
PISTES :
1. Sea Memories (11:26)
2. Who's Wrong? (9:47)
3. Sonya In Search Of The Moon: Silver Tears (1:26)
4. Gun Child (8:29)
5. Is He Mommy's Little Monster ? (3:39)
6. Sonya In Search Of The Moon : Alone In The Nightfield (3:17)
7. Chrome Heart (9:30)
8. Sonya In Search Of The Moon : The Search (1:54)
9. Sherylin's Mistake (8:54)
10. Sonya In Search Of The Moon : Moonman Return (8:13)
11. The Losing Dawn (5:02)
FORMATION :
David Cremoni
(guitares)
Cristiano Roversi
(orgue, piano, claviers, mellotron, basse)
Dimitri Sardini
(guitare rythmique)
Massimiliano Sorrenti
(batterie, percussions)
AVEC
Riccardo Tonco
(chant, tambourin)
Marco Olivotto
(violon alto)
MOONGARDEN
"Brainstorm Of Emptiness"
Italie - 1996
Mellow Records - 71:30
Souvenez-vous, nous avions laissé à la fin de notre numéro 13 Moongarden aux portes d'un avenir radieux... Tout juste fallait-il à cette formation italienne s'extirper d'influences par trop envahissantes et offrir à son indéniable talent une pleine éclosion. Brainstorm Of Emptiness, faisant suite à Moonsadness (1994), nous parvient donc aujourd'hui porteur de promesses qui, si elles se concrétisent, feront de leur auteur l'un des (le ?) fleurons d'une (nouvelle) génération italienne pourtant dorée.
C'est donc avec une certaine solennité que l'on ne peut s'empêcher de glisser cette précieuse galette dans notre platine laser. Si l'enjeu est effectivement de taille, soyez sûr que l'assimilation des soixante et onze minutes de cette œuvre dense ne l'est pas moins... Ainsi, même après un nombre d'écoutes conséquent, le verdict demeure bien difficile à donner avec conviction. Moongarden a engendré là un album de toute première importance, auquel il manque néanmoins quelques menus détails pour s'enorgueillir d'un statut référentiel... Voici résumé avec circonspection l'impression globale engendrée par Brainstorm Of Emptiness. Il me reste maintenant à vous dire en quoi cet album est réussi, et en quoi - à mon sens - il aurait pu l'être davantage.
Pour répondre aux encouragements qu'ils n'ont pas manqué de recevoir après la publication de Moonsadness, les musiciens de Moongarden ont sans nul doute voulu faire montre de leur talent et malheureusement en ont fait un peu trop. Ils ont ainsi délaissé la fluidité mélodique des compositions passées pour s'adonner aux joies d'une complexité thématique jusqu'alors inédite... La durée comparée (71 minutes contre 38...) des deux albums ne peut d'ailleurs que corroborer la thèse évoquée... Le groupe italien, nanti de plus d'un excellent (et nouveau) chanteur en la personne de Ricky Tonco (ex-Theatre), s'est alors senti pousser des ailes. L'ensemble des (hautes) compétences de chacun des membres du groupe ont alors été mobilisées pour engendrer une oeuvre dense et touffue qui souffre justement d'un trop plein d'idées, enchâssées de surcroît avec rapidité donc trop peu développées. Il est certes assez rare d'émettre des critiques à l'encontre d'un album parce qu'il est trop florissant (comme s'il avait finalement trop de qualités...), mais c'est pourtant le sentiment qui émerge de l'écoute assidue de Brainstorm Of Emptiness.
Voilà donc les raisons qui me font relativiser la réussite de celui-ci en dépit de ses innombrables qualités. Je ne voudrais pas pour autant paraître trop dur avec Moongarden, car il demeure néanmoins l'auteur d'un album séduisant qui ravira la majorité des mélomanes progressifs.
Les 11 compositions, évoquant dorénavant davantage Genesis (celui de Selling England By The Pound, ce qui n'est pas mal...) que Camel, traduisent une évidente maturité artistique et évitent ainsi les légères fautes de goût de Moonsadness. Les claviers (notamment le divin mellotron...) de Cristiano Roversi (principal compositeur) dominent les débats, tandis que les guitares de David Cremoni, à l'exception de quelques solos magnifiques, apparaissent dorénavant davantage en retrait (il est vrai que le chant de Tonco est relativement présent, laissant moins de place que par le passé aux joutes instrumentales).
Plaisir (de bénéficier d'un grand talent) et frustration (de ne pas rencontrer une plus grande fluidité) s'unissent donc intimement à l'écoute de Brainstorm Of Emptiness, tout en laissant le premier sentiment l'emporter bien sûr largement sur le second. Moongarden, formation au potentiel insoupçonnable, nous a apporté ici la preuve de sa grande compétence. A elle à l'avenir de savoir l'exprimer pleinement...
Olivier PELLETANT
P.S. : ... Et de trois ! Après Social Tension (It Remainds Me Of These Days), Landberk (One Man Tell's Another), voici Brainstorm Of Emptyness de Moongarden... Certains groupes feraient mieux de consulter leur dictionnaire d'anglais ! Pour notre part, nous préférons éviter de perpétuer de telles fautes d'orthographe...
(chronique parue dans Big Bang n°16 - Été 1996)

