
PISTES :
1. Surge (3:01)
2. Stash (4:19)
3. Thief (6:04)
4. Blue Screen (3:39)
5. Missing Link (5:09)
6. World Of Difference (6:33)
7. Spy Shadow (3:44)
8. Dragonfly (4:20)
9. Hypnosis (5:32)
10. Fresh Blood (3:46)
FORMATION :
Hollis Brown
(violon électrique)
Francis Dyer
(batterie)
G-Man
(guitare)
Wayne Leechford
(Chapman Stick)
OZONE QUARTET
"Fresh Blood"
États-Unis - 1997
Flat Five Records - 46:07
Autrefois connu sous le nom de Cloud Nine, ce quatuor originaire de la Caroline du Nord fondé en 1992 nous propose enfin, après trois cassettes à diffusion limitée et de nombreux concerts, notamment au festival ProgDay, son premier CD, qu'il sort sur son propre label, Flat Five.
Ozone Quartet se distingue d'emblée par son instrumentation inhabituelle : violon, guitare, stick et batterie. Une formule plutôt risquée, qui peut faire craindre une certaine austérité de par la double absence du chant et des claviers. Pourtant, si elle est totalement instrumentale, la musique des Américains ne s'est pas laissée gagner par une fièvre improvisatrice incontrôlée. On est ici assez loin, malgré un patronyme pouvant induire en erreur, de toute forme de jazz-rock, y compris d'hybrides plus proches d'un esprit progressif comme Boud Deun, à l'instrumentation quasi identique.
Plusieurs partis pris contribuent à la réussite de l'entreprise. En premier lieu, une fois n'est pas coutume, la brièveté des compositions, qui leur confère une efficacité maximale. L'enjeu est en effet ici de compenser le manque de variété de l'instrumentation par une grande densité musicale, que ce soit du point de vue de la composition ou de celui de l'interprétation.
Ozone Quartet s'attache à tirer le meilleur parti du matériau à sa disposition, grâce d'une part à l'alternance, et parfois la combinaison, des deux instruments solistes, le violon de Hollis Brown et la guitare de Kenny Thompson, et d'autre part au constant renouvellement de l'accompagnement rythmique assuré par Wayne Leechford (qui a reçu la bénédiction du père du Stick, Emmett Chapman lui-même) et Francis Dyer.
Nous parlons donc bien de rock progressif, même si celui-ci prend des couleurs quelque peu hétérodoxes, et si l'on pense parfois, instrumentation oblige, à des groupes comme King Crimson ou le Mahavishnu Orchestra, c'est plus en terme d'intensité musicale que du fait d'une propension commune aux égarements improvisateurs. Ce qui n'est pas un mince compliment...
Aymeric LEROY
(chronique parue dans Big Bang n°23 - Novembre/Décembre 1997)

