
PISTES :
1. Introduction À La
Différence (5:36)
2. Les Enfants Rois (2:45)
3. Même Peau, Même Destin (9:02)
4. L'homme Idéal (1) (4:36)
5. Reflets (10:40)
6. Décadanse (2:02)
7. Une Question De Prix (6:34)
8. Une Question De Temps (5:15)
9. L'homme Idéal (2) (4:21)
10. Les Visages Du Monde (5:42)
FORMATION :
Guillaume Fontaine
(claviers, chant)
Lionel B. Guichard
(basse, chant)
Jean-Baptiste Itier
(batterie, chant)
Jean-Pierre Louveton
(guitare, chant)
INVITÉ
Sylvia Krauss
(chant [5])
EXTRAITS AUDIO :
NEMO
"SI Partie II - L'Homme Idéal"
France - 2007
Quadriphonic - 56:32
Après une première partie particulièrement enthousiasmante, le groupe français propose, à un rythme effréné qui impose le respect, la seconde et dernière partie de son concept de science-fiction consacré à la génétique, ses promesses et surtout ses dangers. Au passage, les textes, toujours soignés (et à travers lesquels le «si» revient régulièrement), égratignent la domination occidentale et la misère du Sud, la génétique comme privilège réservé aux plus fortunés et permettant l'amélioration des individus nouveaux nés, non sans relents d'eugénisme. Alors que SI Partie I était surtout axé sur des compositions étendues, ce second opus est constitué de dix morceaux (parmi lesquels deux instrumentaux, dont un excellent «Une Question de Temps»), tous enchaînés, avec quelques thèmes et arrangements récurrents, et dont deux atteignent cependant la dizaine de minutes.
D'une qualité constante tout au long des différentes pistes, ce SI Partie II est d'un niveau au moins égal à son prédécesseur. Débutant par un rappel de ce dernier (le thème conclusif d'«Apprentis Sorciers»), puis par quelques propos échangés dans un bistrot, il voit se succéder des mélodies toujours agréables, avec quelques climax notables («Les Enfants Rois», single idéal par sa vivacité, ou le refrain central de «Reflets»). Musicalement, on a toujours affaire à du gros calibre, servi par une production limpide. La section rythmique brille surtout grâce à la batterie de Jean-Baptiste Itier, la basse de Lionel B Guichard étant légèrement moins mise en valeur; quel plaisir, par contre, lorsqu'elle se fait plus offensive, sur «L'Homme Idéal (1)», par exemple ! Appuyés sur ces fondations fiables, Guillaume Fontaine et Jean-Pierre Louveton, tout en harmonie, ont le champ libre pour porter la musique de Nemo vers les hauteurs. Les interventions de claviers sont en effet à coup sûr pertinentes, que ce soit au piano, très sensible, ou au synthétiseur, avec des soli aussi rares que gouleyants (sur «Les Enfants Rois» et «L'Homme Idéal (2)», en particulier). Quant à la guitare, électrique et même acoustique («Une Question de Prix»), elle fait preuve d'un feeling certain, devenant fréquemment lyrique, avec des accents blues-rock qui confirment Jean-Pierre Louveton comme étant un de nos grands guitaristes français actuels.
En outre, le style propre à Nemo, énergique sans jamais être trop hard, est ici enrichi de quelques influences intéressantes sur les arrangements, plus synthétiques, jazzy, funk ou orchestraux. Le seul aspect plus faible n'est autre que le chant de Jean-Pierre Louveton. N'insistons pas sur cet aspect déjà largement évoqué dans les chroniques précédentes, sinon pour dire que les progrès réalisés dans la maîtrise vocale empêchent de parler d'élément rédhibitoire. D'autant que sur certains morceaux («Les Enfants Rois», «L'Homme Idéal»), les intonations se révèlent spécialement convaincantes : servi par des mélodies adaptées et des chœurs bienvenus, le chant devient ainsi pratiquement l'égal du reste de l'instrumentation. Notons d'ailleurs la participation d'une chanteuse, Sylvia Krauss, sur «Reflets», une idée à reconduire et qui tend à rapprocher Nemo de la configuration actuelle de Ange... Un album qui confirme en tout cas l'excellence de ce groupe, devenu un des piliers de la scène prog hexagonale.
Jean-Guillaume LANUQUE
(chronique parue dans Big Bang n°65 - Avril 2007)


