
PISTES :
1. The Bringer Of Dreams (9:50)
2. Warriors (7:15)
3. Ghostdancers (7:30)
4. Too Close To The Sun (11:34)
5. Messiah (4:57)
6. Northern Star (4:01)
7. Mr. Wolfe (5:48)
8. Invincible (10:45)
9. The Last Angel (11:28)
FORMATION :
Ronnie Brown
(claviers)
Colin Fraser
(batterie)
Niall Mathewson
(guitares)
Graeme Murray
(basse, chant)
Alan Reed
(chant)
INVITÉS
Pandy Arthur
(chant [9])
Paul Anderson
(violon [1,3])
Karen Raitt
(chant [5])
Lisa Paterson
(chant [5])
PALLAS
"The Dreams Of Men"
Royaume-Uni - 2005
InsideOut - 73:09
Au même titre qu'IQ et Pendragon, Pallas fait partie des vétérans du néo-prog britannique des années 80. Sans pratiquement dévier de leur base musicale de départ, ils perpétuent un style qui continue à avoir beaucoup d'adeptes, puisqu'il a été à l'origine de la passion des musiques progressives pour beaucoup d'entre nous. Après s'être arrêté pratiquement une douzaine d'années, les écossais de Pallas ont refait surface en 1998 avec Beat The Drum, puis confirmé leur retour en 2001 avec The Cross And The Crucible, un opus très empreint de leur glorieux passé.
Quatre ans plus tard, The Dreams of Men persiste et signe et peut tout bonnement prétendre au titre de meilleur album du groupe... juste derrière l'indétrônable The Sentinel de 1984. Car Pallas se lâche totalement ici, tout au long de compositions souvent longues (4 autour de 10 minutes, 2 à plus de 7 et 3 entre 4 et 5 minutes, dont un instrumental), et pleines de ces envolées symphoniques puissantes si caractéristiques du combo. On sent Niall Mathewson exulter derrière sa guitare, à grands coups de solos lyriques énormes, on devine Graeme Murray rugir derrière sa basse «Squirienne», on imagine Alan Reed sauter en tous sens derrière son micro et Colin Fraser devait sûrement bondir souvent de son tabouret de batteur. On n'en dira pas autant du claviériste Ronnie Brown, dont les parties ne semblent pas avoir toujours été développées de la meilleure des façons, autant dans les sons (synthés assez pauvres, heureusement qu'orgue, mellotron et piano ne souffrent pas autant des ravages du temps !) que dans leur mise en place. Il est d'ailleurs étonnant (mais donc justifié) de lire, dans le livret du CD, qu'il remercie ses compagnons d'avoir toléré son absence !!!
Fort heureusement, si les claviers «pèchent» par moments, le reste est suffisamment passionnant pour ne pas avoir à se focaliser sur ce petit souci. On l'oublie même totalement lors du titre final, qui résonne d'un orgue d'église majestueux et d'un final grandiloquent au possible. Il faut dire aussi que le groupe a convié plusieurs invités, au violon (sur «Ghostdancers», qui s'achève également sur un chant d'indien d'Amérique du Nord), aux chœurs féminins (mais sur le morceau «Messiah», ils font particulièrement datés et ce titre est sans aucun doute le temps faible de l'album !), ainsi qu'une chanteuse lyrique, toujours sur la pièce finale «The Last Angel», ce qui apporte des couleurs nouvelles au groupe.
Le groupe n'a pas son pareil pour souffler le chaud et le froid, faire se succéder le calme après la tempête. Mais ce qui marque surtout dans The Dreams of Men, c'est la performance exceptionnelle de la paire Mathewson - Murray. Rarement le guitariste a été aussi présent et aussi flamboyant (voir l'instrumental de toute beauté «Northern Star»), et on peut en dire de même du bassiste, qui chante également bien plus que d'habitude. Son registre puissant et sa verve vous prennent aux tripes, et contrebalance admirablement le registre plus posé et fragile d'Alan Reed.
Il y a un peu du meilleur de The Wedge dans un morceau comme «Warriors», l'ombre de The Sentinel plane sur «Invincible» avec cette lente introduction un peu martiale et ce final dynamité, mais au-delà de ces quelques clins d'œil au passé, Pallas nous prouve, plus encore que sur The Cross and the Crucible, qu'il reste un groupe au sommet de son art. Les «rêves des hommes» sont aussi les nôtres, et Pallas continuera de nous faire rêver longtemps tant qu'il sera en mesure de nous offrir une musique de cette intensité.
PS : L'édition limitée contient un second CD longue durée (plus de 73 minutes) avec des mixages différents de 4 titres de l'album, plus «Fragments of the Sun» (de l'album Beat The Drum), et des chutes de studio plus ou moins intéressantes (et au son pas vraiment finalisé). Sympathique pour les collectionneurs, mais rien de vraiment essentiel.
Christian AUPETIT
(chronique parue dans Big Bang n°60 - Décembre 2005)

