BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques

Octohedron pochette

PISTES :

1. Since We've Been Wrong (7:20)
2. Teflon (5:04)
3. Halo Of Nembutals (5:30)
4. With Twilight As My Guide (7:52)
5. Cotopaxi (3:38)
6. Desperate Graves (4:56)
7. Copernicus (7:22)
8. Luciforms (8:21)

FORMATION :

Omar Rodriguez-Lopez

(guitare)

Cedric Bixler-Zavala

(chant)

Isaiah Ikey Owens

(claviers)

Juan Alderete

(basse)

Thomas Pridgen

(batterie)

Marcel Rodriguez-Lopez

(percussions)

John Frusciante

(guitare)

EXTRAITS AUDIO :

THE MARS VOLTA

"Octohedron"

États-Unis - 2009

Mercury/Universal - 50:10

 

 

Après la violence monolithique de The Bedlam In Goliath l'année dernière, Octahedron prend un radical contre-pied qui risque d'en surprendre plus d'un. A mille lieues de la furieuse intro précédente, il faut cette fois prêter l'oreille une bonne minute et demie avant de percevoir le moindre son, pour que finalement une jolie guitare acoustique commence véritablement le morceau. Le chant poignant de Cedric Bixler Zavala fait bien décoller le morceau sur le refrain, mais «Since We've Been Wrong» restera dans un registre doux et calme, même avec sa dernière minute (il en fait plus de sept !) rock et symphonique où la batterie fait enfin son apparition soutenue par des nappes de Mellotron.

Plus incroyable encore, deux morceaux (sur les huit au total, de 3:38 à 8:21) sont joués sans batterie, et l'ensemble de l'album dégage un sentiment de sérénité totalement absent du précédent opus. Néanmoins, The Mars Volta demeure ce groupe prêt à dynamiter les canons du rock ! Il y a toujours de multiples couches sonores, tous ces instruments qui semblent jouer leur partition sur plusieurs niveaux, de furieux démarrages (quand même...) comme avec «Cotopaxi», des breaks inattendus et de multiples trouvailles (des boucles synthétiques par-ci, une cascade de piano par-là). L'influence du rock des années 70 (et de Led Zeppelin en particulier) est toujours aussi sensible, en particulier sur le plan rythmique, mais l'aspect planant de nombreux passages évoque aussi Pink Floyd («With Twilight As My Guide») et la frange psychédélique américaine de la fin des années soixante.

Si la guitare d'Omar Rodriguez Lopez tricote comme à son habitude dans son coin sans jamais offrir de véritable solo, le chant de Cedric Bixler Zavala est moins présent et d'une sobriété exemplaire, accentuant le côté volontiers traînant de la grande majorité des morceaux de l'album. Privilégiant l'aspect acoustique de sa musique, le duo s'est ainsi recentré sur lui-même (les crédits de l'album précisent bien qu'il s'agit de leurs compositions joués par The Mars Volta Group), et a peut-être voulu exorciser certains démons du passé.

Octahedron, s'il est sans discussion l'album le plus accessible de The Mars Volta, n'est pas le meilleur pour autant. Même s'il recèle d'excellents morceaux, il manque à cet album une pointe de folie jouissive que tous les autres avaient à plus ou moins forte dose. Un temps de repos était sans doute nécessaire au groupe après des années d'intense création musicale, mais on attend de The Mars Volta plus qu'un bon album. Rendez-vous donc au prochain opus pour voir si le groupe a encore des montagnes à gravir.

Christian AUPETIT

(chronique parue dans Big Bang n°73 - Septembre 2009)