BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques

4 O'Clock & Hysteria pochette

PISTES :

1. Cold Fusion (5:13)
2. Return To Whatever (5:48)
3. Drive In Shuffle (4:20)
4. R Bluz (6:54)
5. First Funk (5:31)
6. Dschungel Cruz (4:58)
7. The Rite Of Left (4:30)
8. Chroma (5:22)
9. Spanish Steppes (5:45)
10. Track 3 (4:23)
11. Major Buzz (6:07)
12. Home (4:59)

FORMATION :

Alan Morse

(guitares électrique et acoustique)

Neal Morse

(claviers, guitare acoustique, mandoline)

Scott Williamson

(batterie)

Gary Lunn

(basse)

Eric Darken

(percussions)

INVITÉS

Nick D'Virgilio
(batterie)

Dave Meros
(basse)

Ryo Okumoto
(claviers)

Jerry Goodman
(violon électrique)

EXTRAITS AUDIO :

ALAN MORSE

"Four O'Clock And Hysteria"

États-Unis - 2007

InsideOut - 63:56

 

 

Attention, un frère peut en cacher un autre ! Si Neal Morse s'est imposé comme un véritable stakhanoviste du prog (voir notre précédente livraison), son frère Alan, toujours guitariste de Spock's Beard, a pris son temps pour finaliser un premier album solo annoncé déjà depuis quelques années. Pour autant, les deux frères ont collaboré ensemble, puisque sur les douze morceaux, pas moins de sept ont été composés en duo. En outre, Neal est également musicien, en charge des claviers, particulièrement (on a même droit à un solo typique du bonhomme dans «Cold Fusion», et à un petit solo à la Wakeman sur «R Bluz»). Pour ce qui est des autres participants, outre quelques musiciens peu connus à la prestation tout à fait convenable, on doit noter la présence de ses comparses de toujours, Nick D'Virgilio, Dave Meros et Ryo Okumoto, sur un ou deux titres seulement, toutefois.

L'ensemble, totalement instrumental, met bien sûr en valeur la guitare électrique du maître de cérémonie, au son fluide empli de feeling et de finesse, soulignée avec a propos par le mixage du fidèle Rich Mouser. Les styles abordés sont divers, mais alors qu'on aurait pu s'attendre à une forte prégnance blues rock, de par les influences revendiquées du bonhomme, le plus fréquent est celui que Sherinian se plaît également à célébrer, à savoir un jazz rock fortement inspiré des albums de Jeff Beck, Blow By Blow, Wired et There and Beck. «Return to Whatever» (clin d'oeil au groupe Return to Forever ?), qui bénéficie de la présence de Jerry Goodman, fameux violoniste du Mahavishnu Orchestra, «Dschungel Cruz», «Chroma» ou, dans un registre plus romantique, «Track 3» (sic) en sont d'excellents exemples avec, de ci de là, quelques marques de décontraction ou d'humour discret qui ne sont pas sans évoquer Spock's Beard...

On trouve également des compositions plus rock, comme «Drive in Shuffle» ou «Major Buzz», qui possèdent, en dehors d'une rutilance technique certaine, une moelle mélodique appréciable, derrière laquelle on reconnaît la patte de Neal Morse. Il en est de même pour «R Bluz», habile croisement entre sensibilité blues et atours jazzy. Alan Morse croise en outre le chemin de guitar heroes comme Joe Satriani ou Van Halen, avec l'offensif et très entraînant «The Rite of Left», qui offre un long passage central de taping. Enfin, un titre, «Spanish Steppes», nous permet également d'entendre de la guitare acoustique, parfaitement maîtrisée par le maestro, sur fond d'ambiance latino (sur deux autres, la guitare acoustique est surtout rythmique). Si on reste, tout au long de ce disque qui dure peut-être un poil trop, dans des chemins balisés, le plaisir d'écoute n'en est pas moins bien réel, et les amateurs de guitare seront sans aucun doute comblés.

Jean-Guillaume LANUQUE

(chronique parue dans Big Bang n°66 - Été 2007)