
PISTES :
1. Le La Loo Loo Le La (2:29)
2. Harlequin Of Love (2:50)
3. Crying For Disaster's Hand (4:08)
4. What Is the Further Purpose (3:10)
5. Swaying Fire (3:32)
6. Mirela (2:10)
7. Freedom Dance (3:28)
8. Lovelight (4:06)
9. Bami, Lychee, Si (5:26)
10. Harlequin Of Love [Second Version] (3:08)
11. Can It Be Sin (6:54)
12. And The Hermit Will Be The Master (5:18)
13. M.M.M. (5:50)
14. In The Army (Devil Likes Smoke) (1:37)
15. Airport Formalities And Taking Off... (6:18)
16. It's The End (0:44)
FORMATION :
Dirk Bogaert
(chant, flûte)
Frank Wuyts
(claviers, chant)
Kuba Szczepansky
(violon)
Patrick Cogneaux
(basse)
Jacky Mauer
(percussions)
PAZOP
"Psychillis Of A Lunatic Genius"
Belgique - 1972-73/97
Muséa - 61:15
Nous autres chroniqueurs le savons bien : il est difficile d'extraire, de la masse de données contenues dans une œuvre musicale, celles qui permettront au mieux au lecteur de s'en faire une idée. Il en est de même pour les «œuvres» singulières que constituent les épais livrets des rééditions Muséa. Pour vous épargner une lecture quelque peu fastidieuse, je vous révélerai donc que le présent CD n'est pas une réédition, mais bel et bien la première diffusion publique de la musique de cette formation belge des années 70, si l'on excepte deux 45 tours commerciaux (sortis en 1972 et 1973), qui n'ont d'ailleurs pas été jugés dignes de figurer ici...
Il aurait été dommage d'en être privés ! La musique proposée par Pazop est en effet excellente : musiciens très au point, compositions denses et originales, une instrumentation variée (violon, piano électrique, synthétiseurs analogiques) et originale (pas de guitare), bref un style à la fois personnel et abouti.
On se situe ici dans la tradition d'un jazz-rock à l'anglaise, c'est-à-dire résolument ancrée dans une culture musicale européenne tout en empruntant aux pionniers américains du genre. La différence est une pulsation rock énergique et un souci mélodique plus prononcé. Tout est de plus mené tambour battant, les idées se succédant à un train d'enfer : les morceaux sont plutôt courts (de 0:44 à 6:18), mais enchaînés, ce qui n'est pas sans évoquer les italiens d'Arti E Mestieri (dont l'instrumentation était par ailleurs assez proche). Comme chez Beppe Crovella et ses acolytes, l'enthousiasme et la fraîcheur de l'interprétation emportent d'emblée l'adhésion, et la cohésion sans faille autorise toutes les audaces, plus ou moins improvisées, sans que la mise en place de l'ensemble s'en ressente le moins du monde.
Quelques petites réserves cependant : le chant de Dick Bogaert, d'abord, sans doute l'élément le moins convaincant et le plus daté du lot, s'exprimant de plus dans un anglais approximatif. L'excellence des sections instrumentales (les interventions du violoniste Kuba Szczepanski et du claviériste Frank Wuyts en particulier) s'accommode mal (comme souvent !) de leur moindre intérêt. Autre raté, purement technique cette fois, les baisses de volume parfois incongrues à la fin de certaines plages, rappelant l'origine obscure de ces bandes, enregistrées en juillet 1972 et août 1973 pour deux projets d'albums qui, l'un comme l'autre, ne virent jamais le jour...
Une réhabilitation tardive mais, une fois n'est pas coutume, tout à fait justifiée.
Aymeric LEROY
(chronique parue dans Big Bang n°20 - Mai/Juin 1997)

