BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques


PISTES :

1. C'è Un Paese Al Mondo (6:39)
2. Fase (7:04)
3. Al Mancato Compleanno Di Una Farfalla (5:52)
4. Elzeviro (6:47)
5. Mercanti Di Pazzie (5:21)
6. Antiche Conclusioni Nerge (8:54)
7. Il Fischio Del Vapore (4:52)
8. Cono Di Gelato (4:40)

FORMATION :

Maurizio Bianchini

(cor, trompette, percussions, vibraphone, chœurs)

Roberto Giuliani

(guitare électrique, piano, chœurs)

Sergio Lattuada

(claviers, chœurs)

Sandro Lorenzetti

(batterie)

Alberto Ravasini

(chant, basse, guitare acoustique)

Leonardo Schiavone

(clarinette, flûte, saxophones alto et ténor)

EXTRAITS AUDIO :

MAXOPHONE

"Maxophone"

Italie - 1975

Mellow Records - 50:13

 

 

L'unique album de Maxophone, qui parut initialement en 1975 sur le label Produttori Associati, est avant tout l'œuvre de multi-instrumentistes hors-pairs : Sergio Lattuada (claviers), Roberto Giuliani (guitare, piano), Leonardo Schiavone (clarinette, flûte et saxophones), Maurizio Bianchini (vibraphone, cor et trombone), Alberto Ravasini (basse, guitare acoustique et flûte) et Sandro Lorenzetti (batterie), plus quelques invités à la harpe, au violon, au violoncelle et à la contrebasse. Cette polyvalence instrumentale est garante d'une texture sonore très riche, dont bénéficient les arrangements des morceaux, qui varient du progressif typiquement transalpin aux pièces classisantes (par petites touches), en passant par le rock-jazz cuivré (là également parfaitement intégré dans la trame rock).

Les six morceaux de l'album (de 5:20 à 8:55) présentent une musique dense, telle que la produisait PFM quelques années auparavant, avec un équilibre parfait entre parties instrumentales et chantées, le tout étant rehaussé par une excellente prise de son. Enfin, détail à mes yeux non négligeable, la pochette (photo coloriée artificiellement dans les tons pastels) est également très réussie.

On peut situer l'inspiration de Maxophone du côté, notamment, d'un Gentle Giant, du fait de certaines harmonies vocales ou riffs de sax, et par les plans réverbérés du vibraphone, notamment sur «Mercantie Di Pazzie» et «Fase», sur lesquels cet instrument s'exprime en vedette sur un accompagnement rythmique dépouillé. Enfin, la voix d'Alberto Ravasini, très «gabrielienne», fut sans doute en 1975 un facteur propice au succès du groupe.

A noter l'unique emprunt à la musique classique («Sonate Pour Harpe» de Hindemith) en introduction de «Mercanti Di Pazzie», qui se marie au mieux au morceau rock, dont la légèreté est rehaussée par l'emploi continu de la harpe. Enfin, pour les amoureux de saxophone, saluons la prestation de Leonardo Schiavone sur «Antiche Conclusioni Negre», digne de Mel Collins (King Crimson) ou Dick Morrissey (If).

En fin d'année 1975, la filiale américaine du label sortira l'album pour le marché américain (rappelons que PFM, notamment, avait fait connaître le rock progressif italien aux américains, cf. l'album live Cook enregistré sur place en 1974), agrémenté de vocaux en anglais, mais avec la même bande instrumentale (cette version a elle aussi été rééditée par Mellow Records, complétée par deux titres provenant d'un single).

Après s'être produit au festival de Montreux fin 1976, Maxophone publiera le single sus-cité l'année suivante puis se séparera, ne laissant derrière lui que cet unique album considéré à juste titre comme l'une des toutes meilleures productions italiennes de son temps.

Jacques TONI

(chronique parue dans Big Bang n°18 - Hiver 1996/97)