BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques


PISTES :

1. Roman De Renard (3:56)
2. Chanson A Boire (3:24)
3. Prince Des Hauteurs (4:36)
4. Sorcellerie (6:48)
5. Le Rire Et L'Epée (3:58)
6. Le Temps, La Terre, Et L'Homme (3:34)
7. Les Damnés (5:16)
8. Dans Dix Jours, Un An, Ou Six Mois (3:25)
9. Les Sirènes (4:49)
10. L'Eveil Des Gargouilles (4:18)
11. Cornemuse (2:27)

FORMATION :

Emmanuel Tissot (Motis)

(chant, guitare acoustique, mandoline, bouzouki, épinette, cornemuse, taurus, Mellotron)

Rémy Diaz

(batterie, percussions)

Florent Tissot

(flûte traversière, guitare électrique)

Frédéric Germain

(prise de son, enregistrement, mixage)

Boris Jollivet

(sons nature)

MOTIS

"Prince des Hauteurs"

France - 2004

Muséa - 46:31

 

 

J’ai bien peur que le dernier album de Motis ne suscite un malentendu suite à la réputation (pourtant flatteuse) qui le précède, et qui le donne comme le nouveau Malicorne. Soyons d’accord sur un point : les deux précédents disques (home) studio du multi-instrumentiste Emmanuel «Manu» Tissot (alias Motis) s’apparentaient davantage à une sorte de folk médiéval modernisé qu’à du rock progressif. A Chacun son Graal (2000) n’était rien d’autre qu’un intéressant exercice de style où les influences du Malicorne des années 80 (Le Bestiaire...) et du Tri Yann de toujours se croisaient pour un résultat que n’aurait pas renié le Patrick Broguière des Châteaux de la Loire. Quant au morceau éponyme, c’était une relecture folk sympa bien qu’approximative d’«Au-delà du Délire», le morceau de Ange. Voilà pour l’inspiration de départ, assumée ou inconsciente. Pas de quoi battre tambour, même si un morceau comme «Après le Gué», avec sa structure chaotique, affichait des ambitions plus typiquement progressives. Les conditions de réalisation de type «garage» expliquant en partie les limites du projet.

L’album suivant de Manu, associé pour l’occasion au percussionniste Rémy Diaz, délaissait les guitares électriques et les accords de claviers pour ne garder que l’acousticité médiévale et traditionnelle d’un Gabriel Yacoub fiévreux et romantique, période Bel (1990), sans en avoir toujours l’évidence mélodique. Une simple collection d’agréables chansons médiévale pimentées de quelques nouvelles allusions à la connexion Ange/Genesis des tous débuts laissant augurer du meilleur pour la suite ou, selon l’humeur du moment, nous laissant un peu sur notre faim. Quoi qu’il en soit, des textes encore trop stéréotypés ou impersonnels et une mise en son rudimentaire (faute de moyens, comme toujours) ne nous permettaient pas d’oublier la sécheresse du projet. Motis se classait de lui même dans la catégorie «groupe à potentiel mais devant faire ses preuves». Restait à se trouver une vraie personnalité et une réalisation plus aboutie. Il est donc préférable de découvrir les versions scéniques des morceaux de ces deux premiers efforts studio, versions nettement améliorées, étoffées et débarrassées de la plupart de leurs tics parasites.

Pendant deux ans, Motis a mûri sa vision musicale et trouvé cette amplitude qui lui faisait défaut auparavant tout en peaufinant ces particularités. D’énormes progrès ont été faits sur tous les fronts. Les textes ont en grande partie délaissé les clichés de trouvères middle age pour aborder, dans un style moins scolaire, des sujets plus diversifiés. Autant dire que Motis va là où certains ne l’attendaient pas forcément : direction le progressif médiéval électrique des seventies, porté au sommet par Jethro Tull ou Gryphon. Avec pour enjeu l’occasion de faire vivre et d’honorer un certain rock progressif de tradition française. Sans nostalgie ni mélancolie, sans se laisser paralyser par les fantômes du passé, mais tout en continuant de citer ouvertement son amour pour Malicorne (qui hante encore chaque mesure de la partition) ou Ange (Motis a d’ailleurs repris dernièrement sur scène avec beaucoup de panache le célèbre «Dignité» de Ange (1972) accompagné aux claviers par Francis Décamps en personne !), ce nouvel album devient déroutant quand il aborde les contrées de la chanson à boire ou de la comptine faussement naïve, vue d’enfant. Le folk prog de Motis prend alors des accents pertinents qui accélèrent la maturation du groupe. Petit conte médiéval ou pamphlet antimilitariste, folklore rural, chanson d’amour (d’ailleurs, l’amour est une chanson, ne peut être autre chose qu’une chanson) ou appel du pied à la chanson française de qualité, tout est matière à raconter des histoires chez l’ami Manu. Grandiloquence ou simplicité, de l’occident à l’orient, tout est plaisir de jouer chez Motis, jouer pour nous dire l’amour de la musique quel que soit son origine.

Entre deux chansons «à texte», «Sorcellerie» est une véritable échappée progressive qui justifie à elle seule la place de Motis dans Big Bang. Tout y est : claviers rampants, étirements du thème mélodique principal, ambiance ésotérique façon La Wicca (mais à double sens). Une sorte de fixation de tension à partir de laquelle tout fan de prog peut avoir le désir de rentrer en résonance avec l’univers de Motis. Certes, le reste n’est pas toujours du prog comme on l’entend dans nos colonnes (en tendant l’oreille ?), mais c’est toujours une fête foraine chez les âmes sensibles. «Les sirènes», par exemple, est une des plus belles choses que la chanson francophone, progressive ou pas, nous ait donné ces dernières années. Un texte splendide dans une ambiance musicale proche des canadiens de Ère G ou d’Harmonium, avec en final un duo flûte et mellotron hautement émotionnel. Le genre de moment ayant conscience de sa nature divine. C’est vers ce genre de hauteur que nous souhaitons voir Motis se diriger à l’avenir. Histoire de combler l’astral laissé vacant par des groupes comme Versailles ou le Caféine de Citadelle.

Après un dernier hommage au «Cimetières des Arlequins» de qui-vous-savez, l’album Le Prince des Hauteurs se conclut par un petit exercice de style celtique, réminiscence des albums pur folk précédents comme pour affirmer une volonté ludique à vouloir enjamber les genres et les époques tout en conservant une certaine cohérence de ton, un style immédiatement reconnaissable. Malgré cette coda folklo (on se croirait dans la chaumière de Stivell), qu’on ne s’y trompe pas, Motis est un authentique amoureux de musiques dites progressives, artisan des chansons francophones ambitieuses, et ce Prince des Hauteurs en est la preuve éclatante.

Alain SUCCA

Entretien avec Emmanuel (Manu) TISSOT, Florent TISSOT & Frédéric GERMAIN :

Quel a été votre parcours musical avant de créer Motis ?

Florent : J’ai commencé par sept ou huit ans de conservatoire où j’ai appris la flûte, et c’est vrai qu’à la longue ça m’a ennuyé; mais aujourd’hui je peux dire que ça m’a beaucoup appris, pour avoir une bonne oreille musicale. Au sortir du conservatoire, pour participer aux groupes de rock de mon frère, je me suis mis à la guitare électrique. On a même créé un groupe de reprise de Genesis qui s’appelait Musical Box, comme les Canadiens qui recréent aujourd’hui les spectacles de Genesis ! On les a d’ailleurs vu l’année dernière à Genève avec Phil Collins à la batterie sur le dernier morceau du concert...

Manu : J’ai 30 ans. J’ai aussi fait dix ans de conservatoire, mais j’ai coutume de dire que j’ai vraiment commencé la musique quand j’ai arrêté le conservatoire. Je me suis mis à apprendre seul divers instruments comme le clavier, la guitare, la basse. Puis je me suis intéressé à la musique celtique, alors j’ai appris la cornemuse, le bouzouki, la mandoline. Et aujourd’hui, j’utilise tous ces instruments dans Motis. Ensuite, j’ai passé pas mal d’années avec mon frère Florent dans divers groupes de rock plus ou moins prog. C’étaient des morceaux au format chanson mais avec des passages davantage progressifs, des trucs qui démarrent tranquillement puis qui montent et se développent. Ou encore des improvisations à la guitare électrique proches des délires de Frank Zappa. Et puis, dans notre esprit, nos références étaient quand même des groupes prog.

Comment Motis a-t-il été formé ?

Manu : Motis est né de mon envie de faire une musique qui me plaisait en premier lieu, de façon très égoïste. J’ai acquis de l’expérience au sein d’autres groupes, je me suis modelé au son de ces groupes mais au bout d’un moment je n’avais plus envie qu’on me dise comment les choses devaient être faites et devaient sonner. J’ai alors investi dans l’informatique musicale. Je me suis enfermé chez moi, j’ai écrit les textes qui parlent du Moyen Age et composé tous les morceaux pour sortir seul le premier album de Motis, A Chacun son Graal. Je m’étais fait plaisir à le faire tout seul, mais j’ai très vite souhaité que ma musique vive vraiment et pour cela, il fallait s’y mettre à plusieurs. J’ai donc invité le percussionniste Rémy Diaz (32 ans), un musicien qui préfère l’école de la rue aux parcours académiques, qui est donc venu me rejoindre. On a travaillé ensemble pendant six mois et on a rapidement sorti un deuxième album, La Fête des Fous. On voulait vraiment que les gens se rendent compte de ce que ce groupe donnait sur scène. Les gens étaient étonnés de nous voir seulement deux sur scène; ça faisait troubadours. Puis mon frère Florent (27 ans) est venu nous rejoindre à la flûte.

Florent : Au début, je les ai rejoint un peu pour leur rendre service. Je jouais de la flûte alors que dans mon autre groupe (Les Coprains), je jouais surtout de la guitare électrique. Et puis on s’est dit que tout ça sonnait vachement mieux donc je suis resté dans Motis avec ma flûte. La première fois qu’on a joué sur scène ensemble, c’était à la fête de la musique il y a 3 ans.

Manu : Sur Prince des Hauteurs, je m’occupe des parties de guitare acoustique et Florent tient la guitare électrique, et il fait ça tellement bien que je n'ai aucune envie de le faire à sa place. L'électrique et l'acoustique, ce sont deux métiers totalement différents à mon avis, ce n'est pas la même manière de faire sonner la guitare. J'ai placé des parties d'électrique sur mon tout premier album mais ça se limitait à de très courtes interventions. Aujourd'hui je préfère essayer de faire sonner correctement un instrument acoustique, je reste dans le délire troubadour.

Sur scène vous jouez tous de multiples instruments. Toi Manu, tu as un boulot monstre : tu chantes, et en même temps tu es aux guitares acoustiques et au pédalier Taurus pour faire soit la ligne de basse soit les claviers. Pourrais-tu envisager de te faire accompagner par ton frère aux guitares ?

Manu : On a plutôt déjà pensé à lui faire jouer de l'électrique sur scène, car il est vraiment doué pour cet instrument, mais pour l'instant il refuse. Il préfère privilégier exclusivement la flûte. Et puis Fred ne veut pas d’un gros ampli sur scène. Florent joue de sa guitare électrique dans son autre groupe, Hunting Venus. Mais on va négocier ça, ce serait quand même pas mal d'avoir un peu d'électrique sur scène avec Motis, d'autant plus qu'il y en a sur le disque. Mais c’est plus compliqué d’avoir deux guitares différentes sur scène. Il y a des fréquences qui vont se croiser. Il faut réarranger des trucs, c’est un gros boulot.

Fred : Le jour où on ne fera que des grandes scènes, on envisagera de mettre un ampli et de travailler un son plus électrique.

Florent : De toute façon, notre son est assez riche et varié avec plusieurs instruments à vents, des flûtes du Népal, de Chine, de Mongolie. Avec la guitare électrique ça ferait peut être trop chargé.

Manu : Sur scène le plus important est que le morceau ne sonne pas tout à fait comme sur disque. Zappa l’a très bien fait. Un morceau doit vivre, quand ils sont sur disques ils peuvent être réussis, ce n’est pas là que je les préfère. Un morceau sonne vraiment bien quand il se met à vivre sur scène.

La configuration à trois musiciens multi-instrumentistes semble vous convenir, mais intégrer un quatrième élément sur scène ou sur disque ne vous tente-t-il pas (au hasard, un clavier par exemple) ?

Manu : Le trio c'est l'idéal, c'est une formule que j'ai testée dans plusieurs groupes et c'est effectivement une manière de bosser qui me convient vraiment. Après, je ne suis pas fermé aux propositions, il faut voir. Mais tu sais, un groupe c'est un équilibre, et là, les trois, on se connaît vraiment bien, on voit où on peut aller ensemble, chacun respecte le travail et les conceptions de l'autre, on se sent. Le quatrième musicien qui débarquerait là au milieu, s'il devait arriver, ce serait forcément quelqu'un avec qui on aurait vécu quelque chose de fort humainement parlant, parce que la musique c'est avant tout une histoire de cœur.

Les effets sonores sont en effet une particularité du groupe tant sur le dernier album que sur scène.

Manu : Fred (33 ans), le preneur de son professionnel, par ailleurs régisseur son dans un théâtre, est le véritable quatrième membre du groupe. Si le concept de base de Motis est d’inspiration médiévale, tant sur le plan musical que littéraire, au niveau du son on a envie de faire quelque chose d’actuel et de moderne. D’où l’importance de Fred qui est responsable en concert d’un véritable travail créatif avec de nombreux effets sonores en live. D’ailleurs, avant que l’on rencontre Fred, on a jamais vraiment été satisfait sur scène. Pour moi, le son et le mixage sont aussi importants que la composition et l’interprétation musicale. Tu peux être dix bons musiciens, si t’as pas le son, c’est pas la peine. Ta musique n’a aucun impact.

Comment s'est passé le financement de l'album et les contacts avec Muséa pour la distribution ?

Manu : Nous sommes producteurs de notre album et Muséa est distributeur, ce qui signifie concrètement que c'est nous qui avons financé intégralement la confection du CD : de l'enregistrement au mastering en passant par le pressage et tous les frais annexes. Muséa finance la distribution de l'album via ses réseaux habituels : Fnac, Hypermedia, catalogue de V.P.C, distributeurs étrangers, etc. Le contact avec Muséa s'est fait en plusieurs étapes. En fait, nous leur avions déjà envoyé nos précédents albums mais ça ne les a pas accroché, ce que nous faisions alors était beaucoup plus acoustique et la couleur progressive que nous avons actuellement était seulement en germe à l'époque. Pour Prince des Hauteurs ça a été différent, nous avons eu une proposition de la part du label prog canadien Unicorn mais nous préférions travailler avec un label français, ça nous semblait plus simple. Finalement nous avons signé sur le label Muséa Parallèle (catalogue axé jazz fusion) un contrat de licence qui nous permet d'être distribué bien sûr en France, mais aussi à l'étranger. En tout, 600 exemplaires du Prince des Hauteurs vendus pour l’instant, dont brusquement 120 au Japon.

Sur le plan musical, Motis crée un univers où se mélangent des influences francophones, les premiers albums de Ange, Harmonium ou Malicorne, et anglophones, Jethro Tull pour la flûte et Gryphon pour les Cromornes. Une attirance prédominante pour une époque que vous n’avez pas connu ?...

Manu : Quand j’étais gamin, mes parents écoutaient Ange et King Crimson, j’ai complètement flashé là dessus à cette époque et ça m’a marqué durablement... Quand j’ai grandi, mes parents se sont mis à écouter autre chose, mais quand j’ai eu 15 ans, j’ai réécouté tout ça, le Mellotron, les trucs géniaux comme «Epitaph» et ça m’a donné des frissons. Mais en créant le groupe Les Coprains avec mon frère ou ensuite Motis, j’ai préféré faire quelque chose d’assez loin de tout ça car je ne l’assumais pas; je disais à tout le monde que je faisais du rock; je me disais que le prog faisait trop passéiste. Et maintenant, je m’en fiche. C’est ce que j’aime, je le fais et je m’en réclame. Et je peux même dire sans détours que Ange est le groupe qui m’a le plus influencé pour composer. Je suis aussi très influencé par la musique celtique. Et par Malicorne ! J’admire beaucoup Gabriel Yacoub et sa façon de travailler. Mais dans le dernier Motis, j’ai mis plein d’autres choses, comme le mellotron des premiers King Crimson. Quand j’écris des chansons, il m’arrive souvent de me dire, tiens, là je vais faire «à la manière de»...

Florent : Pendant les années 80 et jusqu’en 1995 environ, j’ai eu l’impression d’avoir la tête sous l’eau. Rien de ce qui se faisait à l’époque ne me plaisait. Même le Marillion de Fish, j’ai du mal à apprécier à cause du son trop synthétique.

Fred : Quand tu passes d’un orgue hammond à un synthé Yamaha, c’est vrai que tu sens la différence et dans les années 80, à part Charlie Oleg, il n’y avait pas grand monde sur les orgues hammond (rires).

Florent : Aujourd’hui j’écoute surtout des groupes anglais pas forcement prog comme Massive Attack ou Portishead. Et pour la flûte, j’aime beaucoup la façon de jouer de Ian Anderson (Jethro Tull). Mais par contre, je n’écoute jamais du Motis ! Il y a des musiques que j’aime jouer et des musiques que j’aime écouter.

Qu’est-ce qui vous incite à faire ce choix d’une telle diversité ? N’avez vous pas un jour l’intention d’explorer plus profondément un de ces genres musicaux ?

Manu : Si bien sûr. En prenant soin de ne pas tomber dans le patchwork indigeste, ce que j’aime faire c’est explorer le plus de styles possible. Je n’aime pas trop les étiquettes même si ça nous arrange parfois. On a signé chez Muséa mais je préfère penser que l’on est en dehors des styles trop fermés. Mais, bon, il y a un genre vers lequel je pourrais facilement verser, c’est le prog. Donc ça ne me dérange pas que ma musique soit rattachée au genre progressif en la considérant par exemple comme du folk progressif ou du progressif médiéval.

Les morceaux du dernier album ont deux ans, n'est-ce pas ? Il doit donc y avoir des morceaux prêts à être enregistrés ? Quand peut-on espérer écouter un nouvel album de Motis ? Et dans ce cas quelle en sera la direction artistique, la couleur générale... ? Le champ d’investigation va-t-il encore s’élargir ?

Manu : Effectivement les morceaux présents sur Prince des Hauteurs datent d'il y a deux ans, nous avons mis beaucoup de temps à finaliser notre mixage avant de proposer la version définitive de l'album. Nous avons depuis écrit d'autres morceaux, et nous allons vite arriver à un nombre suffisant de titres pour faire un nouvel album. Mais nous ne sommes pas pressés de le sortir. Avant Prince des Hauteurs, on a sorti en auto-production cinq albums en quatre ans (deux studio, trois live), on voulait absolument mettre sur disque les différentes évolutions de notre musique, mais c'était trop. Aujourd'hui on préfère prendre le temps, la preuve, Prince des Hauteurs on a bossé dessus pendant deux ans, et on n'en est encore pas totalement contents, mais ça c'est le problème de tous les artistes, on voit toujours les défauts et les choses qu'on voudrait améliorer... Mais c'est tant mieux, c'est ce qui nous pousse à aller de l'avant, la musique et l'art en général, c'est un éternel recommencement. Donc cette fois, avant de sortir un nouvel album, on va déjà attendre que Prince des Hauteurs vive pleinement sa vie, et qu'un public le plus large possible le découvre. Il arrivera forcément un moment où ce disque ne correspondra plus assez à ce qu'on fait sur scène, et je pense qu'à ce moment là on songera sérieusement à se remettre au travail du côté du studio, mais pour l'instant on n'est pas pressé, on est sur le travail scénique, il faut qu'on tourne. Pour peaufiner notre scénique, car on se rend compte actuellement qu'on est dans une voie un peu spéciale, on fait du concert, mais de plus en plus de gens nous disent qu'on devrait vraiment théâtraliser davantage ce qu'on présente. Francis Décamps, avec qui on a joué sur scène le morceau «Dignité» (grand moment !!!) nous a vraiment conseillé d'aller vers ce type d'approche, donc notre projet principal c'est de bosser la mise en scène pour proposer véritablement un spectacle plutôt qu'un concert, un peu à la manière de Ange, qui dans les 70's théâtralisait complètement ses chansons sur scène.

Le petit mot de la fin?

Manu : amis lecteurs, n'hésitez pas à nous contacter directement, il est toujours très enrichissant pour nous d'échanger avec ceux qui écoutent notre musique, pour cela voici les coordonnées de l'association qui gère le groupe :

Association Le Cercle des Fées, 30 rue de l'auroch, 39130 Etival, France (03 84 44 80 74) - www.motisonline.com

(chronique et entretien parus dans Big Bang n°58 - Été 2005)