BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques

Haydenspark pochette

PISTES :

1. Animation for the Poor Man (4:13)
2. Last Generation (5:15)
3. Count Your Blessings (4:44)
4. Haydenspark (9:24)
5. King of the World (5:31
6. Across the Nation (5:23)
7. Death by Tribulation (5:19)
8. The Fall (3:54)
9. Gone Too Far (8:04)

FORMATION :

Alex Keskitalo

(chant, flûte)

Jaakko Kettunen

(guitares, basse, claviers)

Janne Pylkkönen

(basse, synthétiseur [4])

Ville Sjöblom

(batterie, percussions, saxophone [5])

OVERHEAD

"Haydenspark"

Finlande - 2018

Autoproduction - 51:47

 

 

Haydenspark est le cinquième album des finlandais d'Overhead depuis leurs débuts à l'orée du nouveau millénaire, et malheureusement le précédent (Of Sun And Moon) était passé entre les mailles de nos filets. C'est rageant car les premiers opus du groupe nous avaient fait très bonne impression, mais en ralentissant considérablement le rythme de ses parutions (3 ans, puis 4 et même 6 pour ce dernier), le groupe a fini par disparaître de nos radars tandis que l'actualité toujours plus riche des sorties continuait sa folle cavalcade. Pas question cette fois de manquer Haydenspark, d'autant que le groupe a fini par opter pour l'autoproduction et se charge lui-même de faire sa promo. On n'est jamais si bien servi que par soi-même!

Alors Overhead, pour ceux qui ne connaîtraient pas ou qui auraient oublié, ça sonne comment ? Pour faire simple, on peut dire que le groupe pratique une musique globalement rock avec des sonorités de guitare plutôt métal, un chant qui va parfois chercher un timbre grunge (pour faire sale quoi...), le tout saupoudré de passages flutés (joués par le chanteur) qui évoquent le grand Ian Anderson, et bien sûr beaucoup d'excellents thèmes mélodiques et de très bons arrangements pour enrichir une trame que vous pourriez juger un brin simpliste mais qui ne l'est pas du tout. Au cours du temps le groupe a raccourci ses compositions (qui ne dépassent plus les 10 minutes quand à leurs débuts elles atteignaient le double) mais dans leur cas ce serait plutôt une bonne chose car il n'y a plus de moments de flottement ou de séquences étirées plus que de raison aujourd'hui. La contrepartie de ce resserrement des lignes est une petite frustration qui peut apparaître lorsqu'un solo est bon mais trop court, toutefois le groupe contourne ce handicap par une capacité à proposer des idées d'une grande variété d'inspiration, ce qui garde constamment en éveil l'attention de l'auditeur.

Et c'est vrai qu'on ne s'ennuie pas une seconde à l'écoute des 9 morceaux (de 3:54 à 9:24) de Haydenspark, car le groupe aime à varier les plaisirs à chaque morceau ou presque. Le début de l'album démarre ainsi sur un versant bien rock mais la suite va se révéler plus hétéroclite, avec vraiment beaucoup de bonnes idées disséminées tout au long des titres : les percussions de «Count Your Blessings», le sax (joué par le batteur) au son free de «King Of The World», l'ambiance folk-acoustique à la Led Zeppelin de «The Fall», celle plus symphonique et sombre façon Carptree du long morceau éponyme (les claviers sont également l'oeuvre du guitariste, le quintette des débuts étant désormais réduit à un quatuor), voire carrément lourde comme un soir de Sabbat Noir sur «Death By Tribulation» (tout un programme !), ou encore le final teinté d'électro de «Gone Too Far». Overhead n'est pas un groupe ancré dans un style unique, et c'est très bien, surtout lorsque la réussite est au rendez-vous.

Avec sa superbe pochette très colorée (dûe à Alex Keskitalo, le chanteur-flûtiste, on n'est décidément jamais mieux servi...), Haydenspark se révèle donc une très bonne surprise de la part d'un groupe qu'on (je ?) avait (malheureusement) un peu oublié. Comme il n'est jamais trop tard pour réparer ses erreurs, le moins que je puisse faire est de conclure en vous invitant à ne pas rater la dernière oeuvre en date de ces talentueux finlandais.

Christian AUPETIT

(chronique parue dans Big Bang n°104 - Novembre 2018)