BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques

After All These Years pochette

PISTES :

1. After All These Years (9:43)
2. New Lords (8:03)
3. Sanctuary (2:14)
4. Didn't We Know (8:13)
5. Eyes On The Clock (7:12)
6. No One's Home (4:42)
7. Another Day (9:52)
8. Not Far From Heaven (5:41)
9. Moonbeams On The Wall (9:54)

FORMATION :

Jean-Pierre Schenk

(chant, claviers, batterie)

Giova Esposito

(guitares)

Dominique Schlafer

(basse)

INVITÉS

David Grillon
(guitare [2])

Milena Zaharieva
(flûte [2])

EXTRAITS AUDIO :

METAMORPHOSIS

"After All These Years"

Suisse - 2003

Galiléo - 65:20

 

 

En cette période pléthorique de nouveautés (le prog ne prend vraiment jamais de vacances !!!), il est bon de pouvoir se fier à certains indices afin d'effectuer un tri un tant soit peu cohérent parmi le flot de CD qui inonde le courant progressif et rend bien difficile la visibilité de ce dernier. Par exemple, le fait que ce premier album de Metamorphosis soit distribué par le label suisse Galiléo, jamais pris en faute jusqu'ici au niveau de ses productions, est une indéniable invitation à le découvrir.

Cette formation, elle aussi helvétique, est en fait avant tout le projet musical de Jean-Pierre Schenk qui, même s'il se voit ici accompagné de quelques amis, est un véritable homme orchestre, officiant aux claviers, à la batterie et au chant. Sorte d'humble prolongement spirituel de Roger Waters et David Gilmour, notre homme développe ici une musique, tout aussi humble dans la forme, qui renvoie au Pink Floyd le plus symphonique. Cet album, constitué de neuf compositions (allant de 2 à 10 minutes), restitue ainsi toute l'adoration (palpable, vraiment !) que Jean-Pierre Schenk ressent à l'égard de ses idoles. Cette passion, cri de joie mis en musique, habite chaque note d'After All These Years, avec cette absence d'esbroufe qui caractérise si bien l'authenticité du projet. A l'instar de RPWL, mais sans la touche de modernité des Allemands, Metamorphosis développe un progressif aérien (à situer entre les albums Wish You Were Here et The Division Bell de qui vous savez), qui s'écoule certes sans heurts mais dont l'impact mélodique n'est jamais pris en défaut.

Voici donc une œuvre, qui n'a véritablement aucune chance de faire l'unanimité. Ringardisé par certains («le prog se doit de 'progresser' et de regarder vers l'avant !!!») et encensé par d'autres («Pink Floyd n'a rien publié depuis 10 ans, alors tant mieux si ce groupe suisse reprend une partie du flambeau !») Metamorphosis symbolise à merveille la fracture qui existe aujourd'hui entre les adeptes de notre courant musical. Quoi qu'il en soit, je prendrais part implicitement à ce débat en affirmant que l'écoute de cet album est des plus plaisantes. La musique de Metamorphosis s'apparente en effet à une légère brise estivale, vous trouvant allongé sur une chaise longue dans votre jardin et venant vous caresser délicatement la peau, chauffée à blanc par le soleil... L'effet ne dure peut-être pas longtemps et ne remplacera jamais celui d'une boisson bien fraîche, mais que c'est bon sur l'instant !

Olivier PELLETANT

(chronique parue dans Big Bang n°50 - Août 2003)