Forever (Single) (4:34)
3. Second Chance (a.k.a. Beautiful) (Mix) (5:14)
4. Beyond You (Demo) (5:17)
5. Cannibal Surf Babe (Studio Out- take) (5:59)
6. Out Of This Workd (Studio Out- take) (7:27)
7. Bass Frenzy (Unreleased) (1:17)
8. Mirages (Demo) (6:02)
9. Afraid Of Sunlight (Acoustic Demo) (6:51)
10. Sympathy (For The Road) (Alter- nate Mix) (3:41) (Hidden Track)
FORMATION :
Steve Hogarth
(chant, claviers, percussions)
Mark Kelly
(claviers)
Ian Mosley
(batterie)
Steve Rothery
(guitares)
Pete Trewavas
(basse)
MARILLION
"Brave" - Version Remasterisée
Royaume-Uni - 1994/98 - EMI - 71:10 / 78:33
"Afraid Of Sunlight" - Version Remasterisée
1995/99 - EMI - 50:58 / 48:49
Entreprise sous la direction de Lucy Jordache, jeune assistante-chef de produit chez EMI et accessoirement fan du groupe, la remasterisation de tous les albums de Marillion parus sur le label - augmentée chaque fois, on le sait, d'un CD de raretés et d'inédits - est maintenant quasi achevée.
Longtemps retardée, la réédition de Brave était très attendue de tous ceux pour qui cet album a constitué un événement dans leur vie de mélomanes, ou dans leur vie tout court. Sans réserver de réelles surprises (il ne contient qu'un seul véritable inédit), le Bonus CD répond largement aux attentes. Étrangement, il commence si l'on peut dire par la fin, avec la version orchestrale de «The Great Escape», qui servait de conclusion à la vidéo «Brave - The Movie». Non signé (mais tout porte à croire que les arrangements sont l'œuvre de Darryl Way, ex-Curved Air, qui intervenait déjà sur l'album), ce morceau est une somptueuse pièce orchestrale où les thèmes mélodiques ne sont pas repris tels quels, mais adaptés et transfigurés. Il ne s'agit donc pas d'une véritable nouveauté. Il figurait par ailleurs sur la face B du single «Hollow Man», tout comme «Marouatte Jam» (impro furieuse sur les thèmes de «Goodbye to All That») et «Winter Trees» (un gracieux et mélancolique instrumental à la manière de Clannad). On mentionnera particulièrement trois merveilles rarissimes - les versions acoustiques de «The Big Lie», «Hollow Man» et «Alone Again...», diffusées en promo par EMI France en 1994.
Le seul véritable inédit a pour titre «Dream Sequence», un court morceau atmosphérique exhumé au Racket Club avec trois autres démos inexploitées, qui n'ont d'autre intérêt que de présenter l'œuvre en cours d'élaboration (mais pour cela, on disposait déjà du double CD The Making of Brave, compilation d'ébauches et de chutes de studio). On y voit s'opérer sur le vif la métamorphose de H, dont la voix, jusqu'ici bridée, contenue, contrainte, se libère et va donner dès lors toute la mesure de ses possibilités.
Les circonstances dans lesquelles l'enregistrement a été réalisé - un long accouchement - ont certainement compté pour beaucoup. Le livret somptueux, qui contient notamment le témoignage du producteur Dave Meegan (habitué jusque-là à produire des groupes de pop indie...), est à cet égard très instructif : on y trouvera le récit de l'arrivée au château de Marouatte, propriété de Miles Copeland, en Dordogne, «perché sur un éperon rocheux, et se détachant sur la lune comme dans un film d'horreur» (là même où, il y a peu, Fish a trouvé une seconde jeunesse - décidément ! - en composant une bonne partie de l'excellent Raingods with Zippos); on y apprendra comment l'ingénieur du son a enregistré le silence et les bruits nocturnes dans une grotte souterraine ou dans les escaliers en colimaçon du château «pour traquer les fantômes» - bruitages que l'on retrouve sur l'album et auxquels la version remasterisée donne tout leur relief... Tous ces ingrédients s'additionneront pour donner à Brave son atmosphère si particulière. «A écouter le son monté à fond, dans le noir».
On retrouve sur le CD bonus d'Afraid of Sunlight à peu près le même dosage de raretés (faces B), de démos et d'inédits, mais il s'agit probablement, pour les non-initiés, du disque le plus riche en matériaux nouveaux de toute la série : «Icon» (dont on retrouve les flûtes à la fin de «Cannibal...») et «Live Forever», deux morceaux encore bruts issus de jams «psychédéliques», qui figuraient sur le single «Beautiful», et deux inédits complets, saisis en cours d'élaboration, «Bass Frenzy» (un fragment assez anecdotique au demeurant) et «Mirages», un morceau très syncopé, assorti d'un solo Rotherien en diable, hélas trop court, qu'H n'exclut pas de retravailler un jour. Au chapitre des versions alternatives, on retiendra surtout une version stéréo de «Beyond You» (celle de l'album avait été mixée en mono pour obtenir un son 'à la Phil Spector'), avec une section rythmique très en avant et, là encore, un solo très lyrique de S.R., et un «Afraid of Sunlight» chanté et siffloté au piano seul par H - un moment d'une rare intensité reconstitué de toutes pièces par L. Jordache à partir d'une cassette de 25 minutes.
Une fois de plus, tous ces brouillons et ébauches (et le livret qui les accompagne) permettent de comprendre la genèse de l'œuvre - et confirment ce que l'on savait déjà : loin de constituer une collection de chansons pop bâclées pour honorer une dernière fois leur contrat avec EMI, comme on a pu souvent le lire, il s'agit là de l'album le plus abouti et le plus personnel de Marillion - authentiquement progressif par son lyrisme, et la palette d'atmosphères qu'il offre. Alors qu'il est facile de trouver des ascendances à Brave ou aux derniers opus (qui ressemblent presque, en forçant le trait, à des catalogues de pastiches), Afraid of Sunlight paraît sortir de nulle part, et ne renvoie à rien de connu. «Je pense que c'est le meilleur disque que nous ayons jamais réalisé», précise Hogarth en conclusion du livret.
Philippe BABO
(chronique parue dans Big Bang n°31 - Juillet 1999)

