
PISTES :
1. Chromatic (14:18)
2. Opposite Of Know (8:13)
3. The Guardian (4:33)
4. Into The Depths (4:59)
5. Underwater Cities (4:52)
6. Resurface Earth (4:03)
7. Casa De Jig (7:43)
8. Beginning's End (12:45)
FORMATION :
Nibandh Nadkarni
(claviers)
Joe Babiak
(batterie, trompette)
William Kopecky
(basse)
INVITÉS
Jason Pachona
(mandoline [7])
Hamid Assian
(violon [7])
Rene Spacapan
(violoncelle [2])
Saar Schnitman
(guitare [6])
Suman Nadkarni
(vocalises [4])
EXTRAITS AUDIO :
PARALLEL MIND
"Colossus ADEA"
États-Unis - 2005
Unicorn Records - 61:41
Ce nouveau groupe américain, signé sur le label canadien Unicorn Records, se dit influencé par Yes, Rush et Planet X. Citer ces noms, hormis le troisième dans une certaine mesure, ne semble pourtant pas être la meilleure façon d'expliquer à quoi ressemble la musique de ce trio claviers/basse/batterie. Certes cet album est à la fois complexe, puissant, mélodique et interprété par des musiciens virtuoses, mais la configuration instrumentale, caractérisée par l'absence de guitare (hormis un solo joué par un invité), fait que l'on s'éloigne souvent de ces références prestigieuses. Que voulez-vous, même le prog succombe au marketing !
Parallel Mind se compose du claviériste Nibandh Nadkarni, du batteur Joe Babiak et du bassiste William Kopecky. Ce dernier est déjà bien connu de par chez nous, notamment pour avoir exercé ses talents aux côtés de Pär Lindh, au sein de Far Corner ou bien sûr en famille avec ses frères Joe et Paul. Ses deux partenaires ne sont pas encore des habitués de la scène progressive mais pourraient très rapidement se faire un nom tant leur talent est grand. Nibandh Nadkarni, professeur de piano, délivre une prestation pleine de dextérité et de maîtrise évoluant dans un style qui renvoie par moments à des pointures comme Derek Sherinian ou Jordan Ruddess et devrait ainsi combler de bonheur les adeptes de développements claviéristiques. Pas d'erreur, les claviers sont ici à la fête, omniprésents et pluriels (piano, orgue, synthés) et les quelques interventions des cordes (violon, violoncelle, mandoline) et de la trompette apparaissent bien anecdotiques lorsque l'on ressort de l'écoute de ce Colossus ADEA.
De son côté, Joe Babiak manie les baguettes avec fougue mais sait aussi calmer le jeu et se montrer plus subtil, un peu à la manière de Mike Portnoy, auquel on ne peut s'empêcher de le comparer. De fait, les compositions se rapprochent parfois d'un hard-prog instrumental (sans guitare donc) à la Planet X, de par l'énergie libérée par les musiciens, leur technique déroutante et les sonorités utilisées. Ne vous attendez toutefois pas à une profusion de rythmes pétaradants et à des soli démonstratifs. Sur ce dernier point sachez que l'on est loin de l'exubérance et du déluge de notes chers aux Japonais de Gerard ou Ars Nova par exemple. Non, Parallel Mind privilégie avant tout les mélodies et les climats (bien que les trois instrumentistes aiment de temps à autre épater la galerie avec de petits gestes techniques), alternant passages musclés et (re)bondissants et séquences plus limpides et atmosphériques (la suite-titre et ses chœurs façon musique de film).
D'obédience symphonique mais également nourri d'éléments jazz-fusion, cet album trouve un assez bel équilibre entre nerf et mœlleux. Reste que les sensations ressenties tendent à perdrent de leur intensité au fil des morceaux. La faute à un manque de renouvellement et de variété (les brèves escapades celtique et latino n'y changent pas grand chose), si bien que l'on peut éprouver de la lassitude passée la moitié du disque. Ajoutez à cela un son trop uniforme et artificiel (surproduction qui dénature la batterie), quelques sonorités de claviers néo-progressives pas vraiment appropriées, et l'on peut à l'arrivée nourrir quelques regrets. Il est évident que pour ma part j'aurais apprécié une musique plus 'organique'. En choisissant un tel titre pour son premier album, Parallel Mind aurait dû logiquement posséder un Rhodes, non ?
Avec Colossus ADEA nous avons affaire à une œuvre somme toute sympathique et consistante à défaut d'être palpitante et originale. Du bon progressif d'inspiration seventies dopé aux claviers et doté d'une mise en forme moderne.
Yann CARREAU
(chronique parue dans Big Bang n°58 - Été 2005)


