
PISTES :
1. Wrong (0:17)
2. Be My Guest (5:29)
3. First Bridge Of Tears (1:38)
4. Looking Up To The Sun (5:52)
5. Never Mind (7:02)
6. Galactic Storm (6:54)
7. Then There Was One (7:05)
8. Valentine Fuzztrations (5:39)
9. Sunset on A Sad Horizon (5:41)
10. Eclipse (5:26)
11. Second Bridge Of Tears (1:51)
12. Emptiness (9:31)
13. Nameless (1:33)
FORMATION :
Dick Heijboer
(claviers)
Gijs Koopman
(basse, pédalier de basses, synthétiseur)
Hans Boonk
(batterie)
Rinie Huigen
(guitare)
AVEC
Mark Vermeule
(guitare [4,5,12])
Dave Ingham
(voix [1,13])
EXTRAITS AUDIO :
NOVOX
"Novox"
Pays-Bas - 2004
Muséa - 64:12
Cette formation batave au patronyme prometteur est composée de ce qu'il reste de l'équipe de feu Cliffhanger, disparu de la circulation en 2001. Auteur du meilleur comme du pire, le groupe néerlandais a laissé, pour le moins, des sentiments mitigés à l'égard d'un style pas toujours clair et affirmé. Témoin cette discographie en dent de scie où velléité complexe alternait avec simplicité douteuse. Une attitude qui explique peut-être ce parcours chaotique, un vrai-faux split puis une séparation qui n'a étonné personne, finalement.
Qu'en est-il de ce Cliffhanger bis et de ses nouvelles ambitions ? Mené par le claviériste Dick Heijboer, ce projet instrumental voit également la participation du bassiste Gijs Koopman, largement impliqué dans Knight Area. Quant aux guitares, elles sont confiées à Rinie Huigen et à Mark Vermeule, un nouveau venu qui œuvrait auparavant au sein d'un groupe de reprises des... Shadows ! Eh oui, toutes les musiques peuvent conduire au progressif, il suffit d'en trouver la bonne connexion ! Celle de Vermeule s'est matérialisée par l'écoute de disques de Jimi Hendrix, Joe Satriani, Yngwee Malmsteen, Steve Vai, Iron Maiden et Dream Theater. J'en vois déjà qui lèvent les yeux au ciel à la simple évocation de ces influences à forte connotation métallique. Je tiens d'emblée à les rassurer, la teneur des propos de Novox n'est pas centrée sur les influences de Vermeule, ni entièrement vouée au culte de cette scène au demeurant fort respectable. Et il se pourrait que l'on soit amené à le regretter - mais j'y reviendrai plus loin.
S'ils ont été éprouvés par une séparation houleuse, Heijboer et Koopman n'en ont par pour autant délaissé la composition, car la plupart des 12 titres proposés sont nés et on été mis en boîte entre septembre 2001 et avril 2004. C'est une explication possible de la sensation de décousu qui flotte sur cet album. Sans aucun liant ni cohérence, on passe ainsi du jazz rock traditionnel à du free crimsonien, de l'expérimental sans queue ni tête, du piano pompeux (et inutile à mes yeux), du new-age synthétique, du contemporain laborieux, etc.
Les deux titres qui sauvent en partie l'album - mais est-ce suffisant ? - tirent dans des directions radicalement opposées et auraient pu à eux seuls former l'architecture de quelque chose de solide et de convaincant. Tout d'abord le cinquième, «Never Mind» (7:02), dans une veine metal-prog enlevée, avec guitare acérée et section rythmique au diapason, que n'auraient pas renié les maîtres du style.
Est-ce mon attirance particulière pour cette scène qui me rend si dur avec Novox ? On peut le penser mais on aurait tort. Comme nombre d'entre vous, j'ai suivi avec intérêt la carrière de Cliffhanger avant de jeter l'éponge. Alors je me dis que, quitte à surprendre vraiment et couper définitivement le cordon, les Hollandais auraient été bien inspirés de continuer sur la voix de «Never Mind», de l'explorer davantage, aidés par leur excellente technique et ce son particulier.
Ensuite, «Emptiness» (9:31) qui clôt l'album. Novox se livre là à une relecture efficace et bienvenue du Genesis de 73 avec un son 'hackettien' qui ravira les puristes. Toutefois, cet éclectisme, richesse chez d'autres formations, ne suffit pas à effacer ce sentiment de confusion qui en émane. Comme ce fut le cas pour Cliffhanger, avec le sort que l'on sait. Il ne suffit pas de sonner 'seventies' à grands renforts de Mellotron et autres claviers analogiques, et de se raccrocher aux gloires du passé pour rendre alléchant un projet qui se révèle plus approximatif que réellement construit. Ce qui rend par instants pénible, et même, j'ose le dire, fastidieuse, l'écoute des 10 titres restants (le 13ème, un 'ghost track' bruitiste, ne présente aucun intérêt). Cliffhanger est mort, R.I.P. ! Novox serait-il déjà un projet mort-né ?
Dominique BERTONCINI
(chronique parue dans Big Bang n°57 - Avril 2005)


