BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques

Sinfonia Della Luna pochette

PISTES :

1. Sinfonia Della Luna (8:20)
2. Magical Wand (4:05)
3. Venezia (4:55)
4. Dance... Romantic (5:25)
5. A Parade Of The Wonderland (2:00)
6. Ballo Della Luna (10:30)
piste bonus :
7. Leonardo

FORMATION :

Masaya Furuta

(batterie, percussions)

Katsuhiko Hayashi

(synthétiseur, Mellotron, flûte à bec, guitare acoustique)

Akira Kato

(basse, pédalier de basses, guitares électrique et acoustique)

Takashi Nakamura

(chant, synthétiseurs, guitare acoustique)

INVITÉS

Takako Hayashi
(chant [7])

Makoto Kaminishizono
(guitare électrique [2-6])

Takako Morita
(chant [1-5], claviers [6])

Kunihiko Yamazaki
(chant [4], glockenspiel [5])

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Léda Et Le Cygne pochette

PISTES :

1. Léda Et Le Cygne
2. La Rosa
3. Salomé
4. Edmond's Old Mirror
5. Bluge
6. Kamira
7. Pavane Pour Une Infante Défunte

FORMATION :

Katsuhiko Hayashi

(piano, synthétiseurs, Mellotron)

Takashi Kawaguchi

(violon)

Kazuhiro Miyatake

(guitare acoustique, flûte)

Ikko Nakajima

(guitare électrique)

Takashi Nakamura

(chant)

Ryuichi Nishida

(batterie)

Ryuji Sasai

(basse)

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The Princess Of Kingdom Gone pochette

PISTES :

1. The Princess Of Kingdom Gone (10:20)
2. The Lady Of Shalott (4:59)
3. Legend Of The Forest (5:25)
4. Dazzling Ligeia (5:35)
5. Black Panther (4:54)
6. Trident Rock (7:06)
7. Una Donna (5:24)

FORMATION :

Katsuhiko Hayashi

(synthétiseurs, Mellotron)

Kazuo Katayama

(batterie, percussions)

Shohei Matsuura

(basses, pédales)

Takashi Nakamura

(chant)

Kazue Akao

(chant [3])

Taku Fuji

(guitares [1/4/5])

MUGEN

"Sinfonia Della Luna"

Japon - 1984 - Muséa - 52:09

"Léda Et Le Cygne"

1986 - Muséa - 44:00

"Princess Of Kingdom Gone"

1988 - Made In Japan - 43:43

 

 

Notre collaborateur Olivier Vibert, de retour d'un récent séjour linguistique estival au Japon, a pu nous le confirmer : «rock progressif symphonique» et Mugen sont, dans la langue nippone, deux expressions synonymes. Evoquez l'une, on vous citera immanquablement l'autre : en trois albums, Katsuhiko Hayashi, maître d'œuvre despotique de cet art musical si singulier, aura donc marqué de son empreinte indélébile l'âge d'or de la scène progressive japonaise.

C'est en 1984 que Mugen se fit connaître, en publiant de manière confidentielle (300 exemplaires pressés dans un premier temps) son premier album, Sinfonia Della Luna. Cet événement était la conclusion (provisoire, fort heureusement) d'une aventure démarrée six ans plus tôt par deux jeunes étudiants a l'école Rakuyo-Kogyo de Kyoto : Katsuhiko Hayashi (né le 21 avril 1961) et Takashi Nakamura (d'un an son aîné), piliers de Mugen durant sa décennie d'activité.

Avant de parvenir a reunir les fonds nécessaires à l'enregistrement (en totale autoproduction) de son premier album, Mugen vivotera pendant plusieurs années, ne sortant que rarement de son local de répétition pour quelques concerts par ci par là. Il en profite pour peaufiner son art et améliorer sa maîtrise instrumentale. Ce dernier aspect s'avère crucial quand on sait que la première formation de Mugen étaient constituée comme suit : Katsuhiko Hayashi a la guitare, Takashi Nakamura a la batterie et au chant, et Masaya Furuta à la basse !!!

Cette grossière erreur de casting sera heureusement corrigée au bout de quelques mois avec l'arrivée du bassiste Akira Kato. Dans une redistribution des rôles radicale a faire pâlir de jalousie nos compatriotes de Mona Lisa, les trois fondateurs optent alors respectivement pour les claviers, le chant (et un peu de guitare acoustique) et la batterie. Parallèlement, le style musical, initialement très empreint de l'influence de King Crimson, prend une coloration beaucoup plus symphonique. Deux cassettes a diffusion locale seront enregistrées durant les années suivantes : Visual (1979) et Luna E Giullare (1982). Mugen tente alors vainement de recruter un guitariste : aucun des candidats ne possède le toucher 'hackettien' dont rêve Hayashi...

Cette période est marquée par un intense travail d'écriture. Katsuhiko Hayashi met a profit ses moindres moments de liberté (pour gagner sa vie, il travaille alors comme ingénieur pour la marque de synthétiseurs Roland) pour composer. Son inspiration se nourrit d'influences musicales, notamment celle de la scène progressive italienne des années 70 (en particulier PFM, Banco et les New Trolls) et de groupes britanniques comme Genesis, England ou The Enid; mais aussi et surtout de l'ascendant exercé sur lui par des peintres comme Gustave Moreau ou l'école Pré-Raphaëlite. «Sinfonia Della Luna et Léda Et Le Cygne, les deux premiers albums de Mugen, furent composés quasiment en même temps», raconte-t-il. «J'ai d'abord écrit les textes, sous l'influence de Moreau et quelques autres, puis la musique. Je me suis alors rendu compte qu'il y avait bien trop de matière pour un seul disque. J'ai donc préféré diviser l'ensemble en deux albums dotés chacun d'un concept propre, et un 'single', en regroupant les morceaux selon l'atmosphère qui s'en dégageait. La musique de Sinfonia Della Luna invite au rêve et à la fantaisie. Celle de Léda Et Le Cygne est plus sombre, profonde et décadente».

Sinfonia Della Luna (1984)

Quel album ! Avec ce premier opus, Katsuhiko Hayashi frappe très fort et impose d'emblée son style, empreint d'un symphonisme tantôt grandiloquent et aérien, tantôt délicat et nostalgique. Revendiquée jusque dans l'intitulé même de l'œuvre, cette dimension symphonique est sans équivalent dans le rock progressif européen (si ce n'est, peut-être, chez The Enid, cité plus haut), et fera la spécificité de la scène japonaise.

Elle est aussi bien plus prononcée sur Sinfonia Della Luna qu'elle ne le sera sur les albums suivants. Deux explications a ce constat : l'inspiration particulière des morceaux, se prêtant davantage a ce genre de climats; mais aussi l'instrumentation présente, pour l'essentiel un trio claviers-basse-batterie.

L'hégémonie des claviers d'Hayashi dans le son de Mugen est donc assez logique, et n'a de cesse de servir la cause du symphonisme si cher au maestro : dans les séquences les plus classisantes et apaisées, mellotron (l'instrument-roi) et piano se succèdent, empreints d'une même solennité, et sont relayés dans les moments plus emportés par des nappes synthétiques orchestrales et enveloppantes sur lesquelles virevolte un Moog aux accents conquérants... Quelles que soient les atmosphères visitées, Mugen conserve la même majesté, parfois subtile et bouleversante, parfois grandiloquente et imposante.

Si les claviers tiennent ici le premier rôle, ils n'en partagent pas moins la vedette. Les compositions de Katsuhiko Hayashi sont en effet jalonnées de façon régulière par les interventions du chant de Takashi Nakamura. Celui-ci possède une voix typiquement japonaise, a savoir assez aiguë et un peu nasillarde; cela peut rebuter au premier abord, mais une fois cette spécificité intégrée, Nakamura se révèle être l'un des tous meilleurs chanteurs de la scène japonaise. Son chant est tour a tour languide et émouvant (voire bouleversant lorsque l'accompagnement musical se fait intimiste), et plus enjoué et volontaire (a la limite du 'kitsch', avouons-le, lorsque celui-ci se laisse gagner par le pompiérisme). Présent sur tous les morceaux de Sinfonia Della Luna, il est une composante cruciale du style Mugen, au point qu'on peut lui attribuer inconsciemment un rôle majeur dans son élaboration, alors qu'il n'en est rien : Nakamura n'est que l'humble serviteur des conceptions musicales d'Hayashi...

La section rythmique, quant à elle, est comme souvent en matière de rock symphonique le parent pauvre de l'ensemble. Parfois empâtée et hésitante, elle ne parvient pas toujours a faire vivre les architectures souvent complexes concoctées par Hayashi. On ne s'étonnera donc qu'à moitié qu'elle ait été remerciée peu après la sortie de l'album pour céder la place, lors des concerts, a celle de Pageant.

Venons-en à l'analyse musicale proprement dite. Deux constatations s'imposent rapidement. Tout d'abord, un talent mélodique hors-normes, qui se traduit dans des thèmes bien souvent superbes, qui marquent d'autant plus l'esprit qu'ils sont superbement mis en valeur par l'instrumentation choisie, incarnation de l'irrésistible souffle épique qui les anime. Ensuite, le choix de constructions kaléidoscopiques, à la logique intrinsèque parfois difficile à saisir, dont on se demande parfois s'il tient du choix conscient ou de la maladresse. La compréhension des textes, dont nous ne pouvons hélas juger ni du sens, ni de la poésie, offre sans doute la clé du mystère. Toujours est-il que cette réserve demeure secondaire, car l'on est à la fois trop dépaysé et, souvent, émerveillé, pour vraiment prêter garde a ce manque de rigueur académique.

De cet album relativement homogène d'un point de vue qualitatif, on retiendra logiquement en priorité les deux longues suites par lesquelles il débute et s'achève : «Sinfonia Della Luna» (18:45) et «Ballo Della Luna» (10:44). D'une beauté véritablement intemporelle, riches en séquences instrumentales de toute beauté, ce sont les deux joyaux d'un album qui est incontestablement l'un des chefs-d'œuvre du rock progressif symphonique.

Léda Et Le Cygne (1986)

Comme le suggérait plus haut Katsuhiko Hayashi lui-même, Léda Et Le Cygne est un peu le pendant obscur de Sinfonia Della Luna. La pochette donne d'emblée le ton : si elle rend a nouveau hommage à Gustave Moreau, ce n'est cette fois pas avec la débauche de couleurs qui caractérise certaines des œuvres les plus connues du peintre; le choix du compositeur s'est porté sur une œuvre plus sombre, illustrant la fameuse légende de la princesse Léda et de son union avec Zeus métamorphosé en cygne...

Vous l'aurez compris, l'atmosphère générale est assez différente de celle de Sinfonia... Toutefois, les caractéristiques principales de l'art de Mugen demeurent. La musique est toujours empreinte de classicisme et de délicatesse, de raffinement et de sophistication, d'emphase et d'émotion. Mais elle est moins éthérée, s'exprimant dans des compositions plus ramassées (entre quatre et dix minutes, si l'on excepte la courte reprise de la «Pavane Pour Une Infante Défunte» de Ravel), moins propices a la rêverie, plus terre-à-terre en quelque sorte.

L'instrumentation, elle aussi, a changé. En premier lieu, les claviers cessent d'être hégémoniques. Leur moindre présence semble cependant relever tout autant d'un choix que d'un contretemps lors de l'enregistrement, Hayashi n'ayant pas eu le temps d'enregistrer toutes ses parties, et n'ayant pu superviser lui-même le mixage final (précisons que cet album sortit chez King Records, label assez important, d'où une moindre participation des musiciens eux-mêmes a la supervision artistique du projet). On note également la plus grande place dévolue au chant de Nakamura, et aussi la participation de nombreux invités de marque, amis d'Hayashi conviés pour étoffer l'instrumentation : Kazuhiro Miyatake (Pageant, Mr. Sirius) à la flûte et à la guitare classique, Ikkou Nakajima (Pageant) à la guitare électrique et Takashi Kawaguchi (Outer Limits) au violon. La section rythmique officiant pour l'occasion (par l'entremise du label) est rien moins que celle de Novela : Ryuji Sasai (basse) et Ryuichi Nishida (batterie, également futur Vienna). Bref, Léda Et Le Cygne réunit tout simplement la crème des musiciens progressifs japonais !

Faisant en quelque sorte écho à l'opposition de ton entre cet album et son prédécesseur, l'architecture générale de Léda Et Le Cygne suit une logique inverse a celle de Sinfonia Della Luna, à savoir que le point d'orgue de l'œuvre se situe cette fois en son centre : il s'agit de «Edmond's Old Mirror», paradoxalement un titre très atypique dans l'œuvre de Mugen. Ce titre joue fort intelligemment de l'opposition entre une rythmique froide et mécanique et des nappes synthétiques envoûtantes et majestueuses, soutenant le chant plein de ferveur de Nakamura. La tension s'accumule peu a peu, jusqu'à se libérer lors du final très symphonique. La tonalité générale de l'album, déjà assez mélancolique, se fait ici presque macabre, cette impression ne se dissipant définitivement qu'au cours du morceau suivant, «Brugge» : un superbe solo de flûte de Mr. Sirius précède une somptueuse envolée symphonique nourrie de mellotron, qui est l'un des plus beaux moments de l'album, pour ne pas dire de l'œuvre de Mugen.

Ainsi, contrairement a ce que l'on aurait pu prévoir, le suite-titre n'est cette fois pas le sommet de l'album : il aurait fallu pour cela que ses différents thèmes se voient développés davantage et, surtout, donnés une cohérence d'ensemble plus affirmée. On mettra plutôt en exergue «La Rosa», ballade acoustique dans laquelle Takashi Nakamura, avec le seul soutien de la guitare acoustique et du violon, offre ce qui reste sans doute sa plus belle prestation vocale. A l'inverse, l'introduction de «Carmilla», copie-carbone de celle de «Nothing To Lose» de UK, n'est pas du meilleur goût, mais l'enthousiasme qui habite ce morceau, ainsi que son très beau solo de flûte, sauve la mise. Quant à la reprise de Ravel, sans dépasser l'original (elle n'en offre de toute façon qu'un bref aperçu), elle est agréable notamment grâce a des sons de claviers judicieusement utilisés : on la prendra plus comme un clin-d'œil que comme une tentative de dépasser le maître...

Album réussi dans l'absolu, Léda Et Le Cygne s'avère tout de même un peu décevant eu égard aux moyens mis en oeuvre : aspirant a priori, de par la présence de nombreuses figures emblématiques de la scène progressive japonaise, à en proposer la quintessence, il n'y parvient que partiellement. Si l'on ajoute à cela la noirceur qui l'imprègne en grande partie, ce second opus est sans doute le moins enthousiasmant des trois, et il s'impose de découvrir en priorité son prédécesseur et son successeur.

The Princess Of Kingdom Gone (1988)

Ce troisième album clôt prématurément l'œuvre de Mugen, et si l'on est tenté d'y voir le dernier volet d'une trilogie (réflexe quasi-pavlovien du mélomane progressif ?), il n'en est rien dans l'esprit de Katsuhiko Hayashi. Tout d'abord, c'est cette fois a la littérature britannique du XIXème siècle qu'il a décidé de rendre hommage. La pochette s'inspire d'ailleurs d'un tableau du Pré-Raphaëlite anglais Edward Burne-Jones, «La Princesse Endormie» (l'un des quatre constituant la quadralogie «L'Eglantine»), donnant cependant aux personnages des traits plus évocateurs de l'œuvre de l'Italien Dante Gabriel Rossetti. Par ailleurs, le claviériste a pour la première fois composé la musique avant d'écrire les textes, ce qui explique sans doute la présence, inédite elle aussi, de deux titres instrumentaux.

Pour autant, l'analyse musicale détaillée de The Princess Of Kingdom Gone révèle une œuvre a la croisée des voies suivies par les deux précédentes, synthèse réussie du symphonisme de Sinfonia Della Luna et du souci de concision de Léda Et Le Cygne. En ce sens, elle met un point final approprié, en forme de bilan, à une décennie de carrière.

Les 7 compositions proposées ici témoignent globalement d'une maîtrise plus affirmée au niveau des arrangements comme de l'exécution, rythmique notamment (le rôle échoit cette fois a deux musiciens de Midas, Shohei Matsuura et Kazuo Katayama). Pour autant, cela ne fait pas de The Princess... le meilleur album de Mugen, notamment parce que le contraste est plus flagrant que jamais entre séquences chantées et instrumentales. Les premières sont le plus souvent (à quelques exceptions près : la troisième partie de la suite-titre, «The Ghost Of Narcissus», par exemple) placées sous le signe du dynamisme, et souffrent par conséquent du style typiquement nippon (gai et sautillant) de Nakamura.

On se rejouit donc de la présence des deux instrumentaux : «The Lady Of Shalott» (4:59), dont on notera au passage que son titre est inspiré du tableau de Waterhouse qui a notamment servi de pochette à Irony Of Fate de Gerard, et «Trident Rock» (7:07), ce dernier culminant dans une séquence magistrale lors de laquelle Hayashi se livre a une démonstration assez affolante de ses talents, passant en revue successivement toute sa panoplie de claviers...

On notera par ailleurs la présence plus affirmée de la guitare : c'est l'ex-soliste de Magdalena, Taku Fujii, qui officie a ce poste; il intégrera d'ailleurs la formation scénique du Mugen pour ses derniers concerts, en 1988-89. Gratifiant certains titres de solos très enlevés («Dazzling Ligeia»), donnant à d'autres une coloration plus rock (comme «Black Panther», fortement réminiscent par ailleurs du Asia de «Here Comes The Feeling»...), elle confère à l'ensemble contrastes et dynamisme, tout en laissant la vedette aux claviers du leader.

Œuvre la plus équilibrée de Mugen, The Princess Of Kingdom Gone perpétue l'originalité et la réussite des deux précédentes, tout en réaffirmant une dimension symphonique quelque peu délaissée sur Léda Et Le Cygne. Ce troisième opus devait hélas rester sans lendemain : l'année suivante, Mugen sombrait corps et biens alors qu'il semblait promis à la plus brillante des destinées...

L'année 1989 devait effectivement marquer la rupture entre Katsuhiko Hayashi et Takashi Nakamura : une rupture en l'occurrence plus géographique qu'artistique puisque c'est le départ d'Hayashi pour Tokyo, où il part travailler comme producteur pour le compte du label Made In Japan (Social Tension notamment), qui les contraint à mettre un terme, semble-t-il définitif, à leur fructueuse association. En 1994, il crée un magasin de disques, Garden Shed, spécialisé dans le rock progressif.

En parallèle, il débute une collaboration avec l'ex-guitariste de Pageant (groupe qu'il avait intégré en 1987 le temps de quelques concerts, à l'occasion d'une période d'inactivité de Mugen), Ikkou Nakajima, qui aboutit a la création du groupe Ie Rai Shan et la publication d'un album du même nom. Ce dernier (chroniqué dans notre n°8) devait hélas s'avérer trop inégal pour réellement marquer les esprits et ne soutient guère la comparaison avec les trois albums de Mugen. Le groupe a d'ailleurs été mis en veilleuse du fait des autres occupations de ses animateurs.

«Il se pourrait qu'il y ait un jour un second album de Ie Rai Shan», conclut Hayashi. «Nous avons tous deux composé de nouveaux morceaux, mais nous n'envisageons pas pour l'instant de les enregistrer. Ikkou Nakajima est très pris par son travail, moi aussi, bref nous sommes actuellement au point mort. Mais j'ai bon espoir que ça se fasse un jour !».

Christian AUPETIT

(chroniques parues dans Big Bang n°21 - Juillet/Août 1997)