
PISTES :
1. Fast >> Fwd (1:47)
2. Encapsulated (7:30)
3. Promises Of Life (7:49)
4. Unforgiving Skies (9:05)
5. The Sea (Parallel Or 90 Degrees?) (6:57)
6. Blues For Lear (6:32)
7. The Single (5:56)
8. The Time Capsule (22:26)
9. Aftertimecapsule (3:51)
FORMATION :
Sam Baine
(piano, synthétiseurs, guitares)
Andy Tillison
(orgue, synthétiseurs, chant, guitare classique)
Jonathan Barrett
(basse, choeurs)
Lee Duncan
(batterie)
Gareth Harwood
(guitare électrique, chant)
INVITÉ :
Guy Manning
(guitares [pistes 5, 7, 8], chœurs [pistes 3, 8])
PARALLEL OR 90 DEGREES
"The Time Capsule"
Royaume-Uni - 1999
Cyclops - 71:53
Là où beaucoup de pays confrontent leurs cultures musicales en des métissages parfois réussis, l'Angleterre a ceci de particulier qu'elle est le plus souvent seule à l'origine de courants musicaux. Et ce n'est pas le rock progressif qui me dira le contraire - si tant est que celui-ci puisse parler !
PO90 fait partie de ces groupes que seule la perfide Albion est encore capable de voir naître. A l'instar d'un Porcupine Tree, auquel on ne peut s'empêcher de penser à l'écoute de ce CD, le groupe du claviériste-chanteur Andy Tillison plonge ses racines au cœur des années 70 (avec un égal penchant pour Pink Floyd, comme en témoigne les premières minutes de l'album, et ses bruitages empruntés à Dark Side Of The Moon), et se ramifie aux courants musicaux plus actuels (un zeste de techno-pop, de hard-prog, etc.).
Cette recette, déjà utilisée sur le premier véritable album du groupe (Afterlifecycle, paru en 1997), est encore bonifiée sur The Time Capsule par une plus grande maîtrise des compositions. Les facilités et quelques longueurs critiquables sur l'opus précédent ont disparu, laissant la place à un ensemble toujours contrasté, mais d'égale qualité.
De bonnes 'pop-songs' côtoient ainsi des morceaux plus dynamiques, lors desquels le nouveau guitariste (Gareth Harwood) s'illustre plus particulièrement. Le chant de Tillison s'est également affiné, sorte de croisement entre Lou Reed et le Peter Hammill des jours calmes. Seule réelle faute de goût : le bien-nommé «The Single», titre qui cherche trop à être accrocheur pour réellement séduire.
J'ai gardé pour la fin la longue suite-titre (22 minutes), melting-pot réussi de tous les penchants musicaux du groupe. PO90 crée ainsi en toute liberté ce qu'on pourrait définir comme une nouvelle forme de 'progressif, à savoir une fusion de trente ans de musiques pop et rock. Tout comme leurs aînés partaient du blues et du jazz des trente années précédentes...
Pour qui n'a pas d'œillères quant à ce que doit ou ne doit pas être le rock progressif, cet album de PO90 est fortement conseillé. Les groupes anglais qui suivent une démarche similaire (ni néo-prog, ni les deux pieds dans les années 70) se comptaient (rappelez-vous It Bites...) et se comptent encore (Porcupine Tree, Vulgar Unicorn) sur les doigts d'une main !
Christian AUPETIT
(chronique parue dans Big Bang n°30 - Mai 1999)

