
PISTES :
CD
1 :
Part 1 - 41:08
1. The Land Of Beginning Again (3:10)
2. Overture No. 1 (5:58)
3. California Nights (5:46)
4. Colder In The Sun (6:20)
5. Sleeping Jesus (5:32)
6. Interlude (1:56)
7. The Prince Of The Power Of The Air (2:43)
8. The Promise (2:52)
Part 2 - 31:38
9. Wasted Life (6:50)
10. Overture No. 2 (2:31)
11. Break Of Day (6:55)
12. Power In The Air (5:03)
13. Somber Days (5:06)
14. Long Story (5:35)
15. It`s All I Can Do (6:25)
CD
2 :
Part 3 - 12:06
1. Transformation (3:00)
2. Ready To Cry (4:17)
3. Sing It High (4:48)
Part 4 - 28:19
4. Moving In My Heart (3:06)
5. I Am Willing (6:28)
6. In The Middle (2:27)
7. The Storm Before The Calm (7:31)
8. Oh, To Feel Him (6:17)
9. God`s Theme (2:31)
Part 5 - 10:33
10. Overture No. 3 (1:05)
11. Rejoice (2:28)
12. Oh Lord My God (3:54)
13. God`s Theme 2 (2:10)
14. The Land Of Beginning Again (0:54)
FORMATION :
Neal Morse
(guitares, synthétiseurs, piano, orgue, chant)
Mike Portnoy
(batterie)
Kerry Livgren
(guitare solo [CD1-14])
Eric Brenton
(violon, flûte)
Chris Carmichael
(violon, violoncelle)
David Henry
(violoncelle)
Jim Hoke
(saxophone)
Neil Rosengarden
(trompette)
Katie Hagen
(cor anglais)
Mark Leginer
(saxophone)
Byron House
(contrebasse)
Glenn Caruba
(percussions)
Johnny Cox
(pedal steel guitare)
Jerry Guidrox
(guitare)
Pamela Ward,
Aaron Marshall,
Rick Altizer,
Terry White,
Gene Miller
(chœurs)
NEAL MORSE
"Testimony"
États-Unis - 2003
Inside Out - 73:18 / 51:28
Comment ? Neal Morse sort déjà un nouvel album, et double, de surcroît ? Cette nouvelle a dû surprendre la majorité d'entre-nous, qui étions restés sous le choc de son retrait conjoint de Spock's Beard et de TransAtlantic, il y a un an de cela. En réalité, le plus curieux n'est pas qu'il nous propose un nouveau disque, dans la mesure où son engagement religieux pouvait tout à fait s'accompagner d'un débouché musical. Non, le plus étonnant est que Testimony, loin des clichés du rock chrétien américain, est une pure galette de prog ! De surcroît, le début de sa réalisation semble remonter à plus d'une année, au vu de la quantité impressionnante de musique qui y figure, et puisque l'on sait que son enregistrement a débuté au minimum début 2003 (les parties de batterie ont ainsi été capturées en février). Alors, au-delà de la foi, y aurait-il chez Neal Morse manifestation d'un péché d'orgueil ? Derrière ses motivations spirituelles, ne peut-on déceler un certain désir de reconnaissance personnelle, qui ne pouvait pleinement s'épanouir dans le cadre d'un collectif comme Spock's Beard ? Quoi qu'il en soit de cette interrogation, une chose est sûre : avec Testimony, Neal Morse va incontestablement enrichir le capital sympathie dont il bénéficie dans le petit monde du progressif.
Alors, bien sûr, il y a les paroles. Avec des titres comme «The Land Of Beginning Again», «Sleeping Jesus», «The Prince Of The Power Of The Air», «Power In The Air», «Oh, To Feel Him», «God's Theme» ou «Oh Lord My God», on est fixé d'emblée sur le contenu nettement religieux et biblique de cet album, témoignage (le sens de Testimony) sur l'intensité nouvelle de la foi éprouvée par Neal Morse. Celui-ci rejoint ainsi la cohorte, particulièrement nombreuse aux États-Unis, des «new born christians». côtoyant ainsi des personnages aussi variés que Kerry Livgren, Ronald Reagan ou George Bush fils ! Mais il s'agit là après tout d'un choix individuel que nous ne pouvons que respecter, quelles que soient nos propres convictions. Ce qui semble avoir cependant gêné plusieurs auditeurs du disque, c'est la tendance au prosélytisme véhiculé par ces textes, véritables hymnes d'amour à Dieu. Or, à moins de prôner une neutralité absolue totalement irréaliste, on ne peut nier à chaque artiste le droit d'exprimer à travers ses paroles ce qu'il est, tout simplement. Bien sûr, certaines idées sont plus nauséabondes que d'autres. Mais en dehors du fait que le message du christianisme, malgré tout, n'est pas celui du fascisme, n'oublions pas qu'une œuvre d'art se juge au moins autant sur sa forme que sur son fond idéologique. Tachons de nous en souvenir afin de relativiser la nature des paroles de Testimony.
Car sur le plan formel et strictement musical, ce troisième album solo de Neal Morse (si l'on met de côté son disque de chants de Noël) surpasse allègrement ses deux prédécesseurs, parus respectivement en 1999 et 2001, même si sur le premier, on trouvait déjà une suite passionnante, «A Whole Nother Trip» (voir les numéros 32 et 41 de Big Bang). Il se situe en fait dans la lignée de Snow (la ballade «The Land Of Beginning Again», qui ouvre et ferme l'œuvre) et du Bridge Across Forever de TransAtlantic. Les vingt-neuf pistes sont en effet regroupées en cinq suites de 10, 12, 28, 31 et même 41 minutes ! A l'instar d'un «Duel With The Devil» ou d'un «Stranger In Your Soul», ces épiques se répondent les uns aux autres par le biais de thèmes résurgents, cimentant ainsi la cohérence musicale de l'ensemble (la mélodie qui apparaît ainsi sur «Overture No 1 » se retrouve sur «Colder In The Sun», «Power In The Air» ou «The Storm Before The Calm»). L'enregistrement, pour lequel Neal Morse a sollicité le talentueux Rich Mouser, complice privilégié des derniers Spock's Beard (y compris Feel Euphoria d'ailleurs), met pleinement en valeur la qualité de ce Testimony, qui confirme l'incroyable talent de mélodiste du bonhomme. Certes, on pourra toujours trouver à redire sur des refrains jamais très éloignés de la pop, mais comment résister à cette furieuse envie de les reprendre en chœur, du pulsionnel «Power In The Air» au très beatlesien «Colder In The Sun», en passant par le délicat «I Am Willing» ?
Par ailleurs, sur le plan des arrangements, qui continuent de faire la différence avec de la variété lambda, Neal Morse a repoussé les limites de son écriture habituelle, même si on retrouve avec plaisir certains gimmicks sonores, à commencer par ses soli de claviers brefs mais intenses, qui nous rappellent qu'il est également un musicien très compétent. Il en est ainsi des arrangements orchestraux, plus seulement cantonnés à de simples introductions au violoncelle, mais mis à profit pour de copieux passages instrumentaux (les trois «Overture» ou «Transformation») et bien plus diversifiés (cordes, flûte, percussions). Intégrés avec beaucoup de naturel, ils ne frisent le convenu qu'à de rares moments. Les cuivres sont eux aussi davantage mis à contribution, poursuivant la tendance déjà à l'œuvre sur Snow. Le prog maniac pourra donc se régaler de ces fréquentes séquences instrumentales particulièrement enlevées, dont l'«Overture No 1», concentré de sons typiquement beardiens (rythmes saccadés, contrastes marqués), saupoudré d'un passage très emphatique à la Trent Gardner (qui réapparaît d'ailleurs plus tard, comme sur le long final de «Colder In The Sun» et sur celui de «The Storm Before The Calm»), est l'étalon. D'autre part, s'il n'évite pas, loin de là, la tendance à l'auto-plagiat, inévitable du fait de sa prolixité, Neal Morse a délibérément élargi ses horizons musicaux, et nous invite à quelques escapades du côté de la country («Sing It High»), du gospel (les chœurs de «The Storm Before The Calm») ou des ambiances latino-américaines d'un Santana (l'entraînant «The Promise» et son piano jazzy caractéristique, que l'on retrouve aussi sur «The Storm Before The Calm»); à cet égard, on avait déjà eu droit à une expérience préalable dans le genre avec «The Man Who Would Be King», sur la suite du premier album solo, par exemple. On a même la surprise de découvrir un surprenant solo de violon dans «Break Of Day», une première (l'influence de Kansas ?) que l'on espère voir reproduite dans l'avenir. Enfin, les chœurs féminins sont particulièrement présents, élargissant un des aspects de It's Not Too Late, second album solo de Neal Morse, et nimbant d'une aura positive nombre de mélodies («I Am Willing» ou «Rejoice»),
Il faut dire qu'en plus des musiciens en charge des instruments proprement orchestraux, Neal Morse s'est entouré de son ami Mike Portnoy et de Kerry Livgren, à jamais leader de Kansas. Le batteur de Dream Theater effectue une prestation irréprochable, proche de son jeu dans TransAtlantic. à la fois riche (les subtilités de tempos) et percutant, sans être caricatural, proche d'un Phil Collins de la grande époque. Il profite en outre de ses progrès au chant pour donner la réplique à Neal Morse de manière très efficace sur plusieurs refrains. Quant à Livgren, il se fend de partitions de guitare électrique, mais surtout acoustique, d'une grande finesse. Aucune suite n'est donc à mettre de côté, chacune recelant son lot de moments forts. La première est certainement la plus réussie, de son ample ouverture à un «Interlude» plus musclé, dignes du meilleur TransAtlantic, sans oublier la ballade «Sleeping Jesus» et son passage médian acoustique, ou «The Prince Of The Power Of The Air», évocateur des ambiances très rock de Snow. La conclusion, «Wasted Life», s'avère par contre trop prévisible, proche des thèmes lyriques classiques de Spock's Beard. Dans cette optique, «It's All I Can Do», dernière partie de la seconde suite, elle aussi très réussie, est plus intéressante, bourrée d'une mélancolie presque palpable. Le deuxième disque est à la rigueur un cran en dessous du premier, la suite de 28 minutes en étant son sommet, pas seulement du fait de sa durée, mais aussi par la force des thèmes, de «Moving My Heart», ode aux Beatles, aux émouvants «I Am Willing» et «Oh, To Feel Him», en passant par les très juteux «In The Middle» (un interlude ouvert par un piano genesien) et «The Storm Before The Calm». Les deux autres - la cinquième étant globalement plus intéressante que la troisième - auraient ainsi peut-être gagné à être fusionnées...
Au vu du contenu abondant de ce Testimony, nul doute qu'il effectuera plusieurs passages sur votre lecteur avant que vous n'en soyez vraiment rassasiés. Et croyants ou athés, nous ne pouvons qu'espérer que le Dieu de Neal Morse, quel qu'il soit, continue de lui donner une telle inspiration musicale !
Jean-Guillaume LANUQUE
Entretien avec Neal MORSE :
Lorsque vous avez informé le public, voici un an, de votre retrait de Spock's Beard et de TransAtlantic pour vous consacrer pleinement à votre foi, on ne s'attendait pas à vous voir revenir si vite avec un double album solo : pouvez-nous nous dire ce qui s'est passé ?
J'ai eu un flot d'idées qui est venu tout d'un coup. Quand j'ai annoncé aux autres que je quittais le groupe, je n'étais pas sûr du tout de ce que j'allais faire. Ensuite, j'ai eu cette vague d'idées progressives. Je les ai enregistrées en même temps que d'autres chansons chrétiennes contemporaines, et je pensais que c'était peut-être la direction que Dieu voulait que je prenne, je ne savais pas vraiment, j'ai beaucoup prié, j'ai essayé de rester réceptif. Cette musique est sortie de moi, et plus je travaillais dessus, plus je sentais que c'était vraiment ce qu'il fallait que je fasse.
Pourquoi une telle différence avec vos deux précédents albums solo, qui étaient plus dépouillés et pop ? Aviez-vous d'emblée l'ensemble de Testimony dans la tête, ou avez-vous regroupé des titres écrits à des périodes différentes ?
Pour les anciens albums, j'avais des restes, des chansons qui existaient déjà avant, alors que maintenant, j'enregistre tout ce que je compose. Sur Testimony, il n'y a qu'une chanson qui avait été composée avant de quitter Spock's Beard, «Colder In The Sun».
Les paroles de Testimony reflètent énormément la place majeure de la foi chrétienne dans votre vie : pourquoi avoir choisi de communiquer ces idées au public, plutôt que de les conserver comme un engagement individuel ?
Je crois que toute personne qui écrit ou qui crée une œuvre d'art le fait avec le cœur, avec ce qu'il y a de plus intime. Et il se trouve que mon cœur a changé, et que ce qui sortait de mon cœur a changé aussi. On pouvait déjà le sentir dans Snow, avec beaucoup de chansons qui étaient comme des prières, telle «Wind In My Back» ou «Open Wide The Flood Gates». Ce qui sort de moi, c'est vraiment ce qui se passe dans ma vie au moment où j'écris.
Diriez-vous que vous êtes aujourd'hui complètement différent de ce que vous étiez avant ?
Peut-être pas complètement, mais je peux quand même dire que j'ai fondamentalement changé.
Que pensez-vous des accusations de prosélytisme, voire de propagande, qui circulent sur Internet ?
Je n'ai rien lu de tel. Je ne sais pas quoi en penser. Je ne me verrais pas dire que je n'ai pas changé, que mon cœur n'a pas été touché par le Seigneur. Mais je ne cherche pas à imposer de force mes idées aux gens. L'idée de Testimony, c'était de montrer à mon public ce qui m'arrivait, ce qui se passait dans ma vie. L'idée de la musique, c'est que c'est comme de la poésie sans les mots, une prière sans les mots. L'idée, c'était que la musique transmette ce que j'avais du mal à exprimer avec des mots.
Les arrangements orchestraux sont beaucoup plus développées sur Testimony que sur les albums de Spock's Beard et TransAtlantic : pourquoi avoir attendu aussi longtemps pour les utiliser avec cette ampleur ?
Pour cet album là, je l'ai senti comme ça, je l'entendais comme ça dans ma tête. C'est ce qui est venu avec la première vague d'idées que j'ai eues, c'est venu comme ça. Avant, effectivement, les arrangements orchestraux étaient plus fait pour donner une certaine couleur aux morceaux ou pour les introductions, alors que là, j'ai vraiment voulu utiliser l'orchestre comme partie intégrante de la musique.
Testimony offre une quantité impressionnante de morceaux, et Snow était déjà un double album, sans parler de votre travail antérieur avec Spock's Beard, TransAtlantic ou en solo : comment faites-vous pour composer autant de matériel sans épuiser votre inspiration ?
Quand vous faites de la musique à temps plein, vous avez beaucoup de temps pour composer, mais pour moi, ça a toujours été naturel. Pour l'album Testimony, ça a vraiment été fantastique, les idées n'arrêtaient pas de me venir, j'ai vraiment été béni ! [rires]. C'est vraiment ce que je préfère dans la vie, c'est l'inspiration initiale, le moment où les idées vous viennent. Ensuite, commence vraiment le travail, avec les arrangements, l'écriture des paroles... Pendant l'enregistrement, on a le sentiment qu'il faut que tout soit parfait, alors qu'au début, on est plus libre.
Testimony nous confirme que vous êtes, en plus d'un grand interprète, un excellent claviériste, comme nous avions déjà pu le voir avec TransAtlantic : quelles sont vos influences majeures dans ce domaine ?
J'ai été influencé par les plus grands, Rick Wakeman, Emerson, ce genre de musiciens. Sur le coup, je n'arrive pas à penser à d'autres noms, [rires]
Qu'est-ce que vous préférez faire, chanter ou jouer des claviers ?
Peut-être que c'est le chant, même si j'aime les deux. En fait, le chant est la partie la plus difficile pour moi, celle qui me tracasse le plus parce que la voix ne coopère pas toujours, elle ne fait pas toujours ce qu'on voudrait qu'elle fasse, il y a toujours une partie incontrôlable. Parfois, tout se passe bien, et parfois, c'est le contraire, ça peut changer d'un concert à l'autre.
Comment avez-vous choisi les deux invités prestigieux qui figurent sur Testimony, Mike Portnoy et Kerry Livgren ? Le fait que Livgren soit comme vous un fervent chrétien a-t-il influé sur votre choix ? Ont-ils participé au travail d'arrangement, ou avez-vous été très directif avec eux ?
C'était quand même moi le patron, même si je n'aime pas trop le dire comme ça [rires]. Au moment de l'enregistrement, j'avais déjà plus ou moins tout prévu. Mike a participé aux premières démos, et il a apporté par exemple l'idée du solo de clavier qui est dans «Break Of Day». J'ai fait appel à Mike parce que c'est plutôt un bon batteur [rires]. Avec Kerry, on a d'abord beaucoup discuté, car je l'ai appelé au moment où je pensais quitter Spock's Beard, et j'avais besoin de parler avec quelqu'un qui avait déjà traversé les mêmes choses. Après, on est resté en contact, je suis allé le voir chez lui, au Kansas. Au moment où lui est arrivé, l'enregistrement était quasiment terminé, et il a fait les soli de guitare.
Que pensez-vous du premier album de Spock's Beard sans vous ? Avez-vous toujours de bonnes relations avec eux ?
Oui, oui, je parle à Alan de temps en temps, c'est mon frère. J'ai parlé avec Ryo cette semaine. Oui, on est en contact. Tout a l'air de se passer plutôt bien, et j'en suis très content. Je pense que l'album est bon, ils ont bien réagi, ils vont partir en tournée, je pense que c'est vraiment bien.
Avez-vous l'intention, sinon de revenir un jour au sein de Spock's Beard, au moins de leur servir de compositeur ?
Je n'aime pas trop me projeter dans l'avenir. Je suis ouvert à tout ce que Dieu me dira au moment voulu. Et quand on vit comme ça, c'est très difficile de prévoir ce qui va se passer.
Avez-vous l'intention de partir en tournée pour promouvoir Testimony ? En dehors de Mîke Portnoy, avec quels musiciens, partagerez-vous la scène ?
Je sais que Mike sera là, et aussi mon ami Eric, au violon, mon ami Mark, au saxo et pour les chœurs, Randy George, et pour le reste, je ne sais pas encore. Il y aura pas mal de monde sur scène, ça va être chouette !
Avez-vous déjà une idée des morceaux que vous allez jouer, de Testimony, de Spock's Beard et de votre ancienne carrière solo ?
Ce qu'on aimerait faire, pour le moment, c'est jouer l'intégralité de l'album Testimony, avec un entracte. Pour les rappels, on mélangera les suites de TransAtlantic avec celles de Spock's Beard.
Entretien
réalisé par Christine FORTIN
et Jean-Guillaume LANUQUE
(chronique et entretien parus dans Big Bang n°51 - Novembre 2003)

