
PISTES :
1. My Ivory Soul (8:40)
2. The Theme (1:31)
3. The Fisherman (8:42)
4. Tomorrow Happened (9:47)
5. The Black Cage (8:44)
6. A Game With Shifting Mirrors (8:02)
7. Flower Of Innocence (3:51)
FORMATION :
Simone Rossetti
(chant)
Franceso Zago
(guitares, programmation)
Antonio Mauri
(basse)
Giovanni Alessi
(claviers)
Diego Donadio
(batterie)
THE NIGHT WATCH
"Twilight"
Italie - 1997
Lizard / Pick Up Records - 49:19
Récemment, en faisant écouter le présent CD à un ami sans lui préciser de quelle formation il s'agissait, je me fis interpeller de la sorte : «Dis, tu aurais pu me prévenir que le nouvel album d'Aufklärung était sorti !!!»... Je ne vous cache pas que le but escompté était bien de susciter une réaction semblable à celle-ci... Cette dernière correspond très certainement à celle que vous auriez pu avoir si vous n'aviez pas connu l'identité de l'auteur de Twilight...
Car The Night Watch, outre d'évidentes similitudes musicales avec son confrère italien, possède un chanteur à la voix et aux intonations proches de celles de l'excellent Francesco Grosso. Ce mimétisme est ainsi des plus déroutants, et je ne vous cache pas m'être interrogé au départ sur l'éventualité d'être confronté à un pseudonyme... En fait, Simone Rossetti est tout simplement un clone vocal du chanteur d'Asgard et de Aufklärung. Nul doute d'ailleurs que vous jugerez le présent album prioritairement sur ce point... Il est en effet difficile de passer outre cette ressemblance, qui engendre une certaine confusion quant à l'identité propre de cette jeune formation...
Twilight n'en demeure pas moins un excellent album, qui fait montre de qualités certaines tant au niveau de la constance mélodique de ses sept compositions ( de 1:41 à 9:37) que de la présence charismatique de son chanteur (comment pourrait-il en être autrement ?!?). Sans autre prétention (pour le moment en tout cas...) que d'offrir une musique accessible et colorée, The Night Watch n'hésite cependant pas à s'engager dans des chemins de traverse plus sinueux et escarpés que les voies tout à la fois néo-progressives et symphoniques dans lesquelles il se complait parfois quelque peu. Ce que l'on peut reprocher au quintette transalpin réside ainsi dans sa propension à reprendre à son compte les effets stylistiques chers au Marillion de Fish, alors qu'on le voit faire preuve à d'autres moments de bien plus de singularité...
Hésitant donc un peu trop entre s'accaparer les recettes ayant fait le succès en 1995 de Aufklärung (ce à quoi son chanteur semble peut-être un peu trop le prédestiner) et utiliser la théatralité dramatique de son ainé britannique (en forçant un peu trop sur les règles fondatrices de ce dernier), The Night Watch ne profite évidemment pas pleinement de la sympathie que sa musique pétillante suscite chez l'auditeur...
C'est un peu dommage quand on constate que la maturité des musiciens est bien présente; cette dernière se doit donc désormais de se parer d'une forme plus déterminée afin de permettre l'élaboration d'une musique, non pas digne d'intérêt (elle l'est déjà largement !) mais entière car plus personnelle et moins consensuelle...
A découvrir donc, ne serait-ce que pour se convaincre des formidables aptitudes (source d'espoirs donc) dont regorge The Night Watch...
Olivier PELLETANT
(chronique parue dans Big Bang n°24 - Janvier-Février 1998)

