BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques

Once pochette

PISTES :

1. Dark Chest Of Wonders (4:28)
2. Wish I Had An Angel (4:03)
3. Nemo (4:36)
4. Planet Hell (4:39)
5. Creek Mary's Blood (8:29)
6. The siren (4:45)
7. Dead Gardens (4:26)
8. Romanticide (4:57)
9. Ghost Love Score (10:00)
10. Kuolema Tekee Taiteilijan (3:34)
11. Higher Than Hope (5:35)

FORMATION :

Marco Hietala

(basse, chœurs)

Tuomas Holopainen

(piano, synthétiseurs)

Jukka Nevalainen

(batterie)

Tarja Turunen

(chant)

Emppu Vuorinen

(guitares)

INVITÉS

Paul Clarvis
(percussions [5])

Anthony Pleeth
(violoncelle [6])

Frank Ricotti
(percussions)

Sonia Slaney
(violon électrique [6])

The Metro Voices
(chœurs)

Orchestre philharmonique de Londres

EXTRAITS AUDIO :

NIGHTWISH

"Once"

Finlande - 2004

Nuclear Blast - 60:06

 

 

Nightwish nous avait laissé en 2002 sur une impression mitigée à l'écoute de l'album Century Child (voir l'article du Big Bang n°45), et le DVD paru l'an dernier et chroniqué dans ces pages était loin de suffire à nous rassurer sur le potentiel du groupe. La surprise est donc de taille à l'écoute de Once, cinquième opus studio, car il s'agit à coup sûr d'une des meilleures galettes de Nightwish. La formation semble plus soudée que jamais, Tarja Turunen a gagné en maturité et chante désormais en exploitant un registre vocal plus large, son chant d'opéra n'en constituant désormais qu'une facette, tandis que ses duos avec le bassiste Marco Hietala sont plus efficaces que jamais. De plus, Tuomas Holopainen, leader du groupe, et toujours auteur de tous les textes, approfondit ses collaborations en composant avec Empu Vuorinen le guitariste ou Marco. Par ailleurs, et c'est sans doute là le plus notable, le mélange entre base metal et dimension orchestrale, qui avait été expérimenté sur Century Child pour un résultat trop artificiel, est ici complètement magnifié. Il faut dire que Nightwish s'est assuré les services de l'orchestre philharmonique de Londres, le même qui a enregistré la musique de la trilogie du Seigneur des Anneaux, avec la participation de Frank Ricotti aux percussions, déjà présent sur The Six Wives of Henry VIII ou Criminal Record de Rick Wakeman. L'orchestre est de surcroît dirigé par le vétéran Pip Williams, également arrangeur, qui a travaillé avec des artistes aussi variés que BJH, les Moody Blues ou Uriah Heep.

Et dès l'entrée en matière du disque, «Dark Chest of Wonders», on est frappé par l'osmose sonore entre les arrangements symphoniques et des riffs de guitare plus rageurs que jamais, le tout sublimé par un refrain particulièrement charismatique. Le reste de l'album se partage entre titres calibrés et morceaux plus ambitieux. Pour les premiers, «Nemo», le single, est le plus adapté au format radio, avec toujours une belle mélodie, tandis que «Wish I Had an Angel», avec son rythme quasiment techno, est le plus surprenant et le moins convaincant. «Dead Gardens» et «Romanticide» sont également relativement prévisibles, même si leurs refrains sont à nouveau imparables, avec ce durcissement sensible à plusieurs reprises sur le disque et quelques passages violents un peu gratuits (le final de «Dead Gardens», par exemple). On peut également mentionner la ballade en finlandais «Kuolema Tekee Taiteilijan», que la présence d'un violoncelle ne suffit pas à rendre inoubliable, ainsi que le dernier titre, «Higher Than Hope», qui a comme un goût d'inachevé.

Restent quatre compositions d'envergure. «The Siren» est ainsi très influencé par la musique orientale, et la présence d'un violon électrique tenu par Sonia Slaney qui se lance dans un solo endiablé est une initiative qui mérite d'être renouvelée ! «Planet Hell» est nettement plus classisant, avec des chœurs martiaux et une ambiance puissante, sans oublier une intervention soliste de clavier (toujours une rareté, malheureusement !). Mais les deux plus longs titres, qui atteignent respectivement huit et dix minutes, sont aussi les plus denses et les plus habités par l'orchestre. «Creek Mary's Blood» est un hommage rendu aux Amérindiens, avec la participation de l'un d'entre eux, John Two-Hawks, à la narration et à la flûte, et une emphase bien maîtrisée. «Ghost Love Score» est quand à lui une véritable petite bande originale de film, tantôt pompeuse, tantôt émouvante, qui surpasse largement en intensité «Beauty of the Beast» de Century Child, se rapprochant davantage du «FantasMic» de Wishmaster. Avec Once, Nightwish renforce plus encore son statut de groupe incontournable du hard prog, maniant avec élégance énergie et richesse musicale.

Jean-Guillaume LANUQUE

(chronique parue dans Big Bang n°54 - Juillet 2004)