BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques

Interstellar pochette

PISTES :

1. Interstellar (5:32)
2. Eclipse (5:11)
3. Transmition (5:27)
4. Isomorphisme (5:51)
5. Atmosphère (6:55)
6. Oxygène (2:10)
7. Stratosphère (4:58)
8. Control For The Sun (5:12)
9. Summer 69 (4:24)

FORMATION :

Gérard Verran

(claviers, effets)

EXTRAITS AUDIO :

MOLECULE

"Interstellar"

France - 2007

Muséa - 45:40

 

 

Molecule est le patronyme choisi par le musicien Gérard Verran pour publier ses réalisations en solo, en l'occurrence ici son premier album. A l'écoute d'Interstellar, on comprend assez vite à quel genre de disque on a affaire, il faut dire que les indices ne sont pas seulement sonores : un logo, des couleurs et un tourne disque visible sur la pochette qui évoquent fortement les années 70, des titres de morceaux évoquant certains albums ou morceaux de Pink Floyd, («Interstellar», «Eclipse»), Tangerine Dream («Stratosphere») ou Jean-Michel Jarre («Oxygene»), avec en prime un titre, clin d'œil appuyé au passé («Summer 69»), tous ces indices concordent pour voir en Interstellar un hommage revendiqué aux grands anciens de la musique psychédélique et planante. Cela ne préjuge cependant en rien la qualité du disque, mais pour notre plus grand plaisir, le contenu est à la hauteur des évocations du contenant.

Si les claviers sont le seul instrument utilisé, Gérard Verran complète leurs diverses sonorités par l'adjonction de quelques bruitages et de nombreuses voix samplées, dialogues variés passés à travers des filtres, qui soulignent assez habilement la dimension mélodique, moelleuse à souhait, la rendant plus éclatante et plus profonde. On n'est ici guère éloigné de la démarche d'un Mike Oldfield pour The Songs of Distant Earth. Car on doit reconnaître au maître de cérémonie un indéniable talent pour composer des titres extrêmement plaisants, aux atmosphères relativement personnalisées, sans jamais céder à la tentation du remplissage (seul le court «Oxygene» est plus dispensable). La dimension proprement nostalgique est ainsi complétée par un vrai travail personnel, et on n'apprécie que d'autant les rappels du sonar d'«Echoes», des ambiances du Albedo 0.39 de Vangelis ou des nappes cosmiques typiques du Tangerine Dream des années 70 (souvent pour les transitions).

La rythmique électronique, pour être limitée, n'est pas excessivement simpliste, d'autant que les tempo sont assez contrastés, et les arrangements plutôt substantiels font preuve d'une jolie finesse et d'une délicate subtilité, avec quelques sons plus originaux : mentions spéciales à «Transmition», baigné d'orgue électronique et de voix diaphanes, ou au piano légèrement désaccordé de «Isomorphisme». On peut saluer comme elle le mérite cette première réalisation parfaitement maîtrisée, diffractions spatiales qui s'insinuent durablement au fond de nos synapses. Un disque idéal pour tous les nostalgiques d'une époque... et les fans de prog ne le sont-ils pas tous ?

Jean-Guillaume LANUQUE

(chronique parue dans Big Bang n°67 - Automne 2007)