BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques

Credit Where Credit Is Due pochette

PISTES :

1. Your Mother Is A Trucker (3:59)
2. Cure The Breach (4:32)
3. Three (5:33)
4. Scheislauthartwiedreck (6:10)
5. I Don’t Wanna Be A Rock Star (4:54)
6. Six (4:13)
7. Seven (4:18)
8. Radio Sucks (5:33)
9. Halo (10:45)
10. Copyright Conspiracy (4:52)
11. German Metalhead (6:55)
12. I Like My Video Games (4:10)
13. Bonus (14:04)

FORMATION :

Henning Pauly

(guitares, basse, claviers, batterie)

Juan Roos

(chant)

Matt Cash

(chant)

EXTRAITS AUDIO :

HENNING PAULY

"Credit Where Credit Is Due"

États-Unis - 2005

Progrock Records - 79:59

 

 

Musicien talentueux, sorti de la fameuse Berklee School, Henning Pauly est désormais une valeur reconnue dans le monde du hard-prog grâce à son projet Frameshift (excellent premier album avec James Labrie au chant, voir notre n°53) et à son groupe Chain (les deux disques ont été chroniqués dans le n°56). Après un premier opus solo, 13 Days, sorti en 2004 (treize chansons aux styles variés composées en treize jours), il propose un second effort pour lequel il est seulement entouré des chanteurs Juan Roos, aux larges possibilités, et Matt Cash de Chain, puisqu'il s'occupe en personne des guitares, de la basse, de la batterie programmée et des claviers. Le contenu de Credit Where Credit Is Due risque cependant de surprendre un peu par son parti pris dominant, celui d'une musique très musclée, placée toute entière sous le signe de l'humour. Les titres de plusieurs morceaux sont là pour le prouver («Your Mother is a Trucker», «Scheiblautundhartwiedreck», «I Don't Wanna Be a Rock Star», «I Like My Video Games», «German Metalhead» qui semble pasticher Rammstein, «Six» et «Seven», ou «Radio Sucks» qui présente une chanson entraînante et légère interrompue en fonction du changement de stations !), ainsi que le bonus caché, un dialogue d'un quart d'heure en allemand que l'on devine humoristique sans même comprendre la langue !

Les riffs de guitare sont donc offensifs, le chant étant à l'avenant, avec pas mal d'effets sur les voix, même si les arrangements s'avèrent comme toujours relativement riches (banjo, sons électroniques de claviers très présents) et mis en valeur par une production nette et rectiligne. Les soli de guitare alternent entre mélodie lyrique («Your Mother is a Trucker», «Copyright Conspiracy») et démonstration excessivement technique («Scheiblautundhartwiedreck»). Le résultat peut séduire par son côté formel soigné et ce style proche du nu métal, avec des refrains généralement prenants, mais pour les progmaniacs, nous conseillerons avant tout quelques compositions qui s'écartent de cette tendance un peu trop lourde. Si la ballade «Three» manque de charisme, en dépit d'un petit interlude de guitare acoustique sympathique, il n'en est pas de même de «Seven», très belle complainte introduite par le piano et qui aurait tout à fait sa place sur un album de Saga. Surtout, «Halo», avec ses dix minutes, est une pure composition progressive, débutant par un passage planant avec clavier et guitare, puis laissant la place à des percussions et à des chants exotiques, les orchestrations et le chant plus élaboré évoquant même le premier Frameshift. Le bilan est donc nécessairement mitigé, et ne pourra convaincre que les amateurs confirmés de Chain et Frameshift, ainsi que ceux de nos lecteurs qui n'ont pas peur d'un petit décrassage des oreilles !

Jean-Guillaume LANUQUE

(chronique parue dans Big Bang n°60 - Décembre 2005)