
PISTES :
1. Fanfare For Absent Friends (5:51)
2. City Of Living Machines (7:28)
3. New Gotham Prime (7:39)
4. Adrift On The Fire Seas Of Orion's Shield (22:32)
5. Oasis Is Stasis (6:08)
6. Opera Sauvage : Hymne (2:42)
FORMATION :
Erik Norlander
(synthétiseurs)
Greg Ellis
(percussions)
ERIK NORLANDER
"Seas Of Orion"
États-Unis - 2004
Quantum Records - 52:21
Décidemment infatigable, le claviériste américain qui avait livré son magnum opus Music Machine en 2003, puis son premier live en forme de premier bilan à l'été dernier (voir Big Bang n°52 et 55), avait réalisé en parallèle un nouvel opus studio, à la demande de l'organisateur d'un festival néerlandais de musique électronique, le Alfa Centauri Music Electronic Festival, qui avait placé Erik Norlander en tête d'affiche pour l'édition 2004 (ce qui explique sa parution en dehors du label maison du claviériste, Think Tank Media). Se situant dans l'optique de cette dimension électronique, le musicien décida de créer un album instrumental en développant cette tendance plus que jamais auparavant, assisté seulement des percussions de son ami Greg Ellis, indispensables compléments sachant toujours rester subtils. Pour autant, les amateurs du style de Norlander retrouveront sans peine leurs marques, tant ce Seas Of Orion, à la pochette science-fictive très «serials» des années 40-50, entretient de parenté avec Threshold, récemment réédité.
Ainsi, le premier titre, «Fanfare For Absent Friends», hommage aux disparus du 11 septembre 2001, est un pur exercice dans la lignée de Keith Emerson, tandis que «New Gotham Prime» regorge de soli de moog plus gouleyants les uns que les autres, soli que l'on retrouve sur quasiment tous les titres. Par contre, Erik Norlander a tout de même accentué l'aspect planant de sa musique, privilégiant des boucles de synthétiseurs répétitives et hypnotiques, comme sur «City Of Living Machines», directement inspiré des albums de Tangerine Dream du début des années 80 comme Exit ou White Eagle. La composante mélodique est en tous les cas toujours préservée, se révélant avec lenteur, ainsi qu'en témoigne à lui seul le très beau et fragile «Oasis In Stasis», plus proche du meilleur Vangelis. Le claviériste grec est d'ailleurs directement à l'honneur avec la reprise de son «Opera Sauvage : Hymne», un morceau seulement agréable, mais qui revêtait une valeur toute particulière pour Erik Norlander puisqu'il servit à accompagner son mariage avec Lana Lane...
Mais le gros morceau de ce Seas Of Orion est l'épique «Adrift On The Fire Seas of Orion's Shield» (à la dérive sur les mers de feu du bouclier d'Orion), pièce d'une vingtaine de minutes qui s'inscrit délibérément dans la lignée des longues plages de Klaus Schulze ou du Tangerine Dream du milieu des années 70. Pour la composer, Erik Norlander s'inspira d'abord du titre, mais dut s'y reprendre à quatre reprises pour réussir à abandonner ses techniques traditionnelles d'écriture afin de se laisser imprégner par l'improvisation et les volutes d'effets sonores. Au-delà de quelques longueurs en début et en fin de piste, ce morceau est une indéniable invitation au voyage, des espaces infinis et paisibles de l'espace à des éruptions mélodiques aussi poignantes que puissantes, en passant au large d'accalmies sonores, et toujours accompagné du souffle des vents cosmiques... Un album indispensable aux amoureux de claviers analogiques, et qui confirme le talent en partie multiforme d'Erik Norlander. A bientôt pour de nouvelles aventures !
Jean-Guillaume LANUQUE
(chronique parue dans Big Bang n°57 - Avril 2005)

