BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques


PISTES :

1. Departure (3:51)
2. On The High Seas (10:05)
3. Morning Light (2:36)
4. Eventide (8:46)
5. Wandering Moon (3:08)
6. Endless Days (6:31)
7. Distant Encounter (7:24)
8. Conflict, including The Battle and March Of The Dead (9:02)
9. Remembrance (3:28)
10. The Voyage Home (7:42)

FORMATION :

Mark Walczak

(claviers, basse)

Ben Jaeger

(guitare, claviers)

Ken Lotz

(batterie, claviers)

INVITÉS

Rachel Ziegert
(hautbois)

Kara Higdon
(flûte)

Mandy Gelhaart
Jason McKinney
(clarinette)

Terry Michaels
(guitares acoustique et 12 cordes)

NIGHTALES

"The Voyage"

États-Unis - 1996

Mellow Records - 62:36

 

 

Dans notre numéro 8 paru il y a deux ans, nous vous avions présenté Paragone, formation américaine menée par deux instrumentistes, Mark Walczak (claviers et basse) et Ken Lotz (batterie et claviers). Ces derniers avouaient alors avoir fait partie quelques années auparavant d'un groupe appellé... Nightales...

Vous comprendrez aisément l'embarras que nous avons connu en découvrant le présent CD... S'agit-il d'un nouvel album ou simplement de la résurrection digitale d'anciennes compositions ? Quoi qu'il en soit et pour notre plus grand bonheur, cette interrogation devient rapidement secondaire. La musique découverte ici est en effet très nettement supérieure à celle que nous avait offert Paragone.

Au delà de ce constat, The Voyage est en fait une œuvre qui réclame un choix draconien de votre part. Soit vous estimez que la vocation du rock progressif est de chercher sans cesse à emprunter de nouveaux chemins musicaux, soit vous privilégiez la beauté quelle que puisse être son originalité stylistique... Dans le premier cas, Nightales n'est assuremment pas fait pour vous. Dans le second par contre, lisez la suite de cette chronique avec la plus grande vigilance !

Le terme «original» est certes le moins à même de décrire les dix compositions (de 2:36 à 10:05) de The Voyage, mais leur symphonisme omniprésent est des plus inspirés... Que l'on pense à Camel ou à Zazen à l'écoute de cet album, il convient avant tout de se laisser bercer par ses douces mélopées. La part belle est logiquement faite aux claviers, suaves au possible, qui s'embarquent dans de longues et superbes digressions instrumentales (l'album l'est d'ailleurs complètement). La guitare de Ben Jaeger ne montre le bout de son manche que beaucoup plus rarement, mais avec un sens de l'efficacité qui lui confère une haute légitimité.

Car cet album est un nid de beauté, duquel ne cesse de s'envoler des nuées d'émotions. Nul ne sert de chercher une quelconque démonstration technique de la part des musiciens, ni une grande sophistication instrumentale. Il est seulement question ici d'honorer le règne du beau et de le cultiver en devenant promptement ses vassaux.

Olivier PELLETANT

(chronique parue dans Big Bang n°20 - Mai/Juin 1997)