
PISTES :
1. Musical Witchcraft Suite (19:16)
2. Music From The Spheres (3:36)
3. Boleriade (4:57)
4. Morning Dance In The Garden Of Chenonceau Castle (2:03)
5. Silent Man's Prayer (7:22)
6. Rocks And Waves From Saint-Malo (3;44)
7. Alchemy (4:32)
FORMATION :
Attila Kollàr
(flûte, tambourin, claviers)
Gàbor Naszàdi
(guitares)
Zsolt Vàmos
(guitares)
Gàbor Kisszabò
(basse)
Tamàs Pòcs
(basse)
Csaba Bogdàn
(guitares)
Ròbert Erdesz
(claviers)
Làszlò Gömör
(batterie, percussions)
MUSICAL WITCHCRAFT
- ATTILA KOLLAR -
"Zenei Boszorkánykonyha"
Hongrie - 1998
Stereo KFT - 45:44
Quelques semaines à peine avant la parution du nouvel album de Solaris, c'est l'un de ses principaux protagonistes, le flûtiste Attila Kollar, qui rompt enfin le silence observé depuis la publication de Live In Los Angeles et son titre studio inédit. La contribution de Kollar étant l'une des principales marques de la personnalité du groupe, il est tentant, en premier lieu, de répertorier les similitudes et différences entre ce projet solitaire et la musique de Solaris.
Des similitudes, il y en a certes (outre la flûte, on peut retrouver ça et là quelques chœurs emphatiques, des guitares lyriques et la même fluidité mélodique); toutefois, les comparaisons s'arrêtent là, et Musical Witchcraft n'est ni un Solaris-bis, ni un sous-Solaris. Ici, la musique est plus posée, souvent apaisée.
Chacun des morceaux (de deux à sept minutes - cela vaut aussi pour les 19 minutes du morceau-titre, partagées en cinq parties totalement indépendantes) tourne autour d'un thème et d'une ambiance. Peu de cassures de rythmes ou de brusques ruptures comme nous y avait habitué Solaris, ici chaque thème est plutôt exploité avec précision, comme si c'était pour en extraire toute la quintessence.
La limpidité et la subtilité des mélodies permettent d'atteindre cet objectif presque systématiquement; le «presque» correspond à la seconde moitié du dernier mouvement de «Musical Witchcraft», durant laquelle le motif, pourtant bouleversant, est assaisonné d'un accompagnement rock baroque et pompeux (à la Rondo Venezziano...) malvenu.
Le fait de pouvoir s'exprimer hors des contraintes d'un groupe a aussi permis à Attila Kollar de s'essayer à de nouveaux langages. Tout en restant dans un contexte progressif, la musique se pare souvent d'emprunts aux musiques folkloriques européennes (au sens large), médiévales, ou cosmo-rock (laissons le space-rock à l'Europe occidentale et l'astro-rock aux Etats-Unis...), voire au classique ou au jazz.
Riche de toutes ces couleurs, la palette d'ambiances est ainsi très étendue : tour à tour claire-obscure, candide, contemplative, pesante ou pastorale... De même, ayant à sa disposition un effectif important d'instrumentistes, l'auteur a pu à loisir adapter sa formation, et par conséquent ses orchestrations - du duo guitare-flûte à un ensemble rock plus conventionnel, en passant par une chorale -, aux exigences de chaque composition et de l'atmosphère désirée.
En dépit de craintes légitimes, le défilé de tous ces musiciens et la constante variation des climats n'affectent pas vraiment la cohérence d'ensemble. Ce constat est à mettre à l'actif de la verve mélodique éblouissante de Kollar et de ses dons de chef d'orchestre, rôle qu'il assume d'ailleurs parfois au sens propre dans Solaris. Au fil de disque, l'auditeur est mû par un invariable enchantement. C'est sans doute à ce niveau qu'il faut d'ailleurs chercher la véritable unité de Musical Witchcraft.
Olivier VIBERT
(chronique parue dans Big Bang n°28 - Novembre 1998)

