BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques


PISTES :

1. Believe (2:56)
2. No Place For The Innocent (5:36)
3. The Wisdom Of Solomon (7:06)
The Wishing Well (21:07) :
4. For your journey - 4:30
5. So by sowest - 6:48
6. We talked - 5:29
7. Two roads - 4:17
8. Learning Curve (6:34)
9. The Edge Of The World (8:15)

FORMATION :

Fudge Smith

(batterie)

Clive Nolan

(claviers)

Peter Gee

(basse)

Nick Barrett

(guitares, chant)

PENDRAGON

"Believe"

Royaume-Uni - 2005

Toff Records - 51:46

 

 

On a beau répéter que le monde change, que les mentalités évoluent, cela fait toujours bizarre de constater que ces considérations touchent également (et de plus en plus) le monde progressif. Plus possible en effet de trouver de nos jours un album qui fasse l'unanimité (oui, je sais, c'est mon credo depuis plusieurs mois...), plus de groupes références autour desquelles se réunir et réaffirmer nos valeurs... Certains pourraient voir dans ce laïus introductif quelques relents de conservatisme, éclairant une volonté de renier au genre progressif ce qui en fait son essence, l'évolution et le métissage... Loin de moi cette idée bien sûr, mais constater combien une formation se fait vilipender dès qu'elle affiche un peu trop fièrement ses valeurs et ses racines me révolte invariablement... Pendragon est de ces groupes, à l'identité musicale immédiatement identifiable, et qui sillonnent les routes de la création avec tout autant d'application que d'ostentation. Nous avons suffisamment reproché à Barrett & co de dupliquer au fil des années leur recette néo-progressive de manière un peu trop scolaire pour feindre aujourd'hui l'amnésie en toute impunité. Néanmoins, Pendragon, pour son septième album-studio seulement en plus de 25 ans d'existence, a su épicer son propos de bons nombres d'ingrédients, lui offrant une faconde apte à le parer d'une nouvelle crédibilité, plus exactement d'une contenance quelque peu émoussée ces dernières années par une prise de risque en décalage avec ses indéniables aptitudes. Et si Pendragon n'est pas le groupe le plus original, le plus novateur, ou même le plus talentueux de notre microcosme, il n'en demeure pas moins un repère stylistique, un jalon temporel, et plus encore une sorte d'échantillon 'témoin' de ce que le progressif 'symphonique' actuel peut offrir de plus abouti et de plus intègre...

Alors, tous derrière Pendragon, devenu chef de file d'un genre reniant intrinsèquement «modernité» et «passéisme» !? Nick Barrett et les siens nous donnent en tout cas ici toutes les raisons d'y croire...

Avec Believe, Pendragon affiche donc fièrement ses racines, mais nous fait rapidement comprendre que les 4 années écoulées depuis Not Of This World ont engendrés quelques changements. Rien de définitif, ni même de fondamental (Pendragon reste Pendragon), simplement un sentiment diffus qui surgit dès les premières minutes de ce nouvel album. Un peu comme quand on rencontre quelqu'un qui vient tout juste de modifier un élément de son apparence (coupe de cheveux, lunettes, etc.) : on sait immédiatement que quelque chose à changé tout en étant, la plupart du temps, incapable de le déceler... Mais, ça y est, tout s'éclaire, Nick Barrett est à présent le leader de Pendragon !...

Au delà de cette boutade, force est de constater que le guitariste-chanteur apparaît désormais comme l'unique maître à bord. Sa présence, seul, en couverture du présent numéro est d'ailleurs toute symbolique et illustre son actuelle et totale mainmise sur l'art de Pendragon... Et alors que nous réclamions jadis une plus grande démocratie dans la vie créative du groupe anglais, il nous faut reconnaître aujourd'hui que sa viabilité passait certainement par cette emprise...

Ressemblant de fait à un «album solo» de Nick Barrett, Believe offre une cohérence sans faille, qui en fait une œuvre symphonique de tout premier ordre. Et si le guitariste occupe l'espace comme jamais, c'est bien parce que Clive Nolan fait davantage de la figuration qu'il ne participe réellement à l'élaboration du propos du présent album. La présence des claviers s'avère des plus restreintes, du moins dans leur expression soliste. Au point que Nolan ne s'élance jamais vraiment ici dans une quelconque sarabande instrumentale, laissant ses instruments, sous forme d'arrangements luxuriants, bâtir des ambiances apaisées et nostalgiques. Le corollaire de cette nouvelle donne est l'hégémonie des parties de guitare, qui offre une dimension plus "terrienne" à la musique de Pendragon. Nick Barrett, libéré visiblement des difficultés d'ordre personnel rencontrées ces dernières années, délivre ainsi quelques-uns de ses plus baux solos, au sein d'un symphonisme beaucoup moins "néo" qu'on aurait pu l'imaginer. Believe oscille ainsi constamment entre le progressif atmosphérique du Camel actuel et de nouvelles velléités, le conduisant au cœur d'un univers onirique, fait notamment d'ornemants ethniques (orientaux, gaéliques ou yiddish). De manière plus générale, Believe offre des atmosphères plus sombres que sur ses prédécesseurs. Sa pochette, ornée de teintes plutôt tristes, alimente d'ailleurs cette impression, confirmée définitivement par ces échantillonnages sonores à la force évocatrice incroyable.

Les six présentes compositions (de 3 à 21 minutes) développent ainsi une musique très visuelle, cinématographique serais-je tenté de dire, tant la dimension onirique prend assez vite le dessus sur l'ambition structurelle. Et ceci n'est aucunement une critique dans ma bouche, au regard du caractère exalté de Believe. Car ce dernier, limpide et lyrique en diable, offre une musique racée et des plus cohérentes. Believe n'est peut-être pas au final l'album de Pendragon le plus réussi ni le plus ambitieux (quoique.,,), mais il se réfère tant et tant aux plus hautes valeurs du progressif symphonique qu'il deviendra très vite une référence de ce genre. Et si ce constat privera certainement Pendragon de certains mélomanes, davantage férus de complexité progressive, il en poussera peut-être d'autres à (re)découvrir un groupe au style bien plus consensuel à présent. D'unanimité autour de Believe, il ne sera donc certainement pas question, même si Pendragon, en tant que «groupe», y confirme son indéniable talent. L'enseignement de cet album devrait plutôt résider dans le nouveau statut offert à Nick Barrett, ce dernier prenant sur Believe une dimension inédite (à mes yeux tout au moins), celle d'un artiste, au sens le plus noble du terme... Ne serait-ce que pour cela, Believe pourrait bien s'avérer à l'avenir (avec le recul que seul le temps peut offrir...) un élément «majeur» du mouvement progressif et non plus seulement de l'une de ses ramifications...

Olivier PELLETANT

Entretien avec Nick BARRETT :

Believe est parvenu à notre rédaction précédé d'une réputation assez flatteuse, notamment au niveau de la nouvelle orientation stylistique que tu as insufflée à ta musique. Es-tu satisfait de l'engouement qui semble entourer Believe depuis sa sortie ?

Eh bien, je crois que vous avez très bien résumé les choses, et effectivement je suis heureux de cet accueil. Il semble que beaucoup de gens aient été agréablement surpris de nous voir introduire beaucoup d'idées nouvelles dans la musique de Pendragon, sans toutefois perdre de vue ses valeurs fondamentales. Je savais que ce serait peut-être difficile à accepter pour certains de nos fans qui préféreraient nous voir continuer à faire éternellement la même chose... Ils aimeraient entendre à chaque fois les mêmes sons, les mêmes chansons, le même genre de pochette... Avec Believe, il est clair que nous avons voulu prendre des risques, mais pour l'instant j'ai l'impression que les gens nous suivent à 99% !!

N'es-tu pas un peu contrarié que l'on parle finalement davantage de cette évolution stylistique que de la qualité intrinsèque de Believe ?

Je crois que c'est un peu inévitable, en tout cas lors des premières écoutes. Il y a forcément un effet de surprise qui amène les gens à parler surtout de ces changements. Mais une fois qu'ils seront remis de leur choc initial, je pense qu'ils s'installeront dans leur fauteuil préféré pour rentrer vraiment dans la musique, ce qui à mon avis nécessite quand même un certain nombre d'écoutes. Je me rappelle encore quand The Lamb Lies Down On Broadway est sorti. Au début, j'ai détesté cet album, parce qu'il était très différent des précédents. Ce fut une sorte de défi pour le fan que j'étais, mais au bout de trois ou quatre semaines à n'écouter que ce disque, j'ai fini par en tomber éperdument amoureux, et mon histoire d'amour avec Genesis s'en est finalement trouvée revigorée - comme quoi c'est possible !... La bonne musique, ça demande beaucoup de travail. Ajourd'hui, avec les fast-foods, les téléchargements sur Internet et tout ça, les gens sont habitués à assouvir instantanément toutes leurs envies. Pour ce qui nous concerne, nous ne donnerons jamais là-dedans !!

L'un des changements qui saute immédiatement aux yeux par rapport à Not Of This World concerne évidemment la pochette. Si l'illustrateur de cette dernière demeure Simon Williams, force est constater la plus grande noirceur de l'imagerie actuelle. Que traduit pour toi cette évolution graphique ?

Je serais tenté de dire : une maturité accrue. La pochette de Believe est en quelque sorte une inversion de celles de nos précédents albums qui étaient très colorées alors que celle-ci est beaucoup plus sombre; l'imagerie utilisée est plus difficile à comprendre, les gens sont obligés de se poser plus de questions; et alors qu'on trouvait une grande image principale entourée d'une multitude d'images plus petites, cette fois c'est l'inverse... La complexité demeure, mais elle est moins évidente de prime abord. Par exemple, les tatouages ont tous un sens lié aux morceaux de l'album. Je voulais mettre les gens un peu mal à l'aise, les dépayser et titiller leur curiosité... Pour cela, la nudité est toujours un atout imparable ! (rires)

Cet assombrissement, cette plus grande mélancolie pourrait-on dire, se retrouve d'ailleurs au niveau de la musique elle-même. On est désormais assez loin du néo-progressif symphonique : votre musique semble aujourd'hui plus «terrienne», plus consistante en quelque sorte. Plus dynamique parfois, mais aussi plus charpentée. Comment décrirais-tu cette nouvelle identité sonore ?

Je dirais qu'elle repose sur la juxtaposition d'émotions extrêmes. Il y a toujours, dans les textes, une dimension plus douce, très vulnérable, avec laquelle l'auditeur se sent plus facilement en phase, mais il y a aussi des moments de rage, de colère, tant dans certaines parties vocales que dans le son d'ensemble. D'un strict point de vue musical, j'ai utilisé beaucoup plus souvent la guitare acoustique ou classique, partant du principe que les musiques "progressives" sont censées intégrer toutes sortes d'éléments stylistiques sans que leur intégrité ne soit remise en cause. C'est pourquoi je n'hésite pas à partir de temps en temps dans des choses plus proches du flamenco ou du hard-rock.

Je suis d'accord avec vous sur le côté "terrien"... Il est clair qu'il y a plus de guitares sur cet album, même si les claviers sont loin d'être absents pour autant ! Disons que les parties de claviers sont différentes de ce qu'on attend généralement de Pendragon. Par exemple, nous avons beaucoup recours aux échantillonnages. Cest quelque-chose qui me passionne; ça fait des années que je cherchais à obtenir ce genre de sons.

On découvre également des éléments «ethniques» au sein de Believe : orientaux, celtiques, gaéliques ou yiddish... Peux-tu nous en dire plus sur ces ornements inédits dans ta musique ?

Eh bien justement, c'est le genre de sons que je voulais utiliser depuis longtemps, mais je n'étais pas équipé pour les échantillonner : mon équipement se résumait à quelques vieux claviers que j'utilise pour composer, et je n'avais pas les moyens d'acheter du matériel plus "actuel". Finalement, j'ai racheté à Clive un échantillonneur ainsi que des CD de sons, et depuis c'est le rêve ! J'aime beaucoup l'utilisation des échantillons dans la musique de films comme «La Liste de Schindler» ou «Gladiator». Pendragon a toujours eu une dimension atmosphérique assez forte, et je pense que ce genre de sons ont tout à fait leur place dans notre musique. Dans un autre genre, je me suis inspiré de jeunes groupes de «nu-metal» comme Jurassic 5 ou les Lost Prophets, dont la musique se retrouve dans la bande-son des vidéos de moto-cross de mon fils !

On pense certes parfois à Camel à l'écoute de Believe, mais je dois t'avouer avoir «entendu» à quelques reprises le Mike Oldfield de Songs From Distant Earth. Connais-tu cet album, et que penses-tu de cette comparaison ?

Effectivement, je connais cet album, et c'est après l'avoir écouté que j'ai décidé d'explorer différentes façons d'utiliser les voix, avec des effets, des contrastes de style... J'adore la musique de Mike Oldfield - pour l'anecdote, il a longtemps habité à deux ou trois kilomètres de chez moi !... Pour revenir à l'album, les moments qui rappellent le plus Andy Latimer sont sans doute ceux où j'utilise la même pédale que lui, la Rat, par exemple dans "Sou' By Sou'west".

Tes solos, par exemple, semblent tout à la fois plus charnus et plus épurés que par le passé. As-tu l'impression d'avoir été particulièrement inspiré ?

Mmh... Il est toujours très délicat de parler de son propre jeu ! En tout cas, j'ai travaillé dur pour obtenir un son différent, plus «bluesy», par endroits, en jouant sur les différents micros de ma Fender Stratocaster pour obtenir un son plus «gras» que je trouve aussi plus expressif. Mais c'est un son qu'il faut peaufiner longuement pour obtenir l'effet désiré.

Peux-tu nous décrire le concept de Believe ?

Vous avez une ou deux heures devant vous ? (rires)... Disons que ça parle de la méfiance qu'il convient d'avoir vis-à-vis de ce qu'on lit dans la presse ou que l'on voit à la télé. Depuis toujours je me passionne pour la spiritualité, la philosophie, la psychologie... Un jour, ma mère m'a demandé si j'avais déjà lu des bouquins de David Icke. Je lui ai répondu, 'Quoi, ce mec qui racontait qu'il était le fils de Dieu ?'. C'était bien le même, et évidemment je ne connaissais aucun de ses livres. Par curiosité, j'ai commencé à en lire, et il s'est avéré qu'il y avait là des choses beaucoup plus intéressantes que cette histoire de «fils de Dieu» - en fait, je crois qu'Icke lui-même est aujourd'hui assez embarrassé par toute cette histoire. Il raconte des choses incroyables sur le fait que le monde n'est pas tel que nous le croyons, et j'ai trouvé ça captivant. Je me suis mis à lire d'autres bouquins sur le même thème, de Graham Hancock notamment, et pour faire court, j'en ai retenu une théorie plutôt convaincante sur le fait que le monde serait influencé par une présence extra-terrestre, qui réduirait peu à peu l'humanité en esclavage en prévision de l'avènement d'un «nouvel ordre mondial». Le plus troublant, c'est que beaucoup de choses dont Icke parlait se sont réalisées depuis ! J'ai aussi lu pas mal de choses sur les francs-maçons et les templiers... En gros, l'idée, c'est que nous avons appris à considérer comme des vérités absolues des notions qui n'ont en réalité rien de certain. Par exemple, saviez-vous que Darwin, vers la fin de sa vie, commençait à douter fortement de la validité de sa théorie de l'évolution, et à penser qu'il y avait peut-être quelque chose de plus «religieux» là-dedans ? Ou dans un autre genre, que l'église catholique a attendu les années 80 pour reconnaître que, comme l'avait dit Galilée, la Terre était ronde et non plate... Ces gens-là devraient sortir un peu plus souvent de chez eux ! Bref, de tous les côtés, on nous prend vraiment pour des imbéciles. Alors le message de Believe, c'est : remettez toujours tout en question, ne croyez personne sur parole !

Sept albums en près de 30 ans de carrière - Believe arrivant par exemple quatre ans après son prédécesseur -, voilà qui relève d'un rythme créatif assez lent. Est-ce un choix de ta part ?

Pas du tout, ça résulte uniquement de facteurs extérieurs. J'aimerais beaucoup sortir plus souvent des albums, mais certains événements dans ma vie personnelle en ont décidé autrement. Pour être productif et créatif, j'ai absolument besoin d'une certaine stabilité dans ma vie, et ces dernières années ça n'a pas vraiment été le cas. J'ai connu des problèmes d'endettement, de santé, je n'arrivais pas à vendre ma maison... autant de problèmes qui me pourrissaient la vie et m'empêchaient de me mettre sérieusement au travail. Je crois que la vie nous réserve à tous des épreuves et des obstacles à franchir, et il n'existe pour cela aucune solution universelle, c'est à chacun de nous de trouver les réponses adaptées. Pour le groupe, ceci implique de longues périodes d'inactivité, mais au terme de celles-ci, nous renaissons sous une forme différente...

Dans le même ordre d'idée, que penses-tu des groupes, comme les Flower Kings par exemple, qui publient un album par an ?

Pour être honnête, je ne pense rien des Flower Kings, car je n'ai jamais entendu leur musique. S'ils veulent sortir un album par jour, tant mieux pour eux... La question, c'est de savoir si vous souhaiteriez boire du Champagne tous les soirs, ou si vous l'appréciez plus si c'est seulement une fois de temps en temps... Ceci dit, j'aimerais sortir des albums un peu plus souvent, et j'espère que ça sera désormais le cas, maintenant que j'ai mis un peu d'ordre dans ma vie...

Tu as une nouvelle fois recours à l'autoproduction. N'as-tu pas été tenté de confier Believe aux mains expertes de InsideOut ? A propos, penses-tu que la concentration des talents progressifs au sein du label allemand soit une bonne chose pour notre courant ?

En fait, nous sommes distribués par InsideOut dans certains pays d'Europe ! Je dirais que travailler avec eux est quelque chose de positif à bien des égards, car nous avons été absents un certain temps, et être distribués par un label qui a le vent en poupe est forcément un avantage. Quant à l'éventualité qu'InsideOut devienne un monopole dans le milieu progressif, je suis persuadé qu'il y aura toujours quelques renégats qui opteront pour une voie différente !

Quels sont tes projets immédiats ? Concerts, collaborations avec d'autres musiciens ?

Nous aimerions tourner l'an prochain, aux alentours de mai 2006 je pense. En ce moment, je commence déjà à travailler sur le prochain album. L'inspiration est revenue, alors j'en profite pour battre le fer pendant qu'il est chaud !

Quant à travailler avec d'autres musiciens... Bien sûr que ça m'intéresserait, mais je ne peux pas vous dire qui parce qu'ils ne sont pas encore au courant ! (rires)... On verra...

Ultime question. Quels sont tes derniers coups de cœur artistiques : livres, disques, films... ?

Côté livres, je vous conseille donc «Le Plus Grand Secret» de David Icke, passionnant si vous voulez en savoir plus sur la nature profonde des êtres humains. Mais il est indispensable d'être ouvert d'esprit pour l'apprécier ! J'ai aussi relu la Bible du début à la fin, à l'exception des Nombres que je trouve trop fastidieux ! Je voulais juste voir si j'avais raté quelque chose, parce que je n'arrivais pas à comprendre pourquoi certains chrétiens sont si malveillants envers autrui. Inutile de dire que le message de la Bible a souvent été détourné par certains à leur propre profit. Dieu, s'il existe, doit être affligé de voir tout cela... Je suis maintenant en train de lire le Coran. On y retrouve la plupart des personnages de la Bible, au point qu'on se demande vraiment pourquoi on se combat les uns les autres !...

Côté cinéma, j'ai été complètement bouleversé par «Le Pianiste» de Roman Polanski. J'ai aussi beaucoup aimé «A Couteaux Tirés» avec Anthony Hopkins, à propos de trois mecs perdus dans le désert après un accident d'avion. J'ai trouvé le personnage d'Hopkins très fort, d'une dignité impressionnante.

Quant à la musique, j'écoute beaucoup Riverside en ce moment. C'est un groupe de prog polonais, mais dont les idées sont assez modernes et surtout très mélodiques. J'aime aussi un jeune groupe anglais, Pure Reason Revolution, qui a été signé par Sony. J'ai croisé le mec qui s'occupe d'eux chez Sony il y a quelques mois au cours d'un séjour à Lanzarote où je faisais du surf, et il m'a passé leur démo. Leur musique est très novatrice, et ils sont influencés par le prog - d'ailleurs, leur premier single pour Sony durait 12 minutes !!

(chronique et entretien parus dans Big Bang n°59 - Octobre 2005)