
PISTES :
1. The Benefit Of Anxiety (09:03)
2. Dramatis Persona (10:05)
3. The Statue (16:29)
4. Sagittarius (06:47)
5. Royalty In Jeopardy (11:53)
6. Both Sides Of The Show (12:35)
FORMATION :
Bart Schram
(chant, guitares, flûte à bec)
Rudy Vander Veken
(guitares)
Eric Vandormael
(basse)
Benny Petak
(batterie, percussions)
Tom Truyers
(piano, synthétiseurs, Hammond)
EXTRAITS AUDIO :
MINDGAMES
"Actors In A Play"
Belgique - 2006
Autoprod. - 66:54
Mindgames est un quintette belge déjà auteur d'un premier album, International Daylight, en 2003. Ils nous reviennent avec leur second bébé, tout aussi bien réalisé, qui confirme leur ancrage dans une vision très référentielle du progressif. Les six compositions présentes déclinent en effet un néo progressif assez fin, sur lequel plane de manière très explicite l'ombre du Genesis de Peter Gabriel (Foxtrot et Selling England by the Pound en particulier), même si on peut également penser à Yes ou Camel. Bart Schram, le chanteur du groupe, occupe d'ailleurs une grande partie de l'espace sonore, avec un timbre agréable mais une diction extrêmement théâtrale (elle se fait même carrément saccadée sur certains moments de «Dramatis Persona», «The Statue» et «Royalty in Jeopardy», surtout).
Globalement apaisée, la musique prend son temps pour se développer, s'étirer et s'épanouir, la plupart des compositions étant comprises entre dix et seize minutes. On y décèle une certaine mélancolie et un mélodisme symphonique tranquille. Les passages instrumentaux sont fréquents, et on ne peut que saluer les envolées de Tom Truyers aux claviers, très marquées par Tony Banks, tandis que Rudy Vander Veken privilégie des soli déliés, où le feeling et la sensibilité l'emportent sur la démonstration technique. «Royalty in Jeopardy» possède en particulier de jolis échanges, avec une batterie qui s'agite davantage qu'à l'accoutumée, tandis que sur «Both Sides of the Show», au refrain aérien, on se surprend à plusieurs reprises à déceler des consonances celtisantes. «The Statue» tranche un peu, avec une belle introduction à l'orgue qui débouche sur une séquence instrumentale très inspirée et plus rythmée que la plupart du reste de l'album. Guitare lyrique, claviers très présents, chant empli d'urgence, le tout avec une grande variété de thèmes et une légère gravité, composent le reste de cette suite d'un bon quart d'heure sans véritable temps mort. Sans conteste le gros morceau de Actors In A Play.
Les morceaux plus courts (sept et neuf minutes tout de même !) sont tout aussi agréables, que ce soit la ballade «Sagittarius», dépouillée et bucolique, avec guitare acoustique et quelques notes de claviers pour relever l'ensemble, ou «The Benefit of Anxiety», à l'ouverture attachante, à base de soli de claviers analogiques et de guitare électrique, surtout (non sans évoquer un Grand Stand), qui réapparaissent plus loin dans le morceau, soulignant plutôt bien un refrain à la mélodie délicate et sensuelle. Formellement, on ne peut que saluer le talent et la maîtrise de Mindgames. Mais il manque tout de même une certaine originalité et un surcroît d'émotion pour transcender totalement un disque un peu trop lisse, sans véritable grain de folie...
Jean-Guillaume LANUQUE
(chronique parue dans Big Bang n°64 - Hiver 2006-2007)


