
PISTES :
1. La Maschera Di Cera (19:21)
a) Il Tuo Volto
b) La Tua Gente
c) Il Tuo Rifugio
d) La Tua Irrealtà
e) La Tua Guida
f) La Mia Fine...
2. Del Mondo Che Crolla (5:59)
3. Del Mio Abisso E Del Vuoto (9:40)
a) Il Vuoto
b) L'Abisso
c) E Senza Più Peso Io Salgo
4. Del Mio Volo (7:07)
FORMATION :
Fabio Zuffanti
(basse, guitare acoustique)
Marco Cavani
(batterie, percussions)
Alessandro Corvaglia
(chant)
Agostino Macor
(claviers)
Andrea Monetti
(flûte)
INVITÉ :
Nadia Girardi
(chant - piste 3)
LA MASCHERA DI CERA
"La Maschera Di Cera"
Italie - 2002
Mellow Records - 42:20
Quelques semaines après la sortie du remarqué Springsong de Hostsonaten, le désormais incontournable Fabio Zuffanti resurgit au sein d'un nouveau projet baptisé La Maschera Di Cera. Quand on sait par ailleurs que sa collaboration avec le claviériste Boris Valle a donné naissance à deux œuvres (de Quadraphonic et Spazio) à paraître prochainement, on se demande où notre homme puise toute cette inspiration !
C'est en 1991 que Fabio Zuffanti entame l'écriture d'une pièce, intitulée justement «La Maschera Di Cera», dans le but de renouer avec une certaine tradition progressive italienne célébrée par des formations comme Museo Rosenbach, Biglietto Per L'inferno ou Balletto Di Bronzo. La version finale de cette suite de 20 minutes ne verra le jour qu'en 2001, lorsque le groupe se constituera avec l'arrivée du claviériste Agostino Macor (Finisterre, Hostsonaten), du flûtiste Andrea Monetti (Embryo), du batteur Marvo Cavani (ex-Finisterre) et du chanteur Alessandro Corvaglia (le Merlin de l'opéra rock du même nom). Trois compositions récentes, écrites par Zuffanti et Macor, viendront compléter l'album pour lui donner son aspect final.
En regardant de près la liste des intervenants, certains auront sans doute noté l'absence de guitariste. Si notre ami bassiste manie également la guitare acoustique pour dérouler quelques arpèges cristallins, force est de constater que les claviers dominent les débats mais se voient régulièrement relayés par la flûte. Le chant, en italien, est assez présent sans pour cela empêcher de conséquentes et fréquentes séquences instrumentales.
Piano, orgue, Moog, Mellotron, clavecin... : toute la panoplie du parfait claviériste progressif est de mise. L'amateur de sonorités analogiques devrait ainsi être comblé, d'autant que le fond est au diapason de la forme. On ne s'ennuie jamais tout au long de ces trois (petits) quarts d'heure où se succèdent, sans temps morts et au travers d'ambiances contrastées, mélodies émouvantes et envolées instrumentales captivantes. L'atmosphère générale est toutefois plus sombre que celle rencontrée sur la plupart des productions transalpines. La basse vrombissante (on croirait entendre une guitare rythmique, ce qui accroît la densité sonore), l'orgue rugissant, les nappes de Mellotron, le chant théâtral grave et puissant contribuent à instaurer une emphase dramatique qui caresse le sublime.
Outre les groupes cités plus hauts et désignés comme sources d'inspiration, La Maschera Di Cera évoque, en moins touffu et moins flamboyant néanmoins, Il Trono Dei Ricordi pour les généreuses parties de claviers et la dimension baroque héritée de la culture italienne. Le titre d'ouverture, la fameuse suite en chantier dix années durant, est une superbe réussite regorgeant de thèmes magnifiques et alternant passages calmes (lents et tendus) et explosions spontanées. Les autres compositions ne sont pas en reste, et parviennent souvent à reproduire une telle beauté et une telle intensité.
A l'arrivée, il est possible d'affirmer que La Maschera Di Cera prend une place de choix parmi les meilleures sorties italiennes de ces dernières années, tous styles confondus. En recréant à merveille des tons et des couleurs typiquement 'seventies', et sans oublier d'y ajouter sa touche personnelle, Fabio Zuffanti prouve qu'il est capable de se renouveler en nous dévoilant une autre facette de son immense talent. Souhaitons simplement qu'il n'arrête jamais de nous étonner !!
Yann CARREAU
(chronique parue dans Big Bang n°44 - Juin 2002)

