BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques


PISTES :

1. Costa Del Slough (1:27)
2. Under The Sun (4:13)
3. The Answering Machine (3:48)
4. Three Minute Boy (5:59)
5. Now She'll Never Know (4:59)
6. These Chains (4:49)
7. Born To Run (5:12)
8. Cathedral Wall (7:19)
9. A Few Words For The Dead (10:31)

FORMATION :

Steve Hogarth

(chant, claviers, percussions)

Mark Kelly

(claviers)

Ian Mosley

(batterie)

Steve Rothery

(guitares)

Pete Trewavas

(basse)

MARILLION

"Radiation"

Royaume-Uni - 1998

Castle - 48:14

 

 

Dans l'esprit de la plupart des fans de Marillion, il y avait Holidays In Eden. Il y aura dorénavant également Radiation... Cette formule, simpliste au possible mais volontairement inquiétante, n'a d'autre but que de vous faire prendre conscience des contre-pieds que nous fait subir le groupe anglais à chaque parution d'album. Car, soyons francs, la comparaison initiale n'est absolument pas d'ordre musical, au contraire. Elle vise simplement à éclairer cette volonté de changement perpétuel qui semble habiter les musiciens de Marillion et qui prend donc avec les deux albums en question une forme quelque peu excessive. Ainsi, quand Holidays In Eden venait rompre totalement l'élan progressif de son prédécesseur par quelques sombres velléités commerciales, Radiation suit, dans une démarche tout aussi surprenante, la route opposée en offrant une musique bien plus difficile d'accès et finalement bien peu en adéquation avec celle de This Strange Engine... Si Marillion est une machine à faire rêver, elle en est assurément une autre, à surprendre celle-ci...

En voilà une introduction bien peu engageante. Car que contient finalement ce nouvel album ? Le ton est donné dès le premier titre, «Costa Del Slough» (1:27), pièce loufoque où une entame apocalyptique introduit une petite ritournelle vocale enregistrée sur un walkman... Cette ambiance inquiétante, bien qu'amenée à être ponctuellement brisée au fil de l'album, va constituer le fil conducteur des différentes compositions. Marillion nous plonge ainsi immédiatement au cœur d'une nuit qu'il ne nous fera vraiment quitter qu'au crépuscule de son propos, près de 50 minutes plus tard. Et même si le deuxième morceau, l'un des plus enjoués de tous («Under The Sun»), peut sembler contredire cette impression initiale par son refrain accrocheur et ses digressions instrumentales ébouriffantes, le constat ne sera plus vraiment mis à mal par la suite... L'auditeur est ainsi constamment sur le qui-vive, se muant au sein de ces sombres atmosphères avec un vague sentiment d'insécurité et de sombre nostalgie...

Cette impression est renforcée par un registre dynamique des plus amples, qui fait cohabiter des séquences intimistes à peine audibles et d'autres au plus haut point rock : le morceau «Cathedral Wall», le meilleur de l'album peut-être, en est la parfaite illustration... La volonté de Marillion de marier d'ailleurs ce genre de contrastes évoque immanquablement l'approche artistique d'un Radiohead. Ce dernier a ainsi connu récemment un grand succès commercial en proposant une musique pop sophistiquée, nourrie de l'opposition entre parties chantées conventionnelles et rugissements instrumentaux assez vigoureux. Radiation s'inscrit indéniablement dans cette démarche, qui reflète parfaitement (d'un point de vue sonore) la décennie dans laquelle nous vivons. Forcément, la musique s'est départie de l'habillage progressif qu'elle arborait il y a peu encore, et dont la suite-titre de This Strange Engine était l'une des plus brillantes concrétisations.

La principale surprise de ce nouvel album réside ainsi dans la mutation du jeu de Steve Rothery. Envolées les envolées lyriques, finis les chorus déchirant notre sensibilité, place dorénavant à des interventions rock plus convenues... Le guitariste a donc modifié sa personnalité sonore, évacuant dans ce choix le lien entre Radiation et l'ensemble de ses prédécesseurs. Car cet aspect avait représenté jusqu'alors un indéniable repère dans une carrière versatile, comme nous le précisions en introduction... Ainsi, nul doute que les sentiments (donc les réactions) les plus contradictoires vont naître de l'écoute de cet album...

En tant que représentant d'un magazine spécialisé dans les musiques progressives, et donc par rapport aux préférences qui sont les nôtres, il est naturel de ne pas plébisciter totalement cette évolution. Néanmoins, il faut reconnaître à Marillion un courage certain, non pas d'avoir délaissé (provisoirement ?) le style qui nous est cher, mais d'avoir suivi la route la plus escarpée que la pop offre. Car, il faut absolument le noter, Radiation n'est pas une œuvre commerciale à proprement parler, et c'est en ceci qu'elle se différencie fondamentalement de Holidays In Eden...

Le travail sur les ambiances, menaçantes comme le ciel orageux d'une soirée estivale peut l'être, est ainsi remarquable. Mark Kelly a délaissé ses traditionnelles nappes symphoniques au profit de séquences enfiévrées lors desquelles on retrouve notamment un moog aux sonorités stridentes s'en donner à coeur joie. La complicité entre Hogarth (fidèle à lui même, tant dans son indéniable et formidable capacité d'adaptation que dans son maniérisme vocal) et le claviériste est ainsi avérée tout au long de l'album, cette impression étant renforcée par le fait que Rothery passe dorénavant un peu plus inaperçu. Un faire-valoir de luxe, en quelque sorte...

Les 9 compositions (de 1:27 à 10:32) de Radiation ressemblent ainsi à un laboratoire d'expérimentations en tous genres qui aboutit à une musique de bonne facture, mais dont la radicalité empêchera certainement tout consensus. Et pas seulement au sein de notre microcosme. Quant au titre bluesy, «Born To Run», il finira de créer le doute chez tout ceux qui avaient connu Marillion moins volage dans les styles visités...

Marillion a donc emprunté une nouvelle voie, rompant avec certaines de ses racines les plus profondes. La musique créée, espèce de pop-prog sophistiquée, reflète à présent au plus près les valeurs de notre société, et s'avère donc globalement ténébreuse et morne... Quant à l'avenir, nul ne sait, y compris le groupe certainement, de quoi il sera fait. Le dernier et plus long titre de Radiation apporte peut-être cependant un début de réponse. «A Few Words For The Dead», après une longue introduction assez minimaliste de plus de 6 minutes (mêlant chant, percussions et sitar), développe un thème vraiment (et enfin) enjoué : la lumière après l'obscurité. Un peu à la manière du film «Blade Runner» de Ridley Scott, cette soudaine et finale luminosité peut, pourquoi pas, représenter tout à la fois l'importance de la solidarité humaine, et donc l'espoir d'une société plus juste que cela devrait engendrer...

A chacun d'imaginer finalement le message contenu dans cette conclusion positive, et d'en tirer d'éventuelles enseignements quant à l'avenir artistique de Marillion...

Olivier PELLETANT

Entretien avec Steve HOGARTH :


Radiation est un album très surprenant, même si Marillion s'est fait une habitude de nous étonner à chaque fois... Comment est venue l'idée d'une rupture aussi radicale, et qui dans le groupe en est particulièrement responsable ?

Tout le monde nous dit effectivement que c'est un changement radical. Nous voulions vraiment que Radiation soit différent des albums précédents, ça c'est clair. Steve Rothery s'est mis en quête d'un son de guitare nouveau, et nous avons banni de l'album le delay digital et le chorus car ce sont des effets qu'il utilise depuis des années. Il a utilisé un ampli différent (un «Trio») sur la majeure partie de l'album. Nous avons emprunté deux guitares à mon copain Dave Gregory - une Gretch et une vieille Meteor -, des guitares électriques à caisse creuse qui sont particulièrement en évidence sur le morceau «Cathedral Wall». Quant à Mark Kelly, il écoute pas mal de choses actuelles, comme Radiohead, Long Pigs ou Catherine Wheel, et je crois que lui aussi voulait changer son approche des claviers. Il a complètement abandonné les nappes synthétiques. Il a beaucoup utilisé le synthé Roland JP8000. J'aime beaucoup ce que Mark a fait sur cet album - c'est lui, avec son style et sa folie, mais il y a mis des influences nouvelles, le style des premiers Roxy Music, beaucoup d'orgue avec pédale wah-wah... Pour ma part, du point de vue vocal, j'ai voulu que ce soit assez radical. Le chant sur «Costa Del Slough» est enregistré sur un walkman. Sur «Cathedral Wall», il y a un mélange de chuchotements et de cris, et sur «The Answering Machine» ce son de téléphone... Et pour la première fois, sur «Now She'll Never Know», je chante d'un bout à l'autre en falsetto (voix de fausset).

Sur la pochette, les «io» de Marillion et Radiation peuvent également se lire «10». Est-ce une référence au dixième anniversaire de ton arrivée dans Marillion, ou simplement au fait qu'il s'agit de votre dixième album studio ?

Ça fait seulement référence au nombre d'albums. Nous n'étions absolument pas conscients de la dimension «anniversaire» en composant ou en enregistrant cet album. L'idée de «10» ne nous est venue qu'au moment du mixage.

A propos, pourquoi avoir intitulé l'album Radiation ?

C'est un choix de dernière minute. Généralement, l'idée du titre nous vient avant le mixage. Mon idée de départ était de l'appeler «Intimately Pierced», mais les autres détestaient ça. Parmi les autres idées en concurrence, il y avait «King Hell» et «Dunproggin». Finalement, nous avons décidé de l'appeler simplement «Maril10n». Puis un jour, j'étais chez moi en train d'écouter un mixage de travail de l'album, et dans le morceau «Under The Sun», il y a une phrase qui dit : «nous nous roulons dans les radiations et nous faisons l'amour sous le soleil». Ça m'a fait penser à l'atmosphère générale de l'album et j'ai pensé : «hmm... pourquoi pas Radiation ?». Je l'ai écrit et je me suis rendu compte que c'était très proche de Marillion. Et puis l'amour, c'est comme les radiations - c'est bénéfique à petite dose et très dangereux quand on en abuse. C'est de cela dont parle aussi l'album. J'ai donc soumis l'idée au groupe, mais je dois avouer qu'à ce stade ils auraient sans doute dit oui à n'importe laquelle de mes propositions !

Avec Radiation, on a l'impression que vous avez décidé de vous projeter résolument dans les années 90. C'est vrai surtout au niveau de la production, qui est très actuelle, très moderne. Était-ce voulu ?

Radiation est le premier album dont Stewart Every ait assuré le mixage. Stewart et Erik, notre ami qui tient notre site internet américain, ont tous deux influencé de manière positive l'approche sonore de l'album. Ils ont tous les deux une bonne dizaine d'années de moins que nous, et je pense que ça a certainement joué, même si la plupart des idées 'radicales' sont venues du groupe lui-même. L'arrangement de «The Answering Machine» est toutefois l'idée d'Erik, d'un bout à l'autre.

L'héritage «progressif», au sens traditionnel du terme, de Marillion est en grande partie absent de Radiation. Vous prenez ainsi le risque de vous aliéner une partie de votre public, sans qu'il soit évident que les critiques et le public rock feront plus qu'avant l'effort de dépasser les clichés vous concernant. Es-tu conscient qu'il s'agit peut-être du pari le plus risqué de votre carrière ?

J'ai envie de citer une phrase de l'écrivain américain Helen Keller (1880-1968) : «Éviter le danger n'est, sur le long terme, pas plus sûr que de se montrer au grand jour. Les peureux se font aussi souvent attraper que les téméraires»... Pour moi, la chose la plus risquée que nous ayons jamais faite était Brave. C'est aussi l'album de Marillion dont je suis le plus satisfait. Je ne pense absolument pas à toute cette histoire d'être «progressif» ou pas. Je ne suis pas d'accord avec ce mot, ni avec la façon dont il est utilisé aujourd'hui. Je ne veux rien avoir à faire avec cela. Je ne réfléchis pas en terme de «marché». Comment pourrais-je savoir ce que les gens attendent vraiment de moi ? C'est la dernière chose qui me préoccupe. Il est vital de suivre son instinct, et oublier tout le reste, hormis le plaisir et l'intégrité.

Pour la première fois, tu es l'auteur de tous les textes, sans aucun apport de John Helmer. Est-ce une exception, ou doit-on y voir le signe d'une confiance totale en toi-même ?

En fait, c'est un hasard. John Helmer a écrit des textes pour deux chansons que nous avons enregistrées pour Radiation, mais nous les avons abandonnées à la dernière minute, pour des raisons purement musicales. Donc le fait que je signe tous les textes est un accident. Pour ce qui est de la confiance en moi, je n'ai aucun problème de ce côté là, je suis totalement confiant dans mon talent et mon expérience en tant que parolier. Ce qui se passe, c'est que souvent lorsque nous composons, nous sommes soumis à des échéances complètement folles, et qu'il m'est toujours pratique d'avoir à ma disposition quelqu'un comme John pour me donner un coup de main. La pression à laquelle il faut faire face lorsqu'on a fait de l'écriture sa profession ne va pas vraiment dans le sens du processus créatif. L'inspiration de John est particulièrement positive de ce point de vue.

Comme toujours chez Marillion, tes compositions sont créditées collectivement. Peux-tu néanmoins nous en dire plus sur le travail d'écriture de Radiation ?

D'une manière générale, nous composons en improvisant ensemble en studio, souvent pendant plusieurs semaines. Tout est alors enregistré, et une grande partie de ce que nous faisons finit à la poubelle ! Nous faisons des sortes de compilations des moments les plus intéressants. Ces moments deviennent en quelque sorte les fondations de l'album et nous inspirent naturellement une direction générale. Nos morceaux, qu'ils durent au final trois ou quinze minutes, commencent toujours de la même manière. Ensuite, ils se développent selon leur nature profonde. J'ai un cahier plein de notes, parfois structurées en poèmes, parfois seulement des idées notées en vrac, des observations, etc. J'en extrais les passages qui se marient le mieux avec la musique. Cette étape du processus est totalement de ma responsabilité, que je sois l'auteur des textes ou qu'ils soient de John Helmer. C'est pourquoi ce travail d'écriture me pèse assez lourdement. Ce n'est pas un moment que j'attends avec impatience, car c'est pour moi quelque chose de très ardu et déplaisant, parfois même traumatisant. Toutefois, sur chaque album, il y a généralement une chanson que j'ai écrite seul chez moi et que j'apporte au groupe dans une version finalisée ou presque. «Easter», «No One Can», «Brave» ou «Estonia» sont des exemples, et sur Radiation c'est le cas pour «Three Minute Boy».

L'écoute de Radiation soumet l'auditeur à des contrastes dynamiques extrêmes, à tel point qu'il est difficile de choisir le bon volume auquel l'écouter...

Notre musique a toujours eu un registre dynamique très large. J'aime bien me faufiler discrètement derrière l'auditeur et, quand il s'y attend le moins, hurler soudain «BOUM!» et lui flanquer la trouille de sa vie !

L'impression générale que donnent les textes est celle d'un regard assez négatif et faussement cynique sur le monde qui nous entoure. Faut-il y voir le syndrome «fin de millénaire», cette manière que nous avons tous de craindre l'apocalypse le 31 décembre 1999 ?

Il ne se passera rien avec l'arrivée du nouveau millénaire qui ne serait arrivé autrement, hormis ce problème avec les ordinateurs dont vous avez sans doute entendu parler. En ce qui me concerne, 2000 n'est qu'un nombre et n'a aucune signification, hormis ce symbolisme religieux absurde. Je n'aimerais pas être à votre place, vous les journalistes, quand vos rédacteurs en chef vous demanderont de vous livrer à des élucubrations sur le sens ou le but supposé de ce nouveau millénaire, de décréter que tel nouveau mouvement musical en est la conséquence... Bonne chance, les gars ! Bon, ça va, j'ai été assez cynique ? (rires) En fait, je ne suis pas du tout cynique, j'ai une foi énorme et totale dans la beauté et la magie de ce monde et de tous les gens qui le peuplent. Malheureusement, je pense que le capitalisme est en train de se mordre la queue à mesure qu'il gagne en efficacité, avec les études de marché, le développement de nouveaux produits, la façon dont il manipule les gens... Le résultat est une sorte de tourbillon de fausses valeurs, une société où la valeur de chacun se mesure à l'aune de ce qu'il possède. Quelque part, cela me donne de l'espoir car je vois difficilement comment cela peut perdurer. Les gens vont forcément rejeter cette manière de vivre. Ils doivent le faire. L'estime de soi doit découler de ce qu'il y a de bon et de généreux en nous. Ce n'est pas un rêve - c'est, je crois, la seule vision valable de ce que doit être et sera le nouveau millénaire.

Il a toujours été difficile de prévoir l'évolution future de Marillion, mais cela semble plus difficile que jamais. Quelle est ta propre perception de cet avenir ?

Chacun de nos six derniers albums a été une réaction radicale à celui qui l'avait précédé. Je suis très heureux que vous ne sachiez pas quoi attendre de nous... Nous non plus !

Marillion est devenu un groupe indépendant, au sens propre du terme. Vous avez désormais votre propre label, votre propre studio. Quels sont les avantages et les inconvénients de ce statut ? Excluez-vous totalement de signer à nouveau avec un gros label si l'opportunité se présente, ou êtes-vous définitivement dégoûtés de ce milieu ?

Le monde de la musique est un milieu très volatil et incertain. La situation est déjà assez mauvaise dans les maisons de disques importantes, mais avec un petit label indépendant, c'est tout juste s'il ne faut pas appeler chaque matin pour vérifier qu'il y a bien quelqu'un ! Notre principale préoccupation en ce moment, c'est de faire en sorte que l'album soit bien présent dans les magasins, et c'est loin d'être gagné d'avance. Ceci dit, la liberté créative est la chose la plus importante, et nous sommes enfin débarrassés de tous ces idiots de directeurs artistiques que nous avons dû subir toutes ces années. Retourner dans ce monde-là serait vraiment une décision difficile à prendre. Même si les avantages en termes de promotion et de distribution sont indiscutables.

Il y a une photo assez drôle de toi dans le livret. Faut-il y voir une réponse humoristique à ceux qui t'accusent d'avoir pris le contrôle de Marillion et d'avoir réduit les quatre autres au rôle d'accompagnateurs ?

Je vous laisse libre de votre propre interprétation...

Dernière question : il y a quelques mois, votre fan-club français, Blue Angel, fermait ses portes. Une autre équipe va-t-elle prendre la suite ?

Oui. Nous avons un nouveau fan-club français qui s'appelle «This French Engine» et qui est animé par une équipe nouvelle, jeune et très enthousiaste. Je n'ai pas leurs coordonnées à portée de main mais si vous souhaitez vous tenir au courant des derniers événements concernant Marillion, consultez notre site internet : www.marillion.co.uk

Entretien réalisé par Aymeric LEROY

(chronique et entretien parus dans Big Bang n°37 - Septembre 1998)

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