BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques


PISTES :

1. Sure You Will (3:46)
2. Free (3:28)
3. Go (4:16)
4. All Gone Now (5:15)
5. Home Was Good (5:04)
6. Bigger Wave (4:33)
7. Kicking (3:54)
8. Better (4:06)
9. Simple Life (4:00)
10. Once (6:38)
11. Our Town (3:21)

FORMATION :

Jim Matheos

(guitares, claviers, programmations)

Kevin Moore

(chant, claviers, programmations)

Mike Portnoy

(batterie)

Joey Vera

(basse [1,2,4,6,7])

OSI

"Free"

États-Unis - 2006

InsideOut - 48:15

 

 

Le premier album du Bureau de l'Influence Stratégique (OSI), mélange de pop, de metal et d'ambiances atmosphériques, nous avait surpris, plutôt agréablement, lors de sa sortie en 2003. Compte tenu des musiciens en présence, on pouvait s'attendre à une musique bien différente, plus puissante, et plus foncièrement metal. Rappelons qu'on trouvait rassemblé là Jim Matheos, guitariste de Fates Warning, Kevin Moore, ex-claviériste de Dream Theater, Sean Malone, bassiste de Gordian Knot et bien sûr Mike Portnoy, le batteur de Dream Theater et initiateur du projet. Projet monté à l'époque parce que Matheos n'avait pu se joindre, comme il était prévu au départ, à l'autre super groupe de l'écurie InsideOut, TransAtlantic.

Trois ans plus tard, OSI est une affaire qui marche toujours, et un second album paraît. Matheos et Moore sont toujours les maîtres d'œuvre, principaux compositeurs et instrumentistes, même si Portnoy est toujours crédité à la batterie et avec cette fois Joey Vera (bassiste et producteur qui a notamment travaillé avec Fates Warning et Chroma Key, le groupe de Moore - il est donc en terrain de connaissance) à la basse sur la moitié des morceaux. On prend donc pratiquement les mêmes, et on recommence.

En effet, Free est construit de manière presque identique à son prédécesseur, et la musique est du même acabit. L'album démarre ainsi très fort sur deux titres bien musclés : grosse guitare, batterie puissante, basse très appuyée. Puis l'accalmie arrive avec «Go», qui développe une ambiance triste et sombre, qu'on retrouvera fréquemment par la suite. Et la conclusion du disque («Our town») est également amenée par un titre à la guitare acoustique, comme un final plus «léger» à tout ce qui a précédé.

Il n'y a donc plus d'effet de surprise, mais la musique est toujours aussi intéressante pour qui apprécie cette mouvance pop-rock-planante et atmosphérique, avec un soupçon d'envolées métalliques. Les deux compères aiment à concocter des compositions (11 de 3:21 à 6:38) largement baignées de sons et bruitages en tout genre, et qui se développent avec une certaine lenteur. Lorsqu'on écoute OSI, on est loin de la musique jetable servie par les grands médias, et il est toujours rassurant de constater que des artistes qui naviguent (ou qui l'ont fait) sur des grandes compagnies de disques, ont la liberté de créer un univers musical singulier et à priori éloigné de celui qui leur a fait connaître le succès. Même si on ne peut négliger une pointe d'opportunisme ici, mais à moindre échelle, si on constate que ce «groupe» emprunte des chemins déjà parcourus par d'autres (Porcupine Tree, The Gathering par exemple).

A défaut de gros bouleversement, il y a quand même des différences non négligeables entre les deux opus. Au premier rang, on remarquera l'absence de titres instrumentaux, Moore chantant sur tous les morceaux. Cette présence accrue du chant contribue à rendre l'album un brin plus «accessible», car l'aspect «chanson» des morceaux est bien sûr plus évident. La voix posée, assez grave et très légèrement éraillée de Kevin Moore, sans être exceptionnelle, sied parfaitement à ce type de musique. «Simple life» ou «Once» sont ainsi d'excellents exemples de morceaux bien équilibrés entre parties chantées et sections instrumentales. En cherchant la petite bête, on regrettera qu'il n'y ait pas un titre qui sorte du lot comme c'était le cas avec «ShutDOWN», qui voyait le concours vocal de Steven Wilson (de Porcupine Tree) , ou des envolées mélodiques aussi intenses que celle de «Dirt from a holy space». Mais d'un autre côté, on peut se dire que l'album n'a pas non plus de temps faible, et que tout se tient d'un bout à l'autre (l'album n'est pas très long).

En définitive, tous ceux qui ont apprécié la première œuvre d'OSI ne seront pas déçus (l'absence de surprise ne signifie pas redite) et peuvent se jeter sur l'édition limitée (qui inclut un second CD avec 6 titres supplémentaires). Les autres qui ont lu cette chronique jusqu'ici devraient être en mesure de s'être forgé une idée sur la musique proposée par cette réunion de musiciens, assez différente de leurs habitudes individuelles.

Christian AUPETIT

(chronique parue dans Big Bang n°61 - Avril 2006)